Le solde du commerce extérieur français: illustration d'un peuple qui consomme et qui n'investit pas
Par Raymond Bonnaterre le 7 février 2012
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Le solde du commerce extérieur dans le rouge illustre la propension d'une nation à consommer plutôt qu'à économiser et investir. Le cas de la France avec 85,7 milliards de déficit du solde des échanges matériels, hors équipements et consommables militaires (TAB.), est exemplaire dans son comportement de cigale. Notre pays a consommé net en 2011 pour 2 milliards de charbon, pour 13 milliards de gaz et pour 50 milliards de pétrole et autres produits raffinés. Aucun Politique ne s'est indigné à ce jour de cette gabegie. Seul le poste excédentaire de 2,6 milliards de solde des échanges d'électricité fait débat avec les stupides projets d'arrêt de centrales électronucléaires. Citons également pour être exhaustifs, la toute aussi stupide décision en 2011 de nos élus d'interdire la prospection de gaz non conventionnels sur le territoire. L'idéologie écolo prévaut sur tous les bords de l'éventail politique mais le bon peuple ignore encore qu'il faudra un jour payer la facture de ce précautionnisme paralysant.
Et pourtant, combien seraient utiles:
- un plan national de réduction radicale des consommations de produits pétroliers, en particulier dans les chaudières industrielles et domestiques
- un plan d'action de rationalisation et de modernisation de nos raffineries qui produiraient plus de carburants par baril de brut, avec une prime au gasoil grâce à la conversion profonde...au lieu de pinailler sur les émissions de CO2!
- une incitation majeure dans l'investissement d'unités modernes de productions d'engrais, proches de leurs clients,
- le passage des poids lourds de 40 à 44 tonnes et donc de leur charge utile de 24 à 28 tonnes,
- la suppression progressive des bouchons routiers et l'hybridation des véhicules. Imaginez un Périphérique parisien qui ne ferait aucun bruit aux heures de pointes ...cohorte de véhicules moteurs arrêtés dans le méga embouteillage biquotidien, seules les radios égraineraient leurs nouvelles lancinantes sur le trafic routier local,
- un plan de prospection des gaz de schistes avec pour objectif de démarrer leur exploitation rigoureuse dans les dix ans à venir...pas forcément dans les sources de l'Hérault ou sur le Larzac...maquarel! Que d'emplois non subventionnés pourraient être ainsi créés! Et l'eau abondante de la France, arrosée par les nuées atlantiques ou méditerranéennes, serait toujours aussi propre,
-un plan de développement de biocarburants à base de plants hybrides ad hoc produisant de larges quantités à l'hectare d'amidon, de sucres, de cellulose et ligno-cellulose et transformés par des procédés complexes de valorisation au sein d'usines agricoles. Ces procédés seraient pour partie exportés en Afrique.
Bien-sûr tout cela ne serait pas forcément écolo-labellisé...mais combien ce serait utile à la bonne santé de notre pays!
Le 7 Février 2012
Voir aussi : actualités
La bonne tenue de l'emploi américain va-t-il relancer les prix des matières premières?
Par Raymond Bonnaterre le 4 février 2012
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L'emploi non agricole américain tient la route nous affirme le BLS américain. Malgré le caractère hautement folklorique des données mensuelles instantanées publiées, largement modifiées un ou deux mois après, il est possible de relever que l'emploi non agricole américain progresse depuis un an et demi, de 150 mille unités par mois environ (FIG.).
La croissance annuelle (1,8 millions d'emplois) atteignait les 1,4% au mois de Décembre dernier, résultat supérieur à la croissance de la population américaine qui est de 0,9%. Elle conduit de ce fait à une légère baisse du nombre d'Américains sens emploi.
Effet "aile de papillon", de telles informations sur le marché dominant enflamment les cours des diverses bourses et autres lieux de cotations.
La comparaison des cours du pétrole avec ceux du Cuivre (FIG.II, courbe rouge) qui illustrent les tensions diverses sur les matières premières, montre la prime géostratégique attribuée aux cours du Brent (courbe verte) sur celui du cuivre. Effet particulièrement marqué à partir du "printemps arabe" et des évènements en Libye, en Egypte, en Syrie et autre Yemen.
Phénomène alimenté par de larges liquidités financières existantes, il faut donc pronostiquer pour 2012 une probable remontée des cours de matières premières avec la reprise des activités et des consommations américaines. A cette tendance se superposera l'effet des inquiétudes géostratégiques sur le pétrole qui pèsent dans ce vaste chaudron en ébullition qu'est le Moyen-Orient.
Les cours du Brent pourraient allègrement repasser au-dessus des 120 dollars le baril. De l'urgence pour notre pays de mettre en place un vaste programme tous azimuths de réduction des consommations de produits pétroliers et de leurs productions locales à moindre coûts.
Le 4 Février 2012
Voir aussi : actualités
Le Japon poursuit le développement d'exploitation des gisements sous-marins d' hydrate de méthane
Par Raymond Bonnaterre le 30 janvier 2012
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Le Japon dispose encore, de façon tout à fait provisoire, de 6 réacteurs nucléaires en activité et devrait voir la totalité des 54 réacteurs dont il dispose arrêtés pour incidents ou maintenance au plus tard au mois de Mai. La reprise des productions de certaines unités aura bien lieu un jour, mais personne ne peut préjuger du cadencement de ces reprises qui dépendront des décisions des autorités des Préfectures locales. Bien sûr une telle situation à l'entrée de l'été est un handicap lourd pour la santé de l'économie japonaise et pour le confort des populations qui vont connaître des délestages "volontaires" aux périodes les plus chaudes et humides de l'année. Pour limiter la pénurie toutes les centrales classiques à flamme du pays vont être mobilisées en brûlant du gaz naturel, du charbon et du pétrole ou autres fuel lourds pour arriver à produire dans les 905 TWh en 2012, très en retraits par rapport aux 942 TWh produits en 2010, avant le tsunami.
Le Japon rejoint ainsi involontairement la Chine et l'Inde parmi les nations asiatiques les plus consommatrices d'énergie fossile. Compte tenu du parc existant de centrales thermiques, ce sont les importations japonaises de gaz naturel qui vont le plus augmenter pour assurer la jointure, suivies par celles de pétrole puis de charbon. Le Japon est donc appelé à être durablement un des gros consommateurs asiatiques de gaz naturel.
Outre ses engagements d'achats de gaz en provenance de Russie ou d'Australie, illustré par le développement du gisement d'Ichtys par Inpex et Total, le Japon travaille activement pour les prochaines décennies, à la découverte et à la possible mise en exploitation de gisements d'hydrate de méthane sous les fonds océaniques.
Après une première phase conduite entre 2001 et 2010 de nombreux gisements d'hydrates ont été identifiés. La phase 2 du projet va se concrétiser en 2012 par un essai d'exploitation d'une semaine d'un gisement au large du Japon dans la fosse de Nankaï. Il devrait être suivi en 2014 sur une période plus longue de test. L'objectif du programme est d'avoir défini un mode d'exploitation industriel permanent des hydrates en 2018.
On lira le précieux papier de l'IEEJ du mois de Janvier pour connaître les problèmes énergétiques du Japon en 2012, cela vous changera des récurrentes approximations et pseudo-vérités de combat proférées par Mme Lepage sur le sujet.
Le 30 Janvier 2012
Voir aussi : énergie fossile
Le grand défi agricole mondial: nourrir le monde et lui assurer une part de son énergie (suite 2)
Par Raymond Bonnaterre le 27 janvier 2012
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Dans la deuxième partie de ce papier ont été montrés les formidables progrès réalisés par le Brésil dans la culture de la canne à sucre durant les précédentes décennies. Le climat, la disponibilité de terres cultivables et la volonté politique de moins dépendre du pétrole sont les trois ingrédients de ce succès en cours d'expansion qui devrait conduire à un futur doublement des récoltes. Cette recette devrait pouvoir être transposée à d'autres États en particulier en Afrique, avec l'aide du Brésil. Il existe dans le développement de ces cultures, associées à des usines agricoles de production d'éthanol, une voie évidente de progrès pour de nombreux pays en développement dans les zones intertropicales.
D'autres options telles que celles développées par Amyris qui transforme par biotechnologie les sucres en terpènes sont aussi à prendre en compte. Elles conduisent en effet à des produits à fortes valeurs ajoutées tels que médicaments, carburants sophistiqués (kérosène) et autres primaires de polymères. Ces procédés entrent en compétition avec les procédés d'élaboration de carburants de type biodiesel produits à partir d'huiles d'origines végétales. Ces cultures d'oléagineux constituent une voie privilégiée pour accéder à des biocarburants complexes de type kérosène. C'et par exemple le choix du pétrolier finlandais Neste Oil, paradoxalement élu "entreprise la plus irresponsable de l'année" à Davos en 2011 par des membres du lobby vert...sûrement "les plus illuminés de la décennie"!
III - Les productions d'oléagineux révolutionnées par le palmier à huile:
La production d'huiles végétales dans le monde tirée par la croissance des populations et du niveau de vie moyen a connu une remarquable expansion durant les 50 dernières années (FIG.I).
Les productions évaluées par la FAO autour des 17 millions de tonnes en début des années soixante, ont atteint en 2010, cinquante ans après, les 146 millions de tonnes. Sur la dernière décennie cette croissance des productions mondiales affiche un progression annuelle moyenne de 4,8%.
Cependant il est fondamental pour analyser et comprendre cette forte croissance d'isoler les productions d'huiles issues du fruit du palmier: l'huile de palme issue de la pulpe jaune du fruit et l'huile de palmiste issue de la chair blanche du noyau de ce fruit (FIG.II). Il ressort alors que sur les dix dernières années les productions d'huiles de palme et de palmiste réunies ont crû au rythme de 7,4% par an alors que celles des autres huiles (courbe verte) ne croissaient que de 3,6% par an, le tout (courbe rouge) conduisant entre 2000 et 2010 à cette progression annuelle des productions d'huiles de 4,8%.
Ce succès toutes catégories du palmier à huile s'explique par les formidables rendement de fruits à l'hectare. Ils ont dépassé les 21 tonnes à l'hectare en Malaisie en 2010 (FIG.III) pour un rendement moyen mondial de 14 tonnes à l'hectare.
Tout comme pour le maïs et la canne à sucre à ces progressions des rendements des palmiers à huile se superposent les accroissements de surfaces récoltées. Dans ce cas elles sont tout particulièrement élevées en Indonésie et Malaisie (FIG.IV).
La production de biodiesel en 2010 dans le monde qui peut être estimées à 19 millions de tonnes (0,36 Mbarils/jour) occupe encore une place très marginale comme ressource de carburant. Une part de ces productions est assurées par le recyclage d'huiles de friture, l'utilisation de sous-produits de purification des huiles et la récupération de graisses animales. On peut donc estimer le prélèvement d'huile végétale pour la production de biodiesel aux environs des 10 à 12% du total mondial des 143 millions de tonnes d'huiles produites. Selon les projections de l'OCDE et de la FAO les productions de biodiesel dans le monde devraient doubler d'ici à 2020 (6 à 7% de croissance par an).
IV- Conclusion
Ces trois exemples de cultures mondiales de maïs, de canne à sucre et de palmier à huile qui doivent à la fois répondre à la demande croissante des besoins alimentaires de l'humanité et à la fourniture d'une partie des besoins énergétiques sous forme de combustibles liquides (bioéthanol et biodiesel) montrent qu'ils ont fait l'objet depuis un demi siècle, de tous les soins du monde agricole. Ces cultures ont présenté de spectaculaires progressions de rendements, indice quantitatif d'une bonne santé des terres cultivées, de la mise en œuvre de pratiques agricoles de plus en plus efficaces et de la sélection d'hybrides de mieux en mieux adaptés aux conditions de cultures locales. L'accroissement des surfaces cultivées supportée par les prix de ces denrées permet une croissance quadratique de leurs productions qui répondent ainsi à la demande.
Ce mouvement animé par des transferts de technologies des meilleures pratiques existantes et par l"accroissement des surfaces cultivées en Amérique Latine et en Afrique va se poursuivre durant les décennies à venir.
Il faut donc imaginer un monde ou l'alimentation de ses futurs 9 milliards d'habitants sera globalement satisfaite et ou ses besoins énergétiques seront partiellement assurés par les biocarburants, ersatz du pétrole devenu rare et cher.
Remarques: je voudrais ici poursuivre la dénonciation de faux débats qui rendent le discours sur les biocarburants totalement inintelligible en énonçant simplement deux évidences.
Evidence 1: les tonnes de CO2 économisées par l'utilisation des biocarburants sont négligeables par rapport au milliard de tonnes de CO2 supplémentaire relargué chaque année en Asie. Ergoter sur les bilans de CO2 économisés grâce aux biocarburants n'offre aucun intérêt et ne doit pas constituer un paramètre discriminant. Par contre les près de 2 millions de barils par jour de produits pétroliers économisés, ramenés aux 88 millions de barils/jour de dérivés liquides du pétrole et biocarburants consommés, sont eux très importants. Demain les 5 ou 6 millions de barils par jour de biocarburants, avec un doublement tous les 10 ans environ, seront encore plus précieux.
Evidence 2: A partir du moment où un paysan a décidé de planter une parcelle pour mettre en culture une ressource pour biocarburants le critère du caractère vivrier ou non des plants cultivés n'est pas pertinent. Qu'il plante du maïs ou tout autre plant non comestible va dépendre des rendements qu'il va obtenir sur sa parcelle dans le contexte de son exploitation. S'il remplace le maïs ou la canne à sucre par un autre plant moins productif en amidon ou en sucre il commettra une erreur économique. C'est une des raisons fondamentales de l'échec actuel des biocarburants de deuxième génération qui au travers de bières trop diluées, n'apportent pas des rendements suffisants en sucre ou en alcool. Il est donc à prévoir que les futurs développements se feront à partir de plants hybrides dédiés aux biocarburants qui apporteront le maximum de sucre, d'amidon, de cellulose et hemi-cellulose qui au travers de procédés complexes conduiront à des rendements d'alcool les plus élevés possibles, au travers de bières aux concentrations acceptables énergétiquement.
Le 27 Janvier 2012
Voir aussi : bio-carburants
Le grand défi agricole mondial: nourrir le monde et lui assurer une part de son énergie (suite)
Par Raymond Bonnaterre le 24 janvier 2012
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Nous avons examiné dans le chapitre précédent le formidable développement des cultures de maïs dans le monde qui de toute évidence n'en est qu'à ses débuts dans de nombreux pays encore peu développés. L'attrait des investissements dans l'agro-business mondial supporté par des prix soutenus, le transfert de technologies dans les biocarburants, la mise à disposition de semences hybrides de mieux en mieux adaptées, la progression des connaissances dans les procédures agricoles vont faire encore progresser les surfaces récoltées et les rendements à l'hectare et donc les volumes produits. L'apport des technologies de deuxième génération qui consistent à utiliser une part des tiges, des feuilles et des rafles de la plante va permettre de produire plus d'éthanol par hectare cultivé. L'alliance annoncée entre Poet le premier américain dans le bioéthanol et de la biotechnologie de DSM illustre la volonté des acteurs américains de poursuivre leur développement dans les biocarburants malgré la baisse récente des prix de l'alcool dénaturé conséquence de la suppression de la subvention fédérale américaine de 45 cents par gallon (FIG.I).
Mais il est important de se pencher aussi sur une autre ressource essentielle d'alcool dans le monde: la canne à sucre.
II- Une culture dominée durablement par le Brésil: la canne à sucre
Le succès de la canne à sucre dans la production d'éthanol provient de son autosuffisance énergétique. Après brûlage et récolte le chargement de canne à sucre arrivé à l'usine permet d'extraire par broyage et pressage un jus sucré contenant 135 à 140 kg de sucre par tonne de canne brûlée et récoltée. Le résidu solide, la bagasse, est utilisé comme combustible pour générer toute l'énergie nécessaire au procédé conduisant à l'alcool pur et permet même de générer une part d'électricité vendue par l'usine. L'ensemble conduit à un prix de revient de l'alcool particulièrement compétitif...sauf si les cours du sucre sont élevés et détournent les récoltes vers la constitution de stocks de sucre vendus à terme.
Les productions mondiales de canne à sucre ont connu une bonne croissance entre les années 60 et les années 2000 en respectant le triplement des récoltes en 40 ans réclamé pat René Dumont à l'époque. Mais tout comme on l'a observé sur les récoltes de maïs, la conjonction de la consommation croissante asiatique et des besoins de sucre pour les biocarburants ont particulièrement "boosté" durant ces dernières années les production brésiliennes de canne à sucre. Elles ont atteint en 2010 les 720 millions de tonnes, ce qui représentait 43% des récoltes mondiales de 1686 millions de tonnes en 2010. L'embellie brésilienne de la canne à sucre n'en est qu'à ses débuts puisque le Président brésilien de l'UNICA, représentant les planteurs de canne de son pays a affirmé en Décembre 2011 vouloir doubler les volumes produits vers 1,2 milliards de tonnes à l'horizon 2020. L'empressement des grands groupes pétroliers (Shell, Total,..) à s'investir dans ce business ne peut qu'apporter crédit à cette perspective.
Ces croissances remarquables des productions de canne à sucre sont rendues possibles par l'accroissement des surfaces cultivées au Brésil qui sont passées de 5 millions d'hectares à 9 millions d'hectares au cours de la dernière décennie (FIG. III) et qui expliquent la progression mondiale.
Quand aux rendements brésiliens ils sont passés de façon monotone de 43 tonnes à l'hectare à plus de 79 millions de tonnes/hectare au cours des 50 dernières années (FIG. IV) dépassant largement les rendements moyens des pays du reste du monde cultivant la canne à sucre (Inde, Chine, Thaïlande, Mexique, Pakistan, etc.).
La suprématie évidente du Brésil sur les cultures de canne à sucre n'implique nullement une stagnation des productions d'autres pays d'Amérique Latine, d'Afrique ou d'Asie. Citons par exemple l'aide apportée par le Brésil au Ghana et à divers autres pays africains pour développer des productions locales de bioéthanol à partir de canne à sucre. Certains parlent d'une "OPEP" du bioéthanol dirigée par le Brésil pour qualifier sa politique de transfert de technologie vers ces pays africains.
LIRE le papier de l'UNICA sur ses ambitions de doublement des productions brésiliennes de canne à sucre.
LIRE l'annonce de l'alliance Poet-DSM.
Le 24 Janvier 2012
Voir aussi : bio-carburants
Le grand défi agricole mondial: nourrir le monde et lui assurer une part de son énergie
Par Raymond Bonnaterre le 23 janvier 2012
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Une littérature abondante et largement dominante, inspirée de théories altermondialistes, nous apprend qu'il existe une incompatibilité évidente entre l'obligation de nourrir la population mondiale, les animaux domestiques et la volonté d'élaborer des biocarburants destinés à se substituer en partie aux consommations de produits pétroliers onéreux. Cette impossibilité est devenue une évidence triviale que plus personne dans les milieux de l'information ne met en doute. Cette approche militante malthusienne du monde, particulièrement en vogue et souvent associée à une opposition au progrès, met à profit toute sécheresse occasionnelle locale, toute spéculation passagère sur les céréales, le sucre ou les oléagineux pour argumenter de l'évidence de ses théories prêchant la frugalité, seule réponse acceptable à une pénurie affirmée inéluctable. Or un examen quantitatif du monde agricole actuel nous montre que les objectifs économiques sont à ce jour globalement satisfaits sans qu'il n'y est une dégradation fondamentale de la fourniture de nourritures aux peuples des pays en développement dont une part d'entre eux connaît en ce moment un formidable embellie. Ces phénomènes s'accompagnent globalement d'une augmentation des prix payés aux paysans qui encouragent l'investissement et l'innovation.
Je voudrais par quelques exemples simples souligner que la production agricole mondiale connaît de remarquables développements récents, en cours réalisation, et montrer que la demande de ressources pour élaborer les biocarburants n'est pas forcément la calamité annoncée par certains. Au contraire, l'existence de cette demande régulière et programmable en ressources agricoles constitue un formidable aiguillon pour stimuler, soutenir et réguler de nouvelles productions partout dans le monde...même dans les pays encore en développement.
I - un exemple de développement "tous azimuts" : la production de maïs dans le monde
Entre le début des années soixante et la fin du siècle précédent la production mondiale de maïs nous dit FAO-Stat est passée de 205 mille tonnes en 1961 à 615 mille tonnes en 2001 (FIG.I, courbe rouge). Cette croissance de type linéaire sur 40 ans (avec de fortes fluctuations aux États-Unis) qui a conduit à un triplement des productions a répondu, pour le maïs examiné ici, aux attentes quantitatives de René Dumont exprimées dans "Nous allons à la famine" en 1966.
Entre 2002 et 2010 la croissance des productions mondiales s'est brusquement accélérée pour atteindre 844 millions de tonnes (dont 316 aux États-Unis qui représentaient donc en 2010 plus de 37% des récoltes mondiales de maïs) sous l'influence combinée de l'amélioration des rendements et de l'accroissement des surfaces récoltées. Cette croissance récente que l'on peut attribuer à des prix soutenus par une demande croissante pour les biocarburants américains et pour la nourriture du milliard de cochons chinois s'est réalisée aux U.S.A. bien sûr mais s'est appliquée aussi à de nombreuses autres productions dans le monde (hors États-Unis, FIG.I, courbe verte).
Illustrons ces progressions par celle remarquable des pays américains "latins" hors USA et Canada (FIG.II)
ou encore par celle tout aussi significative de l'Afrique, une des aires d'avenir du maïs mondial:
Cette accélération toute récente est une conséquence de l'accroissement des surfaces récoltées au cours de la dernière décennie. Elles sont passées dans le monde de 137 millions d'hectares à 162 millions d'hectares (FIG.).
Cette croissance représentant la moitié de la surface de la France, s'est appliquée aux États-Unis et à de nombreux pays producteurs. Citons quelques exemples significatifs tels que le triplement des surfaces destinées au maïs en Tanzanie, le doublement de ces surfaces récoltées en Ukraine ou en Angola, les 40% de croissance des surfaces de maïs en Chine entre 2000 et 2010.
Mais à cet effet de l'accroissement des surfaces récoltées s'applique également l'accroissement continu des rendements des récoltes, résultant d'une plus grande maîtrise des procédures de culture et d'une sélection d'hybrides de plus en plus performants vis à vis des attaques parasitaires et des conditions climatiques (FIG.).
Les États-Unis ont vu les rendements des récoltes de maïs être multipliés par 2,5 en cinquante ans pour atteindre la zone des 10 tonnes de maïs à l'hectare (ou un kg au m2). L'arrivée de nouveaux hybrides plus résistants au manque d'eau devrait permettre à cette tendance de se poursuivre, tout en ouvrant la possibilité d'un accroissement efficace des surfaces cultivées vers les marges de la Corn-Belt américaine.
Dans le reste du monde là aussi les rendements s'améliorent (courbe bleue) mais il faut noter qu'à 4 tonnes à l'hectare ce sont des valeurs observées aux États-Unis 50 ans auparavant. Il existe donc une formidable marge de progression pour les futures récoltes de maïs en dehors des U.S.A. même si les méthodes américaines ne sont pas transposables dans toutes les régions du monde.
Ces données récentes illustrent l'impact de la montée des cours du maïs sur la réponse des cultivateurs dans le monde. Elles illustrent également le côté entraînant de l'existence d'usines agricoles locales où sont élaborés les biocarburants qui assure au paysan un débouché évident et qui l'incite à investir dans de nouvelles cultures.
Il faut pour les décennies à venir, au sein des pays d'Afrique ou d'Amérique Latine, imaginer de nombreuses usines agricoles de bioéthanol alimentées par des cultures locales de maïs, de cane à sucre ou de manioc. Leurs productions remplaceront localement une part des produits pétroliers importés devenus hors de prix.
Remarque: la production d'éthanol à partir de maïs aux U.S.A. en 2011 a consommé 5 milliards de boisseaux de maïs (125 millions de tonnes) ce qui correspond à 40% des récoltes de 2010. Mais il ne faut pas oublier que 30% de ces quantités sont remises sur le marché sous la forme d'aliments protéinés (DDGS) pour la nourriture des animaux. Le prélèvement réel pour la production d'alcool qui n'utilise que le seul amidon de la graine, représente donc dans les 28% de la récolte américaine de maïs.
A suivre....
Sur René Dumont lire le papier collectif de Marc Dufumier.
Le 23 Janvier 2011
Voir aussi : bio-carburants
Biomasse: où l'on vient reparler de pyrolyse catalytique rapide en lit fluidisé
Par Raymond Bonnaterre le 13 janvier 2012
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Dans un papier du mois d'Août 2009 j'avais attiré votre attention sur un scientifique américain créatif, le Dr George Huber de l'Université Amherst, Massachusetts qui veut transformer de la sciure de bois en un mélange de produits chimiques valorisable en une seule étape simple de pyrolyse catalytique en lit fluidisé.
Un tel procédé qui transforme très rapidement en une étape physico-chimique unique les produits de dégradation thermique de la ligno-cellulose en produits chimiques présente un intérêt économique évident...à condition d'orienter les réactions, grâce aux choix de catalyseurs, vers des produits (BTX sur le Schéma) de fortes valeurs ajoutées.
C'est ce sur quoi travaillent les équipes du Dr Huber qui viennent de publier le résultat d'un travail qui les oriente vers un catalyseur zéolite dopé au gallium permettant d'atteindre des mélanges très riches en produits aromatiques et autres oléfines avec des rendements proches du break-even économique.
Nul doute qu'il y a là une des voies vers un apport partiel, d'origine végétale, de mélanges de base pour alimenter les process pétrochimiques existants. Une ou plusieurs boucles agricoles simples de biomasse to liquid (BTX) dans les environs qui viendraient alimenter en partie un complexe pétrochimique existant. Encore une petite poussée sur les prix du pétrole et le BTX sera bientôt le bienvenu dans la pétrochimie en remplacement partiel du naphta.
LIRE le communiqué de l'Université Amherst sur le sujet.
Le 13 Janvier 2012
Voir aussi : bio-carburants
2011 n'aura pas été une année solaire, 2012 risque d'être pire
Par Raymond Bonnaterre le 12 janvier 2012
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Eva Joly : "la politique de Sarkozy a sinistré la filière photovoltaïque"
..... une vraie tornade mondiale ce Sarko!
Événements auxquels il faut ajouter les grosses difficultés de Q-Cells en Allemagne et de Photowatt en France. Mais aussi le rachat de Conergy par Bosch, l'absorption de Tenesol par SunPower au sein du Groupe Total et la décision de Panasonic de commencer à délocaliser ses usines japonaises, ex Sanyo, en Malaisie.
Il est fort probable qu'après l'embellie de fin d'année en Allemagne, due à la fin de tarifs d'achats d'électricité avantageux, le démarrage 2012 va être complètement inerte dans un marché structurellement en surproduction.
Le green-business photovoltaïque subventionné en perte de vitesse va entraîner de futures mesures de rationalisations industrielles et commerciales dans un marché comprenant un trop grand nombre d'acteurs. Parmi ceux-ci les fabricants européens sont dans l’œil du cyclone.
Le 12 Janvier 2012
Voir aussi : solaire
Les grands paramètres qui vont déterminer les choix de mix énergétique des nations
Par Raymond Bonnaterre le 11 janvier 2012
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En ces temps de démagogie électorale débridée, il me semble important pour parler avec un-tant-soit-peu d'objectivité de politique énergétique, de revenir aux paramètres fondamentaux.
1) Le premier des paramètres concerne la cherté croissante programmée du pétrole essentiellement déterminée par l'instabilité politique et religieuse de grands pays producteurs du Moyen-Orient qui ont besoin de la manne pétrolière pour acheter la Paix Sociale. Ce seuil serait aujourd'hui à 90 dollars le baril pour l'Arabie Saoudite, il sera largement supérieur à 100 dollars en cas de menace de conflit entre puissances Sunnites et Chiites de la région, il exploserait en cas de largage de missiles armés dans le Détroit d'Ormuz.
Ce seul paramètre qui détermine les décisions du cartel de l'OPEC, est suffisant pour pronostiquer des cours du pétrole durablement fermes. Il est conforté par l'épuisement naturel des ressources et par la cherté des ressources plus exotiques (sables bitumineux, synthèses Fischer-Tropsch).
Les élucubrations sur la demande décroissante de pétrole de l'Europe en crise n'ont que peu d'impact sur les cours. Elles sont en contradiction avec la prime que présente le baril de Brent européen sur le baril de WTI américain (FIG.).
2) Assez paradoxalement les décennies à venir vont être marquées par une large disponibilité partout dans le monde de ressources conventionnelles ou non conventionnelles (schistes, grès, houille) de gaz naturel qui va stabiliser les prix de l'électricité de base aux niveaux actuels des prix européens, aux taxes près sur les émissions de CO2 qui resteront limitées par la contrainte de la nécessaire compétitivité des économies concurrentes. La part du gaz naturel dans la génération d'électricité croîtra par rapport à celle du charbon.
3) Le développement d'énergie d'origine nucléaire va toujours être déterminé par le choix politique des États qui détiennent le pouvoir d'autoriser ou d'interdire la construction et l'opération des centrales. La Chine est objectivement pour, l'Allemagne est viscéralement contre...aucun financier n'apportera les immenses capitaux nécessaires pour le développement de cette énergie en cas de doute politique. Le futur de cette énergie va donc fluctuer au gré des accidents nucléaires et des poussées de fièvre des prix du pétrole. Entre politique de précaution et sentiment de pénurie énergétique imminente. Disposer d'une abondante ressource d'énergie électronucléaire apparaît comme un avantage concurrentiel évident.
4) Le développement massif des ressources renouvelables d'électricité va se heurter à leur caractère intermittent qui nécessitera de formidables investissements dans les réseaux (la soi-disant "plaque de cuivre" européenne...qui va la payer?), dans la gestion de la pénurie intermittente pompeusement appelée "smart-grid" (tarifs dissuasifs en pointe, effacement des industries consommatrices et des particuliers, etc.) ou dans la mise en place de centrales au gaz en secours, mal valorisées.
5) Le développement des biocarburants suivra les cours croissants des produits pétroliers et l'accroissement des surfaces cultivées dans le monde. Cette activité constituera une formidable opportunité pour le développement rentable de cultures et d'usines agricoles simples en Afrique et en Amérique Latine. Des ressources organiques (cane à sucre, maïs, manioc, palme) de plus en plus génétiquement optimisées et une spécialisation des procédés vers les produits finis à forte valeur ajoutée (kérosène, gasoil, produits chimiques et pharmaceutiques, etc.) rendront encore plus rentables ces activités. Il y a là un axe de développement négligé par notre pays sous la pression néfaste de l'idéologie verte.
6) Les émissions de CO2 des pays en voie de développement (essentiellement asiatiques) progressent chaque année de près d'un milliard de tonnes. Les ridicules et très onéreux efforts des pays européens pour contribuer à limiter ces émissions de GHG sont analogues à l'effet d'un encrier déversé dans la Mer pour la rendre plus bleue.
Toute recherche d'évolution lente du mix énergétique de notre pays doit tenir compte de ces données de base.
Ces quelques considérations imposent pour notre pays, les conséquences suivantes:
1) la progression dans l'efficacité énergétique des processus doit se focaliser en priorité sur la réduction de consommation des produits pétroliers et non sur celle d'électricité comme préconisé stupidement par les écolos nucléophobes. Des mesures fiscales, règlementaires ou de toute autre nature devraient tendre à réduire fortement l'utilisation de fioul domestique qui représentait encore en 2010 dans les 13 millions de tonnes de produits consommés en France sur un total de 79 millions de tonnes. La revalorisation de la TIPP doit permettre d'accélérer la transition du parc automobile vers les véhicules hybrides à essence ou autres options à faible consommation en produits pétroliers. Un vaste plan national portant sur la suppression toutes les causes de surconsommations (bouchons routiers, vitesse, chaussée, équipements, etc.) devrait être initié. La filière pétrolière française devrait être rationalisée et modernisée.
2) l'utilisation de gaz naturel comme matière première de substitution partielle ou totale aux fractions du pétrole (naphta par exemple) utilisées dans la pétrochimie devrait être encouragée. Dans le même esprit, la chimie du CO2 devrait être sponsorisée.
3) le parc électronucléaire français doit être absolument préservé, fiabilisé, modernisé et programmé pour atteindre au moins les 60 ans de durée de vie. C'est un des rares éléments majeurs de la compétitivité de la France. La future génération franco-japonaise ATMEA doit être développée pour accéder aux marchés asiatiques et s'allier à MHI. Les générations futures qui utiliseront à fond la ressource fissile doivent être mises à l'étude.
4) le développement d'une filière française de l'éolien offshore doit savoir qu'il va se retrouver confronté sur les marchés mondiaux à de redoutables adversaires tels que Siemens, GE, les fabricants chinois et autres indiens. Ses chances de succès sont donc minimes, sinon à prix cassés. Il faudra se poser la question de l'opportunité du financement par les contribuables français d'une telle filière abondamment subventionnée. La prospection de gaz de schistes et le développement d'outils d'exploitation compatibles avec les contraintes environnementales serait peut-être une voie plus porteuse de progrès et de richesses.
5) les laboratoires français doivent entrer dans l'élaboration intelligente de biocarburants, de la plante optimisée génétiquement aux procédés utilisant la totalité de la ressource et conduisant de de nobles produits. L'objectif n'est pas d'économiser quelques ridicules tonnes de CO2 comme le pensent certains de nos élus, mais de remplacer une part de pétrole (8 à 10 millions de barils/jour).
Réduire les consommations de la France en produits pétroliers de 5% par an pendant 10 ans me semble être un objectif réaliste. Encore faudrait-il élaborer un vaste programme national ambitieux pour atteindre ou dépasser cet objectif. La France importe pour 49 milliards de pétrole et produits pétroliers par an.
Le 11 Janvier 2012
Voir aussi : actualités
Etats-Unis: la lente décroissance des consommations des véhicules se heurte à la vogue des gros modèles
Par Raymond Bonnaterre le 8 janvier 2012
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La consommation américaine va mieux. Pour s'en convaincre il suffit d'enregistrer la proportion de 4X4 et autres small-trucks vendus chaque mois (FIG., courbe rouge, échelle de gauche). Elle a atteint près de 56% au mois de Décembre dernier, un plus haut depuis la crise économique.
La consommation nominale de carburants des modèles commercialisés dont dépend pour une large part la consommation de produits pétroliers de ce grand pays, enregistre malgré cette vogue des véhicules "statutaires" une lente décroissance (courbe noire, échelle de droite). Au mois de Décembre elle affichait une valeur de 10,6 litres aux cent km (235/22,2 miles/gallon).
Ces valeurs très élevées pour un Européen du Sud montrent combien les constructeurs américains ont de la réserve d'économies de carburant sous le coude pour les années à venir. Ceci passera par l'allègement des véhicules (aluminium, composites), par l'hybridation, par l'électrification (Plug-in) et par la diesélisation de certains modèles allemands très en vogue.
Être gros et sobre est un problème ardu, pour le résoudre dans les transports il faut être riche.
Sources: Wards Auto et UMTRI.
Le 8 Janvier 2012
Voir aussi : énergie fossile
L'industrie manufacturière allemande patine à l'entrée de l'hiver
Par Raymond Bonnaterre le 6 janvier 2012
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Des facturations (FIG., courbe violette) au mois de Novembre après correction des variations saisonnières, qui stagnent et dans la ligne de faibles entrées de commandes enregistrées deux mois auparavant. Ces entrées de commandes (courbe rouge) semblent marquer un maximum et amorcer une certaine décrue, conséquence d'une baisse des commandes à l'export.
LIRE le papier du Figaro sur le sujet.
Le 6 Janvier 2012
Voir aussi : actualités
Résidents allemands: au mois de Novembre l'emploi avait progressé de 900 mille unités en deux ans
Par Raymond Bonnaterre le 3 janvier 2012
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Remarque: les mois d'Octobre et de Novembre sont traditionnellement les plus actifs en Allemagne.
Ce résultat s'accompagne d'une régression du nombre de personnes sans emploi.
LIRE le papier de DESTATIS sur le sujet.
Voir aussi : actualités
Et si les Etats de l'Est des Etats-Unis devenaient exportateurs de gaz naturel?
Par Raymond Bonnaterre le 3 janvier 2012
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Deux données fondamentales militent pour que les États-Unis deviennent un jour exportateurs de gaz naturel: la première est géologique, ils disposent et exploitent d'immenses réserves de gaz non conventionnels (gaz de schistes, de grès ou de houille), la seconde est économique, le gaz naturel se négocie en ce moment au Henry Hub à moins de 3 dollars le MMBTU contre 10 dollars en Europe et pas loin de 15 à 20 dollars en Asie. Il n'est pas nécessaire d'être grand économiste pour imaginer que les opérateurs américains désireront un jour développer un nouveau business vers le grand large, beaucoup plus lucratif que celui des fournitures locales trop abondantes.
Dans le communiqué de Total informant de son entrée dans l'exploitation de l'immense gisement de gaz de l'UTICA (-450 millions d'années, en vert sur la carte) qui s'étend au dessous du célèbre gisement de Marcellus plus jeune (-400 millions d'années, délimité par la ligne jaune sur la carte) sur les États du Nord-Est (Virginie occidentale, Pennsylvanie et Etat de New York du sud au nord, s'étendant à l'ouest vers l'Ohio et débordant sur les lacs Ontario et Érié, c'est sûrement la dernière phrase du communiqué qui est la plus importante: "Enfin, Total, Chesapeake et EnerVest sont convenus de collaborer pour la construction des installations nécessaires à l’exportation de la production."
Après avoir malencontreusement investi, il n'y a pas si longtemps, dans l'importation de gaz naturel vers les US, il se pourrait que finalement Total investisse à nouveau afin de pouvoir exporter du gaz naturel américain vers l'Europe ou l'Asie.
Remarque: l'approvisionnement en énergie à des prix bradés (charbon, gaz naturel, pétrole, éolien) par les États-Unis pour les décennies à venir est un paramètre parfois sous-estimé par les économistes.
LIRE le communiqué de Total.
Accéder aux infos sur le gisement UTICA dans Geology.com
Le 3 Janvier 2012
Voir aussi : énergie fossile
La dette publique de la France se creuse de 114 milliards en un an (+7,2%)
Par Raymond Bonnaterre le 28 décembre 2011
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Résumons les données économiques de la France au troisième trimestre 2011 par trois paramètres:
-la dette publique au sens de Maastricht à 1689 milliards d'euros s'est accrue de 114 milliards en un an (+7,2%) dont 24 milliards imputables à la sécurité sociale,
- malgré cela, le PIB à euros courants cumulé sur 4 trimestres mobiles qui est la bonne référence dans ce cas, ne s'est accru en un an que de 60 milliards (+3,1%) dont la moitié est due à la hausse des prix,
- la balance commerciale sur 12 mois cumulés affichait à fin Septembre un déficit de 67 milliards d'euros dont 60 milliards imputables aux seuls produits énergétiques.
En résumé, la France, "très cool", en s'endettant sur un rythme quadratique avec le temps (le quinquennat Sarko aura vu la facture s'envoler de plus de 500 milliards) progresse peu mais consomme beaucoup et assure une bonne activité à ses fournisseurs extérieurs.
Certains à Gauche préconisent "un grand emprunt par an de l'ordre de un à deux points de PIB (20 à 40 milliards), inscrit dans un programme budgétaire spécifique non soumis aux arbitrages budgétaires annuels" ...moi je veux bien mais il faudrait alors que le pay-back des actions menées grâce à cet emprunt soit très rapide. Ne vaudrait-il pas mieux, dans un premier temps, oublier les grandes théories et autres sulfureuses équations économiques pour faire l'inventaire de ce que nous importons à grand frais et essayer de réduire les volumes ou les prix de ces importations par de siouxes actions.
Ne faudrait-il pas importer mieux pour gagner plus?
Quelques données pour réflexion:
-La France importe net pour 13 milliards de gaz naturel, dont une large part (2/3) est indexée sur les cours du baril de brut et se refuse d'explorer ses réserves en gaz de schistes.
-Elle importe net pour 2,2 milliards d'engrais qui pourraient être pour une part produits localement avec une unité de production d'urée par réaction du CO2 sur l'ammoniac selon le procédé japonais MHI qui met en œuvre la capture du CO2 issu du réformage du méthane.
- Elle dispose d'un potentiel de raffinage du pétrole de 98 millions de tonnes par an, faiblement compétitif, croulant sous les règlementations diverses, aux mains parfois d'acteurs affaiblis (Petroplus) dans un contexte européen en surcapacité de production. L'avenir d'une part du raffinage français est donc morose. Une politique de rationalisation, de modernisation des quelques unités conservées vers des rendements accrus et de rééquilibrage à la baisse entre consommation d'essence (hybrides) et de gasoil devrait permettre à la France de réduire ses importations nettes de pétrole (36 milliards d'euros) et de produits raffinés (13 milliards d'euros). Un plan pluriannuel avec les principaux acteurs économiques devrait accompagner une réduction des consommations de 3% par an au bas mot.
-La France consomme encore pour 2 milliards d'euros de charbon dont une part est destinée à des centrales qui devraient peu à peu disparaître.
-Elle importe net pour 2 milliards d'euros de dispositifs photosensibles à semi-conducteurs dont cellules et modules photovoltaïques (code douanier: 85414090)!! Et si ces fadaises étaient réduites par 5 ou par 10?
-Elle importe net 24 millions de téléphones cellulaires par an pour quelques 3,4 milliards d'euros (code douanier: 85171200)...l'obsolescence programmée bat son plein. On change plus aisément de portable que de chemise.
-Je ne sais pas combien lui coûtent les éoliennes en pièces détachées, mais ce doit être non nul, pour un bilan économique et écologique des plus discutables,
- La filière bois devrait être revue de fond en comble,
-La chimie fine des principes actifs des médicaments s'est barrée aux Indes, allez donc voir les contrôles et la traçabilité des lots... quand les livraisons sont réalisées!
-etc.
Le 28 Décembre 2011
Voir aussi : actualités
Total cantonne son activité solaire Tenesol chez SunPower
Par Raymond Bonnaterre le 25 décembre 2011
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Rien ne va plus dans le solaire photovoltaïque occidental étranglé par la surproduction mondiale de modules et le dumping de la concurrence asiatique. L'américaine Solyndra largement financée par de DOE a jeté l'éponge, les allemandes Solon et Solar Millenium se sont placées en cessation de paiement, BP a officiellement interrompu ses dernières activités financières et commerciales dans le domaine, Bosch qui fait construire une usine de modules solaires en Malaisie, vient d'absorber l'allemande Conergy...et bien sûr tout cela n'est qu'un début en attendant des nouvelles de la profession plus saignantes encore.
Total qui détient 60% de l'américaine SunPower vient de décider de cantonner son activité "européenne" Tenesol chez SunPower en lui cédant l'activité en échange 6% de plus du capital de SunPower. Cette consolidation va dans le sens d'une plus grande efficacité pour l'activité globale solaire chez Total mais il paraît difficile de croire que les activités occidentales dans le photovoltaïque pourront survivre sans protection douanière à l'entrée des modules asiatiques (taxes et/ou quotas).
Marché scandaleusement subventionné par des tarifs artificiels de rachat de l'énergie électrique qui a provoqué dans un climat de bulle affairiste des développements artificiels de capacités de production partout dans le monde. Un retour à un peu plus de réalisme en Europe, amorcé en Espagne dès 2008 puis se généralisant, met en péril de larges pans de la filière amont de production de modules et en premier lieu ceux implantés en Europe.
Un futur cas d'école de Business School pour illustrer les effets pervers d'une trop forte intervention des États, politiquement manipulés par l'idéologie Verte, sur le développement d'un marché artificiel tenu à bout de bras par des subventions ou des règlements imposants des quotas. Il n'y a rien à attendre de bon d'un marché de masse photovoltaïque non rentable. Nul doute qu'il le deviendra un jour, dans les pays ensoleillés, à faibles prix de main d’œuvre, disposant d'un réseau électrique et de centrales thermiques en support...avec des modules Made in Malaysia. La Californie et ses déserts répondent sensiblement à ce cahier des charges.
LIRE le papier de Bloomberg sur le sujet.
Le 25 Décembre 2011
Voir aussi : solaire
Toshiba annonce une Pile à Combustible domestique améliorée
Par Raymond Bonnaterre le 23 décembre 2011
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Le marché japonais des PAC domestiques connaît une embellie avec la cruelle pénurie de puissance électrique disponible dans ce pays. Toshiba avec des prévisions de ventes initiales autour de 5000 unités en année fiscale 2011, annonce en avoir déjà installé 6500 à fin Novembre (en 8 mois) et prévoit de vendre 15 000 unités en année fiscale 2012 pour un prix unitaire catalogue de 2,6 millions de Yens (> 25 000 euros).
La version 2012 va être améliorée et profiter d'une garantie de 10 ans pour un système fonctionnant 80 mille heures soit deux fois plus que le modèle précédent. Pour réduire le prix, le nombre de cellules va être réduit et la teneur en platine par cellule réduite de 20%.
Malgré toutes ces améliorations le rendement électrique de l'ensemble est annoncé à 38,5% ce qui correspond à une tension de cellule de 0,57 Volt. Par contre cet outil complexe est un bon chauffe-eau au gaz avec un rendement de 55,5%.
Toshiba annonce que ses équipes travaillent activement pour, en option, faire de cet appareil une source de sécurité de courant autonome (sans batterie trop onéreuse) qui prendra le relai en cas de coupure de l'alimentation par le réseau électrique. Cette amélioration est déterminante pour le succès de cette version dans l'environnement électrique incertain japonais actuel.
LIRE un papier du Nikkei sur ce sujet.
Le 23 Décembre 2011
Voir aussi : piles à combustible
C'est le business qui devient green et non l'inverse!
Par Raymond Bonnaterre le 18 décembre 2011
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Eva Joly veut créer 1 million d'emplois dans les filières vertes!!!!
La nouvelle croyance populaire, largement alimentée par les propos à l'emporte-pièce d'écolos de tous bords, veut que le green-business va un jour sauver notre économie et créer des milliers d'emplois...alors que pour l'instant, dans la réalité, ces activités auraient plutôt tendance à la plomber et donc à faire disparaître des emplois. Citons pour mémoire:
-l'industrie photovoltaïque, niche longtemps artificiellement supportée par des tarifs scandaleux de l'électricité générée (Espagne, Allemagne) qui a attiré en Europe les industries du monde entier (Chine, Taïwan, Inde) et créé une surproduction qui va détruire tous les acteurs européens du secteur. L'action Q-Cells qui avait frisé les 100 euros en 2008 n'en vaut plus que 0,6!! Quand à SolarWorld qui avait dépassé les 60 euros ne vaut que 3,3 euros. C'est la débâcle solaire!
- l'industrie éolienne proche de la saturation dans sa version terrestre en Europe de l'Ouest va poursuivre son développement dans sa version offshore (Siemens suivi des autres) à l'aide de moultes subventions pour raccorder les fermes au continent par des lignes HVDC hors de prix, pour assurer un déploiement grandiose de lignes hautes tension pour amener le courant électrique du nord de l'Allemagne vers le sud industriel et pour interconnecter les divers pays européens limitrophes chargés de combler les incontournables absences de fournitures éoliennes. Tout cela pour, peut-être, économiser quelques tonnes de CO2 qui seront amplement gaspillées par ailleurs, dans les centrales thermiques à flamme maintenues volontairement à mi-puissance au cas où le vent faiblirait.
- les milliards d'euros de subventions accordés à ceux qui peuvent investir et équiper leurs maisons de panneaux photovoltaïques et se dispensent ainsi de payer leur électricité, aux dépens des moins favorisés qui, eux, paient plein pot les MWh hors de prix ...on est très loin d'une l'écologie sociale à inventer. Impôt écolo-dégressif parfait. La CRE nous apprend que la part des énergies renouvelables aux charges prévisionnelles du service public de l'électricité va atteindre 2,2 milliards d'euros en 2012.
Alors citons quelques business qui sont devenus "green" alors que rien ne les prédisposait à le devenir un jour.
Le business des aimants permanents nécessaires aux nouvelles éoliennes direct drive et aux moteurs des véhicules hybrides ou électriques en est un exemple. Il faut 265 kg de terres rares sous forme métallique pour construire une turbine d'éolienne d'un MW nous apprend Jean-Pierre SCHAEKEN WILLEMAERS. Et pourtant ces fameux gisements de terres rares ont la malencontreuse idée d'être associés à de l'Uranium et du Thorium ce qui rend très impopulaire leur métallurgie dans le monde occidental et justifie pour une large part la position dominante de la Chine dans l'extraction et la purification de ces métaux (Voir l'aventure LYNAS).
L'industrie des batteries qui fait appel au Plomb pour les batteries de démarrage et utilisait le Cadmium pour les accumulateurs alcalins de plus faibles tailles n'avait pas une image particulièrement "Verte" au cours du siècle précédent. Le remplacement du Cadmium par des alliages à base de Terres Rares (encore elles) et de Nickel leur a conféré une image plus acceptable. Le développement des batteries au Lithium, lancé gaillardement par Sony, a définitivement apporté une image plus écolo à cette industrie. Le marché de ces batteries Li-Ion estimé aujourd'hui à 15 milliards de dollars devrait doubler d'ici à 2015 (FIG.), tiré par les applications Véhicule Électrique et les applications industrielles de stockage d'électricité en tampon avec les sources intermittentes d'électricité.
L'évolution des techniques d'éclairage est également époustouflante. Issue de la lampe à incandescence d'Edison, après un réel progrès dans les tubes fluorescents dans le courant du siècle précédent, on aurait pu croire l'aventure à bout de souffle. Mais c'eut été sans compter sur les LEDs dont certaines font appel à des Terres Rares (encore!) ou plus encore sur les OLED's forme organique des précédentes qui sans aucun doute vont révolutionner l'éclairage domestique et commercial. Le monde devient urbain, électrique et éclairé. Ces nouvelles technologies d'éclairage vont révolutionner la Ville.
Les techniques de pompe à chaleur initialement conçues pour faire du froid dans la Sun Belt américaine ou pour assécher les tatamis nippons hors de prix durant la mousson d'été et éviter le développement de moisissures, deviennent les technologies incontournables pour assurer un développement propre et économe en énergie du conditionnement d'air des habitations. L'utilisation du CO2 comme fluide caloporteur devrait permettre de maintenir en activité ces équipements même par grand froid et éviter ainsi les pointes d'appel de courant sous nos climats parfois rudes. La démocratisation et la production des pompes à chaleur en Europe est un des impératifs énergétiques à privilégier...bien plus que la synthèse du Silicium à moins de 30$ le kilogramme.
Ces quelques exemples simples montrent que ce sont des industries existantes complexes qui en s'adaptant à diverses contraintes ou demandes, trouvent de nouveaux débouchés qui répondent aux exigences d'efficacité énergétique du moment. Ce ne sont pas les industries subventionnées qui sont l'avenir, ce sont les industries naturellement rentables qui créeront les emplois pérennes de demain. Or, pour l'instant, ni les techniques photovoltaïques, ni les techniques éoliennes ne sont des activités rentables en l'absence de subventions. Coupez les subventions et tout s'effondre. Faire subventionner ces industries par les consommateurs les moins fortunés qui n'ont pas les moyens d'investir ni dans des modules photovoltaïques ni dans une pompe à chaleur, me semble être d'une grande injustice et d'une efficacité économique discutable. De telles subventions devraient être prélevées directement sur les budgets des États... et donc limitées. Quand aux quelques tonnes de CO2 économisées, encore faudrait-il bien les mesurer, combien pèsent-elles face au presque milliard de tonnes de CO2 largué sans complexe en plus chaque année en Asie?
Durban est un grand port d'Afrique du Sud qui exporte du charbon vers l'Asie. Son activité exportatrice devrait passer de 13 millions de tonnes de charbon cette année à 50 millions de tonnes en 2030. Joli lieu pour un meeting bidon sur les émissions de CO2!
LIRE un papier du Nikkei sur l'avenir à court-terme des batteries Li-Ion.
Le 18 Décembre 2011
Voir aussi : actualités | véhicules électriques
Satellite: la troposphère s'est réchauffée de 0,45°C en un tiers de siècle
Par Raymond Bonnaterre le 17 décembre 2011
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Réchauffement sur 33 ans (1978-2011) de mesures satellitaires des températures de la molécule d'oxygène sur 8km de profondeur de l'atmosphère terrestre (échelle: -1°C; +1°C).
Moyenne hémisphère Nord: +0,65°C
Moyenne hémisphère Sud: +0,26°C
Maximum ponctuel dans le Détroit de Davis: +2.89°C
Minimum ponctuel dans l'Antarctique: -2.36°C
La France est dans la zone +0,2°C à +0,4°C.
Remarque: les mesures satellitaires présentent deux intérêts majeurs:
- elles couvrent 95% de la surface du globe (à l'exception des régions polaires)
- elle s'affranchissent d'effets de réchauffement locaux liés à l'urbanisation et à l'effet corps noir du bitume.
Remarque: les variations mesurées sont perturbées par une période initiale plutôt froide en raison des éruptions d'El Chichon (1982) et du Pinatubo (1991).
LIRE le papier sur le site de Roger Pielke en avant-première de l'Université de Hunstville, Alabama.
Le 17 Décembre 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
Deux fois plus de batteries made in Japan pour Mitsubishi Motors
Par Raymond Bonnaterre le 15 décembre 2011
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Les entreprises japonaises veulent précieusement conserver localement leurs ingrédients complexes et leurs procédés mis en œuvre dans la production d'accumulateurs, alors qu'elles n'hésitent pas à délocaliser au plus près des constructeurs de Véhicules Électriques (France, Espagne, Portugal...) l'assemblage en batterie, opération consommatrice de main d’œuvre et faisant appel à des technologies triviales d'assemblage. C'est ainsi que GS-YUASA et Mitsubishi annoncent qu'ils vont engager la deuxième phase d'extension dans la production d'accumulateurs de leur usine de Ritto (Shiga Préfecture). Cette usine doit être aujourd'hui capable de produire annuellement assez d'accumulateurs prismatiques (50 Ah, 3,7V) pour assembler dans les 50 à 65 mille batteries pour véhicules électriques. Cette deuxième tranche devrait permettre à la filiale Lithium Energy Japan de pouvoir produire autour des 6,5 millions d'accumulateurs de plus par an à partir de 2013, de quoi à pouvoir produire 75 mille batteries supplémentaires.
Compte tenu des productions assurées par l'usine historique GS de Kyoto, le consortium sera alors capable de produire les accumulateurs pour assembler autour des 150 mille batteries par an. La seule usine de Ritto emploiera 1100 personnes.
Remarque: GS-YUASA est resté en technologie prismatique classique à boitier rigide en aluminium qui permet d'assurer une sécurité individuelle pour chaque accumulateur à l'aide d'un coupe-circuit qui s'active en cas de surpression interne anormale. Ce choix privilégiant la sécurité par rapport à d'autres solutions en poches flexibles plus fragiles, est sûrement d'une grande sagesse.
LIRE le papier du Nikkei sur le sujet.
Le 15 Décembre 2011
Voir aussi : véhicules électriques
Solde du commerce extérieur de la France: la débâcle
Par Raymond Bonnaterre le 8 décembre 2011
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87 milliards d'euros de trou (hors matériel militaire) sur 12 mois à fin Octobre.
Il y a un an les dockers du port de Marseille avaient ralenti les importations de pétrole. Cette année ils ont exceptionnellement travaillé au mois d'Octobre, alors le trou se creuse (-35,7 milliards) auquel il faut rajouter le déficit croissant en produits raffinés (-13,6 milliards).
J'ai rajouté la ligne 2015- Engrais et composés azotés qui dépend directement des prix du gaz naturel. Elle va mal elle-aussi. La France agricole importe de plus en plus d'engrais.
Tout ceci traduit des choix politiques qu'il va bien falloir revoir en profondeur. Mettre à la diète la France qui consomme, investir dans la production d'urée, investir dans les quelques raffineries de pétrole préservées, importer du GNL pour produire plus d'électricité en attendant les gaz de schistes locaux, mettre en place un programme national pour faire baisser les consommations de pétrole de 3% par an (proscrire le fuel domestique, diéséliser, alléger, hybrider, profiler, faire sauter les bouchons routiers, etc.).
Messieurs les Parlementaires, lisez les statistiques douanières tous les mois! Cela ne pourra pas vous faire de mal. La France n'a pas de pétrole...aurait-elle encore quelques idées?
Le 8 Décembre 2011
Voir aussi : actualités
L'exploitation croissante des gaz de schistes soutient l'économie américaine
Par Raymond Bonnaterre le 7 décembre 2011
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Une étude récente du CERA vient de montrer l'importance économique de l'exploitation des gaz de schistes aux États-Unis. Une projection jusqu'en 2035 a été réalisée. Elle fait apparaître l'importance des créations d'emplois (directs, indirects et induits) et celle de la création de valeur ajoutée qui participe à la croissance du PIB.
Voici quelques faits majeurs de ce rapport.
1-Les gaz conventionnels passent au-dessous des 10% de part de marché, les gaz de schistes moins onéreux se taillent la part du lion:
2- La croissance de la demande en gaz naturel aux États-Unis est tirée par la génération d'électricité et la pétrochimie. Le vecteur: le faible prix des gaz non conventionnels.
3- L'exploitation des seuls gaz de schistes est créatrice d'emplois et de valeur ajoutée:
250 mille emplois directs et indirects en 2011 qui seront 600 mille en 2020 et 900 mille en 2035. Une contribution au PIB de 77 milliards de dollars en 2010 qui devrait doubler d'ici à 2020.
Ces données pour les seuls États-Unis, montrent l'importance économique des gaz non conventionnels dans l'équation énergétique des Nations. En ces périodes de recherche de relais de croissance dans notre pays "en voie de délabrement", ne faudrait-il pas se poser la question du nombre d'emplois et des milliards d'euros qu'apporterait une hypothétique exploitation de nos réserves enfouies? La France importe annuellement pour 13 milliards d'euros par an de gaz naturel et la facture va poursuivre sa progression pour soutenir la part croissante des ressources intermittentes d'électricité et se substituer aux centrales à charbon.
LIRE le passionnant rapport du CERA
Le 7 Décembre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Inde: la consommation de charbon devrait friser le milliard de tonnes dans les cinq ans à venir
Par Raymond Bonnaterre le 4 décembre 2011
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Pour une estimation Mars 2011/Mars 2012 à 696 millions de tonnes de charbon brûlés, les autorités indiennes prévoient que la consommation de ce combustible atteindra les 980 millions de tonnes durant l'année fiscale 2016/2017 soit une croissance de 41% en 5 ans. La production locale ne devant croître (si tout va bien) que de 28%, il manquera alors dans les 265 millions de tonnes de charbon pour faire la jointure et qui seront importés dans les ports indiens ou se trouvent les nouvelles centrales thermiques. Les transports indiens ne savent pas acheminer le charbon abondant à l'intérieur du pays.
Remarques: 1-la production mondiale de charbon en 2010 a été de 7,3 milliards de tonnes (BP)
2- pour estimer les rejets de CO2 il faut multiplier la masse de charbon par 2,5 à 3 environ selon la pureté de la ressource.
Cette information en ligne avec la croissance linéaire des rejets de CO2 des pays en voie de développement (FIG., courbe rouge en milliards de tonnes) montre combien toutes les simagrées des Grandes Fêtes Onusiennes à la Durban sont futiles. Il faut être naïvement européen pour croire que les émissions anthropiques mondiales de CO2 vont se stabiliser dans un avenir prévisible. Il faut être encore plus naïf pour croire que l'évolution onéreuse des ressources françaises d'électricité vers l'éolien ou le solaire et la non exploration des gaz de schistes pourront jouer de façon significative sur ce bilan mondial calamiteux. Mais les symboles ont toujours été d'une grande importance dans notre pays, ils coûtent parfois cher. Les futurs dirigeants d'une administration criblée de dettes devraient rapidement en prendre officiellement conscience.
LIRE le communiqué de Bloomberg.
Le 4 Décembre 2011
Voir aussi : énergie fossile
A lire: "Pourquoi la Silicon Valley ne sera jamais la Green Energy Valley"
Par Raymond Bonnaterre le 30 novembre 2011
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Un excellent papier de Andrew MacKillop dans European Energy Review basé sur les réflexions de Nathan Myhrvold, un ancien de Microsoft, qui rapproche les 535 milliards de dollars, partis en fumée, investis par les milliardaires californiens de la Silicon Valley dans des milliers de projets sur les énergies renouvelables et le formidable succès de George Mitchell un des développeurs de l'application du fracking dans l'exploitation des gaz de schistes et de houille.
"The driving factor for change in energy is very simple: cost."
"The green energy investment model used in China and India was and is light years away from the Silicon Valley model and is today a victim of its own success...the success of their “state guided” green energy investment and development model is so total they are effectively subsidizing green energy development in the OECD countries, through cheap exports of high-tech green energy equipment..but they are presently forced to sell at below production costs in a now-saturated world solar cell and film market."
"As we know today, fracking with water, sand and chemicals has unlocked enormous deposits of shale gas, tight gas and coalbed methane across the world. Mitchell’s work has more than doubled, even tripled the world’s known reserves of extractible natural gas. In many countries this has changed the gas resource picture from total penury to total wealth in a single decade.
Shale and coal-seam gas are literally new paradigm."
Lecture indispensable pour tous ceux qui exercent parfois leur droit de vote au Parlement.
Andrew MacKillop dans European Energy Review
Le 30 Novembre 2011
Voir aussi :
Du concept abscons de "transition énergétique"
Par Raymond Bonnaterre le 29 novembre 2011
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La notion de transition suppose qu'un ensemble dépendant d'un ou plusieurs paramètres passe d'un état stable A vers un nouvel état stable B au travers d'un processus excité, plus ou moins bien maîtrisé, avec apport global ou émission d'énergie. Par exemple on utilise le concept de transition démographique pour décrire les transformations au sein d'une société dues à l’allongement d'espérance de vie des individus et à l'accroissement de leur niveau de vie avec réduction de la taille moyenne des familles. En physique, l'effet laser est le résultat d'une transition énergétique violente à la suite d'une excitation d'un groupe d'atomes par pompage optique, de même une révolution populaire est une transition politique violente, conséquence de frustrations cumulées et imperceptibles de nombreux individus isolés. C'est la raison pour laquelle il est très difficile pour un observateur d'annoncer l'imminence d'un processus révolutionnaire qui va conduire le plus souvent vers un état politiquement plus stable.
Le concept écolo de "transition énergétique" repris (naïvement ou électoralement?) par certains de nos leaders politiques les plus intelligents, parmi lesquels figurent d'éminents Énarques° et même des Polytechniciens, c'est vous dire..., ce concept donc suppose qu'il existerait un mix énergétique stable et vertueux vers lequel les nations devraient se diriger à marche forcée pour éviter la catastrophe climatique ou nucléaire (on ne sait plus trop) qui nous menace.
Mais l'histoire des ressources énergétiques utilisées par l'homme nous apprend que leur utilisation au cours du temps a procédé par accumulation, substitution partielle et perfectionnement technologique. Cette évolution n'a jamais été un processus de transition brutal mais une évolution continue du mix énergétique dépendant de la demande, de la disponibilité des ressources et des progrès technologiques.
Le bois et les taillis des siècles anciens sont toujours une ressource actuelle au travers des "pellets", des liqueurs noires et de la biomasse conduisant aux biocarburants. Leur avenir ne peut que s'intensifier au travers de la mise au point de nouveaux plants génétiquement optimisés pour qu'ils produisent plus de sucres ou d'amidon conduisant au bioéthanol.
Le charbon et le lignite sont toujours largement mis à contribution. Les procédés de gazéification intégrée (IGCC) vont permettre d'activer des turbines à haute température et limiteront partiellement leur caractère polluant. La capture du CO2 permettra de valoriser la ressource et d'accroître de façon rentable le taux de récupération de pétrole (EOR).
Les moulins-à vent et autres moulins-à eau de nos ancêtres ont fait place aux éoliennes et aux centrales au fil de l'eau.
Le pétrole et le gaz seront les ressources énergétiques majeures du XXIème siécle au travers de nouveaux gisements découverts en offshore profond et de l'exploitation d'immenses réserves de gaz non conventionnels.
La fission de l'atome restera une ressource précieuse d'énergie. Les futures générations de centrales permettront d'utiliser à fond la ressource. Prêcher la fin de l'énergie nucléaire alors que peu à peu les ressources fossiles s'enchérissent est un contresens économique et historique majeur...l'exemple français vient de nous montrer le caractère bassement politicien des arguments de certains hommes et femmes réputés "Verts" qui désirent eux aussi "aller à la soupe".
La transformation directe de la lumière en électricité avec des rendements d'au moins 20% grâce aux modules photovoltaïques, deviendra un jour rentable dans les zones ensoleillées à faible prix de main-d’œuvre et peu éloignées des réseaux électriques locaux. Une ligne HVDC Tamanrasset-Berlin n'est pas pour demain.
Le mix énergétique n'est pas une fonction qui connaît un optimum stable. L'équation qui le régit dépend de nombreux paramètres en constante évolution. Citons la disponibilité de chacune des ressources, la maîtrise des technologies d'exploitation et de mise en œuvre, les prix du moment, les contraintes règlementaires, la volonté politique de favoriser ou de pénaliser telle ou telle ressource.
Le mix énergétique "optimal" varie donc dans le temps et selon les régions. Celui de la Suède à base d'atome et d'hydraulique n'est pas celui de l'Arabie Saoudite. L'arrivée des gaz de schistes peu onéreux américains est en train de bouleverser l'équation énergétique de ce grand pays.
Parler de "transition énergétique" est une escroquerie!
Alors sur fond de croissance de la consommation d'électricité, comment va évoluer le mix énergétique de la France dans les années à venir:
-tirée vers le bas par les prix dans les applications domestiques et par les nouvelles génