"Qualité Environnementale des Bâtiments", en route vers les indicateurs de performance

Filmm L’isolation des bâtiments est devenue un enjeu majeur avec les contraintes écologiques contemporaines. En effet, une bonne isolation est synonyme de nombreux avantages, à la fois sur le plan économique avec une facture de chauffage moindre et sur le plan environnemental  grâce à la diminution des émissions de CO2.

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Pour une expression de la Taxe Interne Pétrolière en euros par tonne de CO2

Par Raymond Bonnaterrele 2 avril 2010 | (3) Commentaires | Permalink

 De doctes et sympathiques économistes viennent nous expliquer que pour pouvoir agir par les lois du marché sur des consommations d'une ressource ou sur des émissions d'un sous-produit polluant il faut que cette ressource ou ce sous-produit ait un prix (il faut alors parler doctement d'externalité, cela fait plus chic). C'est ainsi que le monde médusé a découvert depuis quelques années un concept écologique soi-disant révolutionnaire: la "Taxe Carbone" et autres droits d'émissions ou à polluer.

 Il est possible, tout d'abord, d'introduire ici une précision en rappelant que la "Taxe Carbone" n'est tout bêtement qu'une taxe sur la combustion des énergies fossiles à l'aide de l'oxygène de l'air, abondant et gratuit, issu de millions d'années de photosynthèse. La logomachie écolo-bobo oublie parfois de revenir à l'essentiel qui n'est pas le CO2 et autres GHG, mais que sont les modes d'utilisation des abondantes ressources d'énergies primaires fossiles enfouies dans le sol et que les hommes, depuis quelques siècles, vont astucieusement extraire pour assurer la survie et le développement de l'espèce.

 Ensuite, je voudrais rendre justice à l'oublié Chef de Service de Raymond Poincaré, alors Président du Conseil et des Finances, qui en mars 1928 a inventé la TIP ou Taxe Interne Pétrolière lors de l'organisation du raffinage en France. Par ce geste c'est ce fonctionnaire qui le premier a involontairement inventé la première "taxe carbone" en France. Depuis rebaptisée TIPP et enrichie par la TVA qui se superpose à celle-ci, la France a inventé un formidable impôt écologique dont elle ne peut que s'enorgueillir. Il s'appelle maintenant TIC (Taxe Intérieure sur les produits énergétiques), appliqué au gaz naturel il devient TICGN et à la houille TICC (LIRE).

TABLEAU: expression de la TIC en euros par tonnes de CO2

  TIPP-2009
 
Remarque : La TICGN s'élève à 1,8 euro par kWh de gaz naturel ce qui représente 4,7 euros par tonne de CO2.

  Bien sûr, au gré des aléas de l'histoire cette taxe s'est affreusement complexifiée en dépendant du produit vendu (essence, gasoil,..), à qui il est vendu (professionnel, paysan, consommateur lambda...) et où il est vendu, une part de la TIC revenant aux régions qui fixent le taux. Faire un point complet sur le sujet demanderait plusieurs mois de travail à un stagiaire à la Cour des Comptes. Alors pour faire très simple il est possible de prendre quelques exemples en négligeant en première approximation la teneur en additifs et autres biocarburants contenus dans les produits vendus (TAB.). Cet impôt varie du simple au décuple selon le produit vendu. A partir de la connaissance des quantités de CO2 émises par m3 de carburant (en sachant que le gasoil est plus dense que l'essence), il peut être exprimé en euros par tonne de CO2 produite lors de la combustion. Le CO2 issu du super (hors additif) est chargé à 261 euros/tonne HT et 313 euros TTC, ce qui rend toute taxe carbone surimposée assez dérisoire. Celui généré par le gasoil apparaît à 161 euros HT et à 147 euros pour un professionnel qui profite de ristournes. Enfin le CO2 issu du fuel domestique est plus faiblement taxé à 25 euros TTC la tonne de CO2.

