"Qualité Environnementale des Bâtiments", en route vers les indicateurs de performance
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Satellite: la troposphère s'est réchauffée de 0,45°C en un tiers de siècle
Par Raymond Bonnaterrele 17 décembre 2011 | (2) Commentaires | Permalink
Réchauffement sur 33 ans (1978-2011) de mesures satellitaires des températures de la molécule d'oxygène sur 8km de profondeur de l'atmosphère terrestre (échelle: -1°C; +1°C).
Moyenne hémisphère Nord: +0,65°C
Moyenne hémisphère Sud: +0,26°C
Maximum ponctuel dans le Détroit de Davis: +2.89°C
Minimum ponctuel dans l'Antarctique: -2.36°C
La France est dans la zone +0,2°C à +0,4°C.
Remarque: les mesures satellitaires présentent deux intérêts majeurs:
- elles couvrent 95% de la surface du globe (à l'exception des régions polaires)
- elle s'affranchissent d'effets de réchauffement locaux liés à l'urbanisation et à l'effet corps noir du bitume.
Remarque: les variations mesurées sont perturbées par une période initiale plutôt froide en raison des éruptions d'El Chichon (1982) et du Pinatubo (1991).
LIRE le papier sur le site de Roger Pielke en avant-première de l'Université de Hunstville, Alabama.
Le 17 Décembre 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
Les émissions anthropiques de CO2 des pays en développement rendent superfétatoires les efforts de limitation du phénomène
Par Raymond Bonnaterrele 30 septembre 2011 | (8) Commentaires | Permalink
La Terre relargue naturellement d'immenses quantités de CO2, la vie et les lois physiques veulent qu'elle en absorbe également de larges portions. Ces phénomènes sont très mal quantifiés faute d'instrument de mesure (satellite) qui permettrait d'identifier et de quantifier les puits et les sources de CO2 sur le globe. Nous n'avons donc accès qu'au bilan par les mesures de teneur en CO2 dans l'air et par des mesures localisées du pH des océans (voir l'exposé très modéré de J.P. Gattuso). Par dessus ces phénomènes naturels largement dépendants des conditions climatiques générales, des variations inter-annuelles et de la variabilité régionale qui constituent la variabilité interne de phénomènes climatiques complexes, l'Homme par ses activités largement consommatrices d'énergie fossile et par son obsession existentielle de développement de terres cultivables mais aussi de ressources de bois au travers de massifs forestier vient ajouter un élément de complexité supplémentaire au phénomène (FIG.I).
En 2010 nous dit PBL.NL les émanations de CO2 dues à la combustion des réserves fossiles et à la production de ciment ont atteint dans les 33 milliards de tonnes de CO2 (en unité absconse des climatologues cela correspond, avec le rapport de masse molaire C/CO2 = 3/11, à 9 pétagrammes de carbone). A ce phénomène viennent s'ajouter autour des 10 milliards de tonnes de CO2 liées aux activités agricoles, partiellement compensées par un puits de quelques 8 milliards de tonnes de CO2 correspondant au développement de nouvelles cultures et au reboisement. Il faut donc estimer pour 2010 à 35 milliards de tonnes de CO2 larguées dans l'azur par les activités humaines...5 tonnes par pingouin, aux approximations près des émissions chinoises.
Ces tonnes anthropiques de CO2 viennent annuellement se rajouter au bilan naturel des émissions et des disparitions de CO2 qui n'est pas connu. L'image du seul sort des émissions anthropiques de la FIG.I est donc une vue déformée des phénomènes réels puisque la croissance annuelle du CO2 dans les océans et de celle dans l'atmosphère qui est la plus importante et la mieux mesurée, dépendent à la fois des deux phénomènes.
Une analyse des émissions de CO2 relatives aux combustions de ressources fossiles et à la production de ciment montre une large divergence des comportements entre les pays en voie de développement et les pays industrialisés (FIG.II). Alors que les émissions de CO2 de ces derniers sont globalement stables autour des 15 milliards de tonnes, celles des pays en développement sont devenues majoritaires et connaissent une croissance continue de 900 millions de tonnes par an depuis 2002.
De telles données illustrent combien il est illusoire de vouloir stabiliser les émissions anthropiques mondiales de CO2 dans les années à venir.
Il faut donc juger les milliards de dollars ou d'euros consacrés à la réduction des combustions de ressources fossiles d'énergie dans les pays développés sous l'angle de la préservation de ces ressources et non pas de la quasi négligeable réduction des émissions de gaz carbonique.
Un exemple: ratiociner à perte de temps sur les biocarburants en invoquant la réduction ou l'accroissement des émissions de CO2 ne présente aucun intérêt, ce sont les économies en carburants fossiles qui sont le paramètre pour juger de la pertinence de cette activité.
Un autre exemple, l'enfouissement de quelques milliards de tonnes de CO2 n'aura de sens écologique et économique que s'il permet d'accroître le taux de récupération d'hydrocarbures (EOR) des puits de pétrole en voie d'épuisement.
Tout green-business n'a de sens que s'il est d'abord un business rentable et non subventionné (ou non défiscalisé). Il en est peu qui satisfassent pour l'instant à ces deux critères simples.
Taxer les émissions de CO2 ou la circulation des camions a autant de sens que de taxer les fenêtres ou la circulation du sel. C'est un faux-nez pour instaurer une taxe de plus qui va alimenter en précieux euros des administrations en charge du recouvrement de la taxe et dépenser de coûteux investissements pour traquer (tracking) les assujettis. Ceci se traduira en France par un accroissement des prix des transports correspondant à un tiers environ du prix du carburant (12 centimes/km environ)...et donc à une nouvelle perte de compétitivité de notre économie.
Remarque: Un accroissement d'un tiers des prix à la pompe du gasoil aurait été beaucoup plus efficace que ce nouvel impôt débile, en effet il aurait au moins incité les transporteurs à demander aux constructeurs des camions énergétiquement plus efficaces.
LIRE le bilan annuel des émissions de CO2 de PBL.NL
LIRE une synthèse récente sur ces émissions anthropiques axée sur le LUC.
Le 30 Septembre 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
L'accroissement du CO2 dans l'atmosphère est-il la cause ou la conséquence du réchauffement en cours?
Par Raymond Bonnaterrele 22 août 2011 | (18) Commentaires | Permalink
Voila une question byzantine digne de celle portant sur le sexe des Anges et qui risque de provoquer tout autant, sinon plus, de polémiques. Pour Murry Salby du Sydney Institute il y a peu de doutes: la plus grande majorité du CO2 émis annuellement dans l'atmosphère (96%) est d'origine naturelle dépendant de la circulation générale. Ce sont les conditions de températures et d'humidité qui déterminent la croissance actuelle de la teneur en CO2. Son principal argument repose sur le fait que les variations annuelles de CO2 dans l'atmosphère mesurées depuis des années à Mauna Loa présentent une large variabilité (30% sur les valeurs acquises depuis 1979) et ne sont pas corrélées aux croissances annuelles des émissions de CO2 d'origines anthropiques (FIG.). Le satellite OCO de la NASA devait faire l'inventaire des sources et des puits de CO2 de notre planète. Mais il n'est jamais arrivé à destination dans l'espace et c'est bien dommage.
Ces réflexions montrent le faible niveau de compréhension du cycle du carbone par de soi-disant spécialistes dont certains sur la base de travaux de simulation contestés, nous annoncent la punition divine imminente... à moins de faire repentance technologique.
Ecouter le podcast de Murry Salby sur le sujet.
Le 22 Août 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
Pour une chimie raisonnée autour du CO2
Par Raymond Bonnaterrele 10 juillet 2011 | (3) Commentaires | Permalink
L'homme, nous dit-on, produit trop de gaz à effet de serre et parmi ceux-ci trop de CO2. Les activités humaines industrielles et agricoles conduiraient chaque année à la formation d'environ 35 milliards de tonnes de CO2 dont une moitié se retrouve dans l'atmosphère, l'autre moitié étant absorbée par les plantes, les eaux douces et les océans qui peu à peu deviennent plus acides malgré le boulot des diatomées qui s'en nourrissent. Les remèdes imaginés à ce jour pour limiter ces émissions reposent sur deux piliers principaux:
1- limiter les émissions de CO2 par une meilleure efficacité énergétique et si possible, par une sélection des ressources primaires: c'est une décision facile à formuler mais beaucoup plus difficile à mettre en musique surtout lorsque les principaux émetteurs, la Chine et les États-Unis, ne veulent pas mettre en balance leur développement économique. Il faut donc prévoir des émissions de gaz carbonique qui vont croître avec le développement de l'économie mondiale durant les décennies à venir, malgré les multiples congrès internationaux clamant qu'elles vont décroître...promesses d'ivrognes.
2-l'autre option est de capter les émissions de gaz à la sortie des chaudières industrielles et de valoriser cette ressource. Bien sûr l'enfouissement dans des aquifères largement promue par les instances comme l'IEA, est la dernière option à adopter...puisqu'elle n'apporte rien à l'économie mondiale, sinon une dépense d'énergie supplémentaire et donc un appauvrissement. La première utilisation qui devrait absorber utilement des milliards de tonnes de CO2 est la récupération assistée des réserves de pétrole (EOR) des "Residual Oil Zone" dans les puits en phase d'épuisement. C'est une voie qui avec l'accroissement des prix du pétrole va trouver sa pleine rentabilité...dans les grandes régions d'exploitation du pétrole tramées de gazoducs "carboniques". L'autre voie repose sur la chimie du CO2.
Je voudrais ici apporter un simple éclairage de ce qui pourrait être une amorce de chimie du CO2 qui bien sûr pourra se décliner en de multiples procédés plus ou moins pertinents.
Mais tout d'abord quels sont les produits à attendre de cette filière à développer. Pour cela il est utile d'aborder méthodiquement cette chimie à partir des étapes de réduction mono-électroniques successives de la forme la plus oxydée du Carbone qu'est le dioxyde de carbone pour aller vers la forme la plus réduite: le Méthane (FIG.).
La fourniture du premier électron, du troisième, du cinquième et du septième conduit dans ce schéma simple à la formation d'une nouvelle espèce radicalaire qui spontanément se dimérise. C'est la raison pour laquelle apparaissent successivement et de façon contre-intuitive l'acide oxalique, le glyoxal, l'éthylène glycol et l'éthane dans les produits de réduction. Pour les nombres pairs d'électrons apportés au CO2 ce sont les formes monomères que sont l'acide formique, le formaldéhyde, le méthanol et le méthane qui sont stables.
Il est alors possible, fort de cette nomenclature, d'examiner produit par produit ce à quoi la chimie raisonnée du CO2 pourrait conduire.
1- la forme oxydée : il ne faut tout d'abord pas oublier deux produits majeurs dérivés du CO2 que sont:
-le phosgène Cl-CO-Cl formidable intermédiaire majeur de synthèse de la chimie organique (isocyanates, polyuréthanes, polycarbonates,...) obtenu par réaction du monoxyde de carbone CO avec le chlore,
-l'urée NH2-CO-NH2 engrais majeur et plus marginalement réducteur des NOx dans les gaz d'échappement des véhicules (AD-BLUE) qui est obtenu par la réaction de l'ammoniac sur le CO2. La production d'urée est le premier exemple de la chimie du CO2. C'est le japonais MHI qui est le N° 1 mondial dans la maîtrise de ce procédé qui part du méthane pour produire du CO2 et de l'hydrogène. Le CO2 est d'abord capté puis utilisé dans la réaction avec l'ammoniac qui a été synthétisé auparavant à partir de l'hydrogène. C'est un modèle à suivre.
-le dioxyde de carbone est également utilisé dans la synthèse d'une classe de solvants organiques en pleine expansion de types carbonate d'éthylène (EC) et autres produits substitués qui sont largement utilisés dans la formulation des électrolytes des accumulateurs Li-Ion. Ce marché annuel des électrolytes représentait en 2010 dans 20 mille tonnes de mélanges complexes. Il atteindra en 2015, grâce au développement des véhicules électriques, dans les 40 à 60 mille tonnes. Le japonais UBE et l'américain Dow Chemical viennent d'annoncer la création d'une JV pour accélérer la croissance des productions d'électrolytes constitués de solvants et de sels fluorés anhydres. Cette JV sera progressivement développée aux Etats-Unis, en Europe et en Chine affirme le Nikkei.
2- l'acide oxalique: on peut imaginer un procédé électrochimique ou chimique simple qui par une réduction mono-électronique conduirait au radical anion CO2°-, lequel en se dimérisant conduit à l'anion oxalate. La principale utilisation de l'acide oxalique est très actuelle puisqu'elle sert essentiellement en Chine à récupérer et séparer les terres-rares après chélation. Le marché mondial de cet acide est estimé autour de 200 millions de tonnes. Le développement de l'utilisation des terres-rares et de leur extraction en dehors de Chine ouvre la voie à un marché pour ce produit.
3-l'acide formique et son dérivé majeur le monoxyde de carbone:
Outre les élégants travaux d'Ishitani tentant de réduire le CO2 en monoxyde par des voies photochimiques inspirées des réactions enzymatiques naturelles, la chimie des mélanges naturels ou non de CO2 et de méthane est sûrement une voie d'avenir majeure pour arriver au syngas et donc aux carburants liquides synthétiques via les procédés de type Fischer-Tropsch. Nous avons rendu-compte ici des remarquables travaux japonais sur le sujet destinés à valoriser des gisements de gaz naturel très riches en CO2 selon le schéma:
Le CO2 réduit par le méthane (réaction a) conduit à un gaz de synthèse proche du gaz à l'eau (réaction b). Il y a dans ces réactions le schéma d'une future voie GTL très rentable de synthèse des carburants liquides. Le CO2 peut provenir du gisement de gaz naturel soit être volontairement rajouté au gaz pour atteindre la composition de gaz de synthèse désirée.
Dans un contexte à venir où les carburants de synthèse constitueront une part significative des approvisionnements du marché (10% à 20%), il faut imaginer des milliards de tonnes de CO2 impliquées dans ces synthèses.
4- le glyoxal: ce produit ne semble guère passionner les chimistes aujourd'hui.
5- le formaldéhyde: il est à la base de nombreuses résines (urée-formol, mélamines) et autres polyoxyméthylènes c'est un des grands intermédiaires de la chimie organique.
6- l'éthylène glycol et son dérivé l'oxyde d'éthylène qui constitue un des grands intermédiares de la pétrochimie et plus largement de la chimie organique. La chimie du CO2 qui conduirait à ces trois derniers produits présenterait un intérêt économique évident.
7- le méthanol: c'est paradoxalement le produit qui fait le plus fantasmer les prévisionnistes de l'énergie alors qu'il faut tout de même 6 électrons pour l'obtenir. Certains parlent même d’Économie du Méthanol...plus c'est gros plus ça impressionne. Tout cela est bien joli mais encore faudrait-il définir des procédés de production rentables.
Une voie semble cependant attrayante: la conversion directe du CO2 en présence d'eau en méthanol et oxygène par voie photochimique sur catalyseurs étudiée en particulier par Nazimek de l'Université Marie Curie de Lublin. Mais pour recueillir tout l'intérêt d'un tel procédé photo-catalytique il faudrait traiter directement les gaz de combustion à la sortie des chaudières et s'affranchir ainsi du captage du CO2.
8 et 9- les alcanes: produire de l'éthane ou du méthane par hydrogénation du gaz carbonique semble bien peu attrayant et non rentable. Pour utiliser l'Hydrogène électrolytique produit par les éoliennes en heure creuse autant l'injecter directement dans le réseau de gaz naturel comme le proposent les ingénieurs de Siemens.
En conclusion il apparaît que la chimie du CO2 est une option importante de valorisation de la ressource qui entrera en compétition avec la récupération lucrative du pétrole des "Residual Oil Zone". Les bons procédés seront ceux qui maîtriseront au mieux le niveau de réduction de la ressource, sans forcément aller jusqu'au méthanol.
Le 10 Juillet 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique | énergie fossile
La consommation d'huile: un indicateur du niveau de vie du terrien moyen
Par Raymond Bonnaterrele 4 juillet 2011 | (2) Commentaires | Permalink
La progression du niveau de vie des populations les plus défavorisées dans le monde va de pair avec leurs consommations en corps gras, ce qui n'est pas sans poser de graves problèmes de santé publique (explosion des cas de diabète). Les french fries et les hamburgers remplacent peu à peu les aliments traditionnels. Mais pourtant, nombreux sont ceux qui de façon sincère où par idéologie alternative annoncent la décroissance et la pénurie. "La Terre ne va plus pouvoir nourrir les populations annoncées par les démographes parce qu'elle n'aura plus d'eau (les terres seraient plus chaudes et les eaux plus froides allez comprendre les mystères de la climatologie moderne?), les terres deviendront arides, les charançons mangeront les récoltes...les plaies d’Égypte étaient à côté de ce qui nous attend, une vraie plaisanterie". Alors une fois de plus observons les FAITS.
La production d'huile dans le monde (FIG., courbe violette) a été multipliée par plus de sept en 45 ans avec une production de 142 millions de tonnes en 2009 nous dit la FAO. Ramenées au nombre d'habitants sur Terre, ces productions annuelles correspondaient à 6,2 litres par terrien en 1961 et 22,6 litres en 2009 (FIG., courbe pointillée, échelle de droite), une multiplication par 3,7 en 45 ans, ce qui correspond à une croissance moyenne par habitant de 3% par an.
Il faut noter le rôle tout particulier de l'huile de palme dans cette croissance dont la part est passée de 8% des huiles dans les années soixante à 32% en 2009 (FIG., courbe rouge). Sa croissance moyenne des productions sur la période a été de 8% par an. C'est une production affichant d'excellents rendements, économe en surfaces cultivées et donc très lucrative. Hors huile de palme, les productions des autres huiles se sont accrues en moyenne de 4% par an durant ces 45 dernières années.
En conclusion: en dehors de l'apparition toujours possible de nouveaux conflits politiques, rien n'indique aujourd'hui, sur ce critère, que la population mondiale dans les années à venir devrait souffrir de pénuries alimentaires plus graves que celles observées à ce jour. Il me semble même que cela devrait aller en s'améliorant...n'est-ce pas Docteur Pangloss?
Le 4 Juillet 2011
Voir aussi : bio-carburants | Réchauffement Climatique
Bras de fer entre Chine et Europe sur les contraintes portant sur les émissions de CO2 des avions chinois
Par Raymond Bonnaterrele 24 juin 2011 | (0) Commentaires | Permalink
La Chine annonce avoir bloqué une commande émanant d'une compagnie de Hong-Kong de 10 super jumbos Airbus. Elle s'élève à 3,8 milliards de dollars. La raison de ce geste courroucé: la non acceptation par la Chine de se plier à la volonté européenne de faire entrer les émissions de CO2 des avions des compagnies aériennes étrangères dans la règlementation des ETS (emissions trading scheme) à partir du début 2012. Ce premier geste de réaction chinois pourrait être suivi par d'autres mesures du même genre. Le patron d'Airbus, Thomas Enders, avait déjà attiré l'attention de la Commission et de la responsable de l'environnement Connie Hedegaard au début de ce mois sur le caractère irréaliste d'une telle législation ("madness"). Ses craintes étaient apparemment justifiées.
Cet incident et les protestations américaines déjà exprimées pour les mêmes motivations montrent combien les angoisses climatiques européennes ne sont que bien peu partagées par de nombreux pays dans le monde et en particulier par ceux qui émettent le plus de GHG.
Il va falloir atterrir...ou déclarer la guerre à la Chine!
ACCEDER via Google aux infos parues sur le blog du Financial Times avec les titres des papiers:
China blocks billion-dollar Airbus order
Airbus chief warns on emissions policy
Le 24 Juin 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
L'importance des oscillations multidécennales du climat reprend du poil de la bête
Par Raymond Bonnaterrele 21 mai 2011 | (12) Commentaires | Permalink
Il avait été reporté ici les remarquables travaux de Scafetta sur la périodicité des phénomènes climatiques sur une période de 60 ans qui montraient, grâce à une approche empirique de régression multilinéaire, que le début des années 2000 correspondait à un maximum d'un de ces cycles de température. Ces travaux remettaient à la mode les vieilles théories cycliques de climatologues jugés dépassés par les prédictions cataclysmiques des travaux de simulation de la nouvelle vague adhérente au GIEC, le Saint Germain-des Prés échevelé du Marketing Climatologique. Ces travaux de Scafetta n'avaient inspiré naturellement que mépris pour une large partie de la communauté des climatologues imperméable à de tels calculs mathématiques abscons. Mais cette science ayant attiré de jeunes talents plus ouverts aux idées pertinentes, il ressort des travaux d'une partie de la thèse de Doctorat (PhD) de Marcia Glaze Wyatt à l'Université du Colorado-Boulder, un des hauts lieux de la climatologie américaine, une interprétation climatologique pertinente de ces observations de Scafetta.
Ce qui apparaît de plus probable aujourd'hui est que la non prise en compte de ces phénomènes cycliques par les groupies roulant pour le GIEC leur a permis de confondre une partie ascendante d'un processus de type sinusoïdal superposé à un phénomène quadratique, pour le pied d'une dynamique parabole (FIG., IPCC Prediction)...erreur potentiellement grossière.
Pour comprendre ces nouvelles interprétations des phénomènes climatiques on se reportera au site de Jacques Duran qui réalise, avec toute sa rigueur de Scientifique, un formidable travail de vulgarisation et d'actualisation de ces théories climatiques d'une grande complexité.
De toute évidence une synthèse entre cyclicité des phénomènes et effets anthropiques reste à faire pour mieux comprendre les variations du climat et affiner les prévisions. Ceci devrait conduire à des projections complètement chamboulées par rapport aux catastrophes annoncées du moment.
Ces diverses hypothèses font partie de l'équation générale de la détermination par les nations des mix énergétiques du futur. Il me semblerait complètement irresponsable, bien que fortement vendeur et rémunérateur pour certains, que de vouloir déterminer de façon exclusive toute politique énergétique sur d'hypothétiques prédictions climatiques de plus en plus remises en cause aujourd'hui. La bonne santé économique du monde, la satisfaction des besoins élémentaires des plus démunis et la paix entre les nations semblent plus importantes que quelques hypothétiques dixièmes de degrés en plus ou en moins. Il semblerait fort heureusement que les peuples et les responsables politiques des grands pays soient en phase avec cette conviction de bon sens, au grand dam d'idéologues radicaux prêchant le retour à une frugalité qu'ils sont incapables de définir tant elle serait destructrice.
Si pour des raisons philosophiques ou de traditions tribales vous ne désirez pas rejoindre le site français en référence vous pouvez lire en résumé de ces travaux de Wyatt sur le site de Roger Pielke.
Le 21 Mai 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique | Science
Le captage du CO2, un processus industriel complexe et encore énergivore
Par Raymond Bonnaterrele 22 novembre 2010 | (10) Commentaires | Permalink
Il est difficile au travers des diverses publications et annonces de connaître l'état d'avancement réel des développements industriels concernant le captage du CO2 après combustion de gaz ou de charbon dans les processus industriels comme la production d'hydrogène ou la génération de courant. Ce caractère flou des publications concernant les travaux réalisés provient à la fois de la complexité des problèmes à résoudre, de la nécessaire confidentialité industrielle et peut-être de l'entretien volontaire de la vivacité du mythe de prochaines usines ou centrales électriques sans rejets.
La complexité des problèmes est évidente. Dissoudre provisoirement dans une colonne à solvant les quelques 10% de CO2 contenus dans les effluents issus des turbines ou des réacteurs de combustion d'une centrale n'est pas une mince affaire. Il va falloir définir un mélange solvant chimiquement stable qui ne s'évapore pas avec les gaz, qui absorbe rapidement et sélectivement le CO2, qui va utiliser le moins d'énergie possible lors du cycle complet de dissolution et de relargage des gaz par des variations de pression et de températures et qui va devoir être régénéré et débarrassé des diverses impuretés absorbées autres que le CO2 et produites lors de la combustion.
Chaque industriel possède sa recette de solvant qui semble être composée, pour l'instant, d'amines modifiées et rendues solubles en milieu aqueux par des fonctions ioniques (carboxylates, sulfonates, phosphonates, etc.). Dans la littérature universitaire sont également largement étudiés les liquides ioniques (ILs) qui sont des sels constitués de cations organiques (imidazolium, pyridinium, tetraalkylammonium, phosphonium) associés à des gros anions minéraux (PF6-, BF4-, NO3-, ou plus complexes encore). Mais il ne semble pas, à ma connaissance limitée, que ces produits onéreux aient pour l'instant fait l'objet de développements industriels. On LIRA une excellente présentation de J.L. Anderson et Col. sur ce sujet qui date de 2007.
L'industriel le plus avancé sur le sujet du captage du CO2 est incontestablement Mitsubishi Heavy Industries (MHI) qui commercialise un procédé dans ses unités de production d'urée qui font réagir de l'ammoniac sur du CO2. Ce CO2 provient de la première étape de production d'hydrogène nécessaire à la production d'ammoniac. L'industriel utilise un solvant appelé KS-1 qui lui permet de capter du CO2 à l'aide d'un cycle qui consomme dans les 640 kCal par kilogramme de CO2. En sachant que la combustion d'un charbon plus ou moins riche en hydrogène va générer entre 1700 et 2100 kCal par kg de CO2 produit, on constate que le captage du CO2 majorerait d'un tiers la consommation d'énergie et donc de combustible d'une centrale au charbon et sûrement plus pour une centrale au lignite. MHI travaille sur le développement d'un nouveau solvant qui pourrait lui permettre de descendre sa consommation d'énergie de captage du CO2 à 610 kCal par kg, soit une amélioration énergétique de 5% ce qui ne révolutionne pas l'équation.
Siemens dans le cadre d'un large planning pluriannuel sur ce sujet, vient d'annoncer que ses essais de captage sur un pilote implanté dans une centrale d'Eon en Allemagne venait d'atteindre 3000 heures de fonctionnement avec 90% de CO2 capté et pratiquement aucune perte de solvant qui est une solution aqueuse d'un sel d'un amino acide. La consommation d'énergie est "significativement plus faible que celle des procédés conventionnels": avec de telles données tous les fantasmes sont possibles! La solution capte également un certain nombre de contaminants qui dans le futur devront être séparés de la solution par un procédé de régénération. Siemens devrait passer maintenant à l'étape N°2 de son planning, sponsorisée par de DoE américain et qui consiste à placer une unité de captage de CO2 à la sortie d'un réacteur de 890 MW de la centrale de Big Bend à côté de Tampa en Floride. Elle devrait être opérationnelle en 2013.
A suivre, mais tout optimisme démesuré comme celui de l'IEA sur le sujet, apparaîtrait comme profondément naïf!
LIRE le communiqué de Siemens.
Voir aussi : actualités | Réchauffement Climatique
Distinguer climatisme et climatologie, une approche probablement bien utile
Par Raymond Bonnaterrele 30 juin 2010 | (0) Commentaires | Permalink
Je vous invite à lire un excellent papier sur ce sujet paru en Mai 2009 (LIRE) qui a été traduit en français par François Guillaumat et publié sur le site de l'Institut Turgot (LIRE). Bien comprendre le concept de "climatisme" rejeton naturel des néfastes "ismes" du Siècle précédent, versions perverses de théories fumeuses, me semble absolument nécessaire pour tout Honnête Homme du 21ème siècle qui désire se prémunir contre les déviances obscurantistes. Bien distinguer dans tout papier ou toute émission radio ou TV la part de l'une (la climatologie, science encore bien peu exacte) et de l'autre (le climatisme politique pétri de certitudes issues de modèles approximatifs) me semble indispensable. Le climatisme sévit largement autour de nous, il est nécessaire de savoir le reconnaître.
Le lecteur passionné par les plus récents développements de la climatologie pourra se référer au dernier papier de synthèse de Scafetta paru dans le Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics (LIRE) ou dans le dernier papier de Solomon (LIRE) ou il apparaît de plus en plus clairement que la composante anthropique n'explique qu'une part des phénomènes climatiques observés. En bref les modèles en vigueur attribuant les variations climatiques aux seuls effets anthropiques sont tout simplement erronés.
Le 30 Juin 2010
Voir aussi : Réchauffement Climatique
Une étude Mc Kinsey sur les grands flux d'énergie électrique en Europe en 2050 montre les limites du tout renouvelable
Par Raymond Bonnaterrele 15 avril 2010 | (6) Commentaires | Permalink
A l'initiative de l'European Climate Foundation, organisme établi par diverses fondations anglo-saxonnes, le cabinet Mc Kinsey a conduit une étude imaginant divers scénarios de génération d'électricité en Europe proscrivant l'utilisation des énergies fossiles sans CCS (captage et séquestration de CO2), faisant varier la part du nucléaire dans le mix, et faisant reposer une large part ou l'essentiel de l'approvisionnement en énergie électrique de l'Europe sur les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, solaire par concentration, biomasse et hydroélectrique).
Selon les trois scénarios étudiés faisant varier la part relative des ressources fossiles et nucléaires (TAB.), il apparaît que plus la part des énergies renouvelables est importante dans le mix et plus il faut installer de puissance de génération en raison du faible taux de charge des équipements et des indispensables installations de backup. Mais cette étude montre également qu'en parallèle il faut installer massivement de nouvelles lignes d'interconnexion en raison de l'éloignement vers l'Espagne de la génération solaire et vers l'Ouest de l'Europe pour la génération éolienne. Par exemple dans l'hypothèse 60% renouvelable il faut installer une interconnexion de 33 GW entre l'Espagne et la France. Dans l'hypothèse 80% renouvelable, l'interconnexion s'élève alors à 47GW. Rappelons toutes les difficultés rencontrées ces dernières années pour installer une misérable ligne d'un GW de part et d'autre des Pyrénées.
Cette étude met en évidence les contraintes apportées par une utilisation massive des énergies renouvelables de façon centralisée. Ceci est perceptible aux Etats-Unis où plus personne ne parle de la Super Grid du candidat Obama, qui devait relier les déserts californiens et les Rocheuses aux zones peuplées du continent Nord américain. Mais c'est aussi vrai pour l'Europe. Cette contrainte "logistique" des énergies renouvelables quand le désir est de les produire en masse sur le site idéal venteux ou ensoleillé, est un obstacle évident à leur diffusion. A moins de résoudre de façon élégante et économique le transport de masse de l'énergie électrique au travers des continents, il n'est pas évident que le mix énergétique de l'Europe en 2050 comportera 80% d'énergie renouvelable. Peut-être faudra-t-il encore brûler du gaz naturel et plutôt insister sur l'utilisation d'unités décentralisées, moins performantes mais plus proches de l'utilisateur.
La complexité d'une solution purement européenne laisse imaginer ce que serait celle d'une solution, de type Desertec ou autre, où les générateurs seraient installés dans le Maghreb.
VOIR la présentation Mc Kinsey, ACCEDER au dossier complet.
Le 15 Avril 2010
Voir aussi : Réchauffement Climatique