 On le voit, messieurs les économistes, une parfois très lourde taxe carbone existe déjà en France, elle s'appelle TIC ou TICGN ou TICC. C'est la raison pour laquelle de nombreux plans d'amélioration de l'efficacité énergétique des processus ont été engagés dans notre pays depuis près de 40 ans. Peut-être dans le cadre d'une démarche de progrès, faudrait-il partir de ce qui existe et éviter de réinventer l'eau tiède. Se poser des questions sur les produits pétroliers non taxés comme le kérosène, revoir le niveau de la TICC sur le charbon, démarrer une harmonisation lente des tarifs seraient des exercices bienvenus. Remettre en cause, sur la durée, certains remboursements de taxes et autres primes à la cuve pourrait être également envisagé.

 Mais me direz-vous, revenir à la méthode Poincaré pour résoudre les problèmes du XXIème Siècle, est-ce bien écologiquement acceptable? Il y aurait une vertu essentielle à cela, ce serait de montrer la continuité de la démarche intellectuelle dans le mode de taxation des produits énergétiques, sans aller chercher de faux concepts bidons qui, bien sûr, ne résisteront pas au temps ni à la causticité des avis du Conseil Constitutionnel.

Le 2 Avril 2010, revu le 6 Avril après la remarque pertinente de Lucas.


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Où il apparaît que les paramètres agissant sur climat sont plus nombreux que ceux imaginés jusque là

Par Raymond Bonnaterrele 31 janvier 2010 | (9) Commentaires | Permalink

 Entrerions-nous dans une phase d'aggiornamento climatique? Certains ironiquement parlent de rétropédalage. Il semblerait que la réponse à cette question puisse être positive. Ne voit-on pas une des grandes prêtresses de l'orthodoxie climatique officielle, avec ses collègues de l'Université de Boulder, avouer qu'un nouveau paramètre de premier ordre, jusque là négligé, pourrait avoir entraîné une surestimation de 30% de l'effet des GHG durant la phase d'emballement climatique des années quatre vingt dix. Ce paramètre mystérieux s'avère être, d'après les auteurs de l'étude, la teneur en vapeur d'eau de la stratosphère qui, ayant baissée durant les années 2000 (FIG.), expliquerait la relative stabilité des températures observée depuis. La moindre présence d'eau réchaufferait la stratosphère et refroidirait la troposphère nous dit-on. L'origine de cette variation de la teneur en eau de la stratosphère est pour l'instant mal comprise (Faible quantité de vapeur issue des zones tropicales? Moindre oxydation du méthane?)


H2O-stratosphere-Solomon-2010

Il ressort de tout cela une science climatique d'une grande complexité, jalonnée d'hypothèses plus ou moins fondées, et déterminée par une ribambelle de paramètres dont les GHG. Le manque d'humilité de certaines équipes semble aussi intense que la profondeur de leur ignorance. Il est donc recommandé à ce jour d'aborder les certitudes climatiques de certains avec beaucoup de suspicion. Le doute est une approche philosophique nécessaire lorsqu'on vous prédit l'engloutissement des terres suivi de l'enfer climatique dans quelques décennies. Ne faudrait-il pas simplement admonester les pythies du climat d'un simple "vade retro, satanas!" pour les voir retourner dans leurs laboratoires et s'éloigner des médias qui reproduisent et amplifient à l'envie des vérités approximatives.

LIRE le résumé du papier de Susan Solomon et col.

Le 31 Janvier 2010. Modifié le 2 Février (insertion de la Figure issue de l'article de Solomon)


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La disparition des glaciers himalayens pour 2035, une certitude ne reposant sur aucune étude sérieuse

Par Raymond Bonnaterrele 19 janvier 2010 | (10) Commentaires | Permalink

Himalaya Voici un nouveau scandale qui émerge des glaciers de l'Himalaya au sein de l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC ou GIEC chez nous). L'affirmation péremptoire qu'une fonte totale des glaciers pourrait se réaliser d'ici à 2035, avec une probabilité de 90%, figurant dans les documents de cette instance, reposerait sur un article du New Scientist paru en 1999 et repris lors d'une campagne du WWF indien en 2005. Or cet article initial ne reposait alors sur aucune base solide ni sur aucun travail sur le sujet, sinon sur des "spéculations" d'un scientifique indien, issues d'une conversation téléphonique entre le Journal et ce scientifique de la Nehru University à Delhi.

Les méthodes de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, se transformant en quasi certitudes scientifiques, en disent long sur le manque de compétence et de rigueur de cette instance en charge d'établir la vérité officielle sur le changement climatique. L'United Nation Environment Program et la World Meteorological Organization dont dépend l'IPCC devraient regarder plus à fond les modes de gouvernance et de décision de cette instance à qui le Prix Nobel a été attribué.

Cette nouvelle intervient après la publication dans Nature Geoscience, par les équipes du LEGOS de Toulouse et leurs collègues de Colombie Britannique qui, grâce à l'imagerie satellitaire issue des observations de SPOT 5 et ASTER, estiment que la vitesse de fusion des glaciers de l'Alaska avait été jusque-là surestimée de près de 50%. Les auteurs de cet article concluent leur travail par: "We suggest that estimates of mass loss from glaciers and ice caps in other mountain regions could be subject to similar revisions."

LIRE un article du TIMESONLINE sur le sujet qui va défrayer la chronique.

LIRE le résumé de la publication du LEGOS

Le 19 Janvier 2010.


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Digressions sur le temps qu'il fait et le climat annoncé, une inquiétante asymétrie

Par Raymond Bonnaterrele 9 janvier 2010 | (2) Commentaires | Permalink

  Le temps qu'il fait nous dit-on, est au climat ce que la seconde est au siècle. Il n'est pas indicatif du climat qui se réchauffe. Et pourtant tout l'hémisphère nord est sous les frimas, le blizzard ou la burle. Pékin bloquée par les chutes de neige, les citronniers de Floride en péril, la Louisiane et le Texas se gèlent, l'Eurostar a le hoquet et le tunnel du Saint-Gothard est obstrué par la neige, j'en passe et j'en oublie. Alors ce mauvais temps généralisé devrait rappeler à la modestie certains prêcheurs de l'apocalypse climatique qui, malgré le froid, sévissent toujours dans les médias. Ces visionnaires devraient rappeler que les simulations climatiques sur lesquelles reposent leurs craintes supposent un rayonnement solaire constant, (on parle d'irradiance qui est l'intégrale sur tout le spectre), ce que bien sûr, les vieux et certains plus jeunes climatologues élevés à la cyclicité du climat contestent. Ils devraient rappeler aussi que leurs modèles reposent sur de fragiles hypothèses concernant les effets du manteau nuageux. Ils devraient avouer que les prémonitions de leurs compères qui prévoient le temps qu'il fera à Dakar dans 30 ans, possèdent à peine un peu plus de bases scientifiques qu'en avaient les prédictions de Nostradamus et donc que leur probabilité d'occurrence est du même ordre. Enfin ils devraient bien expliquer que les gaz à effet de serre ne peuvent restituer que l'énergie qu'ils absorbent, le froid de cet hiver le démontre. Faute de rayonnement solaire sur l'hémisphère nord, les GHG toujours plus nombreux dans l'atmosphère polluée sont au chômage. Mais où sont le pièges d'antan?

Scafetta-quadratique 
 La science climatique qui posera clairement, avec humilité, l'équation du rôle des variations d'irradiance solaire, du rôle du manteau nuageux et autres paramètres jouant sur l'albédo et des GHG est attendue avec impatience. Cette science devra en particulier expliquer le refroidissement moyen actuel des océans. Pour l'instant ce ne sont que chapelles qui se chamaillent sous les sunlights des projecteurs des shows télévisés, tandis que d'autres médusés devant leur écran TV grelottent en attendant la montée des eaux annoncée, ... déluge moderne purificateur, précédant de peu l'enfer solaire.

 Le temps pourri actuel ne fait pas le climat, mais le climat à venir déterminera la météorologie du futur. Il y a dans cette asymétrie statistique toute la méconnaissance de scientifiques approximatifs qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Le 9 Janvier 2010


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Le Québec adopte la norme californienne des émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules commercialisés

Par Raymond Bonnaterrele 2 janvier 2010 | (0) Commentaires | Permalink

"Montréal, le 29 décembre 2009. – La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a annoncé aujourd’hui la mise en vigueur, à la mi-janvier, du Règlement sur les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles, dont les normes équivalent à celles qui sont en vigueur en Californie. Le Québec devient ainsi la première province canadienne à mettre en vigueur les normes les plus sévères en Amérique du Nord."

Quebec-GHG-2010 

 Il est clair que depuis la décision d'alignement de l'EPA, c'est la Californie va faire la loi sur le sujet pour tout le continent Nord-américain. D'autant plus que les grands constructeurs mondiaux vont prendre la règle californienne comme base pour composer leur mix de véhicules commercialisés en Amérique du Nord. L'Europe, avec un objectif de 130 g/km en 2012, détermine encore le standard le plus sévère.

LIRE le règlement québécois.

Le 2 Janvier 2010


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Les Etats-Unis ont gaillardement entamé leur première transition énergétique

Par Raymond Bonnaterrele 31 décembre 2009 | (8) Commentaires | Permalink

Au gré des pressions sur les prix de l'énergie, des crises économiques et de l'arrivée de nouvelles technologies qui feront progresser l'efficacité énergétique des processus, les consommations d'énergies fossiles dans les pays développés connaîtront de nombreuses phases de décroissance au cours du XXIème siècle. Certaines se feront par paliers lors de crises aigues, d'autres se feront de façon continue au fur et à mesure de l'introduction des technologies innovantes dans les applications industrielles (ex.: centrales électriques à cycle combiné) ou dans les applications grand-public (ex. électrification du parc automobile). L'étude des consommations d'énergie aux Etats-Unis depuis 2006 constitue la première illustration en vraie grandeur de ces phénomènes hautement prévisibles. Techniquement, pour bien mettre en évidence les tendances à moyen terme des consommations, il est utile de les examiner en cumulé sur 12 mois mobiles. La consommation américaine globale d'énergie est passée par un maximum en Janvier 2008 où elle avait atteint sur douze mois 101,7 quadrillons de BTU (le QBTU est égal à 293 TWh thermiques). En Septembre 2009 cette consommation était revenue à 95,6 QBTU ce qui représente une chute de consommation de 6% en 20 mois. Compte tenu de la croissance des énergies renouvelables et de la stabilité des productions nucléaires durant la période considérée, les consommations d'énergies fossiles aux Etats-Unis ont décru de 7 QBTU soit de 8% (FIG.).

Energies-fossiles-US-2007-2009-09

Cette baisse des consommations provient des baisses de 11% pour les consommations de charbon (2,4 QBTU), de 10% pour celles de pétrole (4 QBTU) et de 2% seulement pour celles de gaz naturel (0,5 QBTU). Elle est bien sûr accompagnée d'une baisse des émissions de CO2 par les utilisateurs.

Ce résultat important enregistré durant une période très brève de moins de deux ans provient à la fois de la pression sur les prix en début de période, de la croissance des énergies renouvelables (+0,8 QBTU) mais surtout de la crise économique qui a poussé les utilisateurs à mesurer et à restreindre leurs consommations d'énergie. Pour illustrer cet effort citons par exemple le transport aérien américain dont les consommations de kérosène ont baissé de 15% durant la période. Citons également les baisses de consommations de gasoil chez les particuliers et dans les centres commerciaux qui conduisent à une baisse de 15% des consommations.

Le processus global comporte un caractère largement irréversible parce que certaines productions arrêtées durant la crise ne reprendront pas; parce que les investissements réalisés pendant la crise pour atteindre une meilleure efficacité énergétique des processus sont soit définitivement en place soit en cours de montée en puissance; parce que les prix du pétrole sont déjà largement remontés depuis les plus bas du premier trimestre 2009 et vont exercer, à nouveau, leur pression sur la maîtrise des consommations; parce que la montée en puissance des énergies renouvelables va se poursuivre et l'utilisation des biocarburants va s'amplifier avec l'autorisation attendue du mélange E15 à 15% d'éthanol dans l'essence. Le record de fuel éthanol utilisé dans les raffineries américaines (703 mille barils/jour) atteint au mois de Septembre de cette année a représenté 8% des livraisons d'essence. Il devrait atteindre dans les 12% dans les deux à trois ans à venir.

Cette décroissance des consommations d'énergies fossiles devrait se concrétiser par la poursuite des baisses de consommation de pétrole et de charbon et par une montée relative des consommations de gaz naturel peu onéreux et largement disponible sur le territoire des Etats-Unis.

CONSULTER les données de l'EIA sur les consommations d'énergies aux U.S.A.

Le 31 Décembre 2009, revu le 2 Janvier 2010

Remarque: pour les amateurs de ratios, comme Pascal, l'EIA devrait publier pour 2009 des ratios de consommation d'énergie en baisse de 4 à 5% environ par personne, soit aux environs de 310 MMBTU/personne. Quand à la consommation par dollar de GDP produit, si l'on estime la croissance du GDP chaîné américain en 2009  aux environs d'un pourcent, le ratio energie par $ de GDP devrait descendre de 4 à 5% pour aller vers les  8,1 kBTU par dollar (FIG.II, situation à fin 2008). La pente moyenne estimée graphiquement de ce ratio sur les 58 dernières années est de -1,4%. Le point 2009 de la courbe va donc afficher une rupture de pente notable. La pente des consommations relatives d'énergie fossile sera encore plus marquée, entre 5 et 6%.

Energie-USA-1950-2008

Cette décroissance accélérée des consommations d'énergie aux Etats-Unis, encore largement sous-estimée, traduit les modifications profondes des mentalités dans ce pays, de ses modes de vie et du comportement des jeunes générations urbaines qui, ne l'oublions pas, ont élu le Président Obama. Les vendeurs de voitures locaux pourraient expliquer cela mieux encore que je ne le fais. Ce mouvement s'inscrit dans la Deuxième Transition Démographique en marche. A suivre.


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L'Inde connaît un quart de son territoire en cours de désertification

Par Raymond Bonnaterrele 28 décembre 2009 | (4) Commentaires | Permalink

Le territoire indien qui représente 2,4% des surfaces émergées du globe abritait l'an dernier 16,7% de la population mondiale et, ne l'oublions pas, 18% des bovidés, laissés à leurs occupations. Or 69% du territoire (228 Mha) sont composés de régions sèches ou arides. Un article publié dans la revue indienne Current Science du mois de Novembre nous apprend que des observations par satellite permettent d'avancer que 25% de la surface du territoire (81,5 Mha) sont en cours de désertification et qu'un tiers de ce territoire (105,5 Mha) est en état de forte dégradation. Les pressions climatique et humaine semblent se faire durement sentir sur certaines régions, celles en particulier situées à l'ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan (Rajasthan, Gujarat, Jammu et Kashmir au nord). L'Etat de Maharastra, dirigé de Bombay, connaît également de profondes atteintes climatiques et liées à la surpopulation. 

Rappelons que les Nations Unies prévoient que la population indienne passera de 1,2 milliards d'habitants en 2010 à 1,6 milliards en 2050. Elle dépassera celle de la Chine dès 2030. Il n'est pas sûr que ce surcroît de population ait les moyens, un jour, de rejoindre la Société de Consommation et de s'acheter une Tatamobile comme annoncé de-ci, de-là. En l'absence de réaction rapide de cette grande démocratie, il faut être pessimiste sur l'avenir des populations qui la composent.

Inde-

LIRE cet intéressant article et accéder aux données détaillées des observations.

Le 28 Décembre 2009



 


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Le gaz russe trop cher et trop dépendant du passage par l'Ukraine subit quelques revers

Par Raymond Bonnaterrele 26 décembre 2009 | (9) Commentaires | Permalink

L'Agence Internationale de l'Energie vient de publier une carte interactive des circuits d'approvisionnement de gaz en Europe que ce soit par gazoduc ou sous forme de GNL. Ce nouvel outil informe mois par mois des volumes de gaz transitant par les stations de comptage volumétriques aux frontières ou par les stations de regazéification sur les côtes européennes. Le rôle de l'Ukraine dans l'accès au gaz russe est ainsi quantifié avec les stations de Velke, entrée vers la Slovaquie, et de Berecdaroc, entrée vers la Hongrie qui ont assuré 25% des approvisionnements de gaz de l'Europe en 2008. Les approvisionnements en gaz russe bien que protégés par des accords à long terme de "take or pay" et dont les prix sont indexés sur les cours du baril de pétrole, sont fortement perturbés par une demande conjoncturelle moins pressante des pays européens, des menaces de ruptures de flux en Ukraine mais également par la concurrence du GNL, vendu à vil prix sur le marché spot mondial. Le monde regorge de gaz naturel et cet état de fait ne peut que handicaper la politique oligopolistique gazière de l'Ours russe et de ses amicaux concurrents que sont essentiellement aujourd'hui la Norvège et l'Algérie.

Europe-réseaux-gaz-IEA-2009

RIA Novosti nous informe en cette fin d'année, sorte de marronnier journalistique de Noël, que l'Ukraine n'aurait plus les moyens de payer son gaz. L'autre info provient du Vice Premier Ministre Viktor Zubkov qui vient d'annoncer officiellement que le programme Shtokman en Mer de Barents était en train de prendre du retard. Rappelons que ce gisement qui doit être développé avec l'aide de StatoilHydro et de Total doit alimenter tout d'abord le futur gazoduc Nord Stream vers l'Allemagne mais aussi fournir du GNL pour le marché mondial, essentiellement non européen. Ce deuxième volet se heurte aux développements des gaz de schistes bitumineux et autres "coal bed methane" américains mais aussi à la concurrence du Qatar et potentiellement de l'Iran dont le GNL est tout de même plus facile à extraire et à conditionner que celui de la Mer de Barents.

Toute la problématique autour de l'approvisionnement du monde en gaz naturel dans lequel la Russie est un acteur certes important, avec sa place de N°2 derrière les Etats-Unis, mais dont l'influence pourrait se réduire au cours du temps, doit être appréhendée dans un contexte de fort développement prévisible de la demande. Le gaz naturel va devenir la première ressource d'énergie primaire au monde en raison de son abondance, de son prix, de la multiplicité des moyens d'approvisionnements et de la contrainte climatique qui va condamner progressivement l'usage du charbon. Leonardo Maugeri de chez ENI a rappelé tout récemment cette évidence au MIT, bien qu'encore peu partagée. L'Europe doit accompagner cette évolution qui va se dérouler sur les deux à trois décennies à venir. Pour cela, dans le cadre d'une politique énergétique européenne qui reste à construire, elle doit se désengager de la contrainte ukrainienne et donner plus de poids aux approvisionnements de GNL en développant les stations de regazéification et de stockage sur ses côtes. Le stupide abandon par le Gouvernement français du projet d'usine de regazéification du Verdon est l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire, même pour de basses raisons électoralistes.

ACCEDER à la carte interactive de l'IEA.

Conférence de Maugeri au MIT

Le 26 Décembre 2009


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Le barnum de Copenhague illustre le besoin impératif de politiques énergétiques au sein de l'Europe et de l'OCDE

Par Raymond Bonnaterrele 19 décembre 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Oco-satellite-NASA On aurait pu croire, il y a une semaine de cela, que les dirigeants chinois et américains avaient tout arrangé lors de leur rencontre en tête à tête sur la menace climatique et que la réunion de Copenhague allait être une formalité amusante, où tout aurait été joué et préparé à l'avance. Le résultat montre qu'il n'en a rien été. La Carpe démocratique américaine a été roulée dans la farine par le Lapin totalitaire chinois. Le miracle incestueux n'a pas eu lieu. Il ne reste plus au jeune Président débutant Obama, humilié, qu'à tirer les leçons de l'aventure et peut-être de regretter de n'être pas venu aux cérémonies d'anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il est évident que l'Europe peut profiter de ce nouveau couac entre Chine et Etats-Unis pour relancer une nouveau dialogue avec la démocratie américaine qui porterait sur les problèmes énergétiques et climatiques. Les pays développés de l'OCDE n'acquerront une force de persuasion nécessaire vis à vis de la Chine et de l'Inde qu'à condition de se présenter avec un plan d'action énergétique et climatique crédible et en cours de mise en oeuvre. Or qu'avons-nous pour l'instant? D'un côté, une réflexion américaine sur le sujet largement insuffisante, se concrétisant par des aides financières ponctuelles du DOE destinées à une multitude de projets, dans un contexte sans plan, sans axe majeur clairement défini. De l'autre côté, une Europe désunie, ne possédant pas au niveau de la Commission les compétences pour élaborer la moindre amorce de politique énergétique, incapable de bâtir un cadre cohérent de fermeture progressive des centrales électriques au charbon accompagné d'une politique d'approvisionnement en gaz naturel indispensable à l'alimentation de nouvelles centrales en secours des énergies intermittentes renouvelables non subventionnées. Ce plan définirait également la place de l'énergie électronucléaire et les grandes actions de progrès à conduire dans ce domaine. Bien sûr, dans ce cadre, les Etats-Unis et le Japon devraient être associés à la réflexion pour déboucher sur de possibles alliances entre entreprises. Que les pays membres de l'OCDE aient quelques années d'avance sur les pays en développement est dans l'ordre des choses. Il ne sert à rien de vouloir imposer à ces derniers des contraintes qu'ils ne sont pas prêts à accepter. 

 Enfin apparaît l'absence cruelle du satellite OCO ou équivalent qui mesurerait en temps réel les teneurs en CO2 sur tous les points de la planète. La connaissance et la cartographie des sources de CO2 permettraient l'établissement d'un dialogue plus musclé avec certains pays qui préfèrent rester pudiques sur leurs émissions de CO2.

 Il semble indispensable aujourd'hui que le milliard d'hommes de l'OCDE voient leurs gouvernants travailler sérieusement à l'élaboration de politiques énergétique et climatique cohérentes et porteuses de progrès, même s'il faut durant quelques années laisser tomber l'espoir d'une grande politique énergétique et climatique mondiale inaccessible en l'état. Alors, le barnum de Copenhague aura au moins servi à quelque chose: le retour des démocraties au réalisme indispensable.

Le 19 Décembre 2009


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Sanyo présente un nouveau compresseur pour faire du froid avec un cycle au CO2 transcritique

Par Raymond Bonnaterrele 14 décembre 2009 | (7) Commentaires | Permalink

Il n'y a aucune raison fondamentale pour que les compresseurs de réfrigérateurs et autres pompes à chaleur ne basculent pas un jour vers le CO2 et fassent ainsi oublier les HFC, pour la plus grande tristesse des chimistes impliqués dans la synthèse et la commercialisation lucrative de ces produits de plus en plus élaborés (LIRE). Le japonais Sanyo est un grand militant industriel pour l'adoption de cette solution au CO2 qu'il met déjà en oeuvre dans les systèmes EcoCute qui permettent de produire de l'eau chaude à moindres coûts avec une pompe à chaleur. Cette Société vient de présenter un nouveau modèle miniaturisé de son compresseur rotatif à double pallier qui lui permet d'utiliser de façon économique un cycle transcritique du CO2. Le CO2 est dans sa forme hypercritique, mi-gaz, mi-liquide, pour des températures supérieures à 31°C et des pressions supérieures à 73 Atm. Outre l'absence de composé fluoré, le système de Sanyo permet de réduire la consommation d'électricité de 20% environ en raison de sa meilleure efficacité énergétique. L'Industriel a développé ce nouveau compresseur pour attaquer le marché des petits réfrigérateurs industriels. Son application aux produits grand public est encore freinée par son prix de revient qui est estimé au double de celui des compresseurs classiques. Mais la taxation des HFC, comme cela est déjà réalisé au Danemark, pourrait facilement remettre en cause l'équation financière entre les deux options.

Sanyo-compresseur-CO2

VOIR les pages de SANYO présentant cette technologie.

Le 14 Décembre 2009
 


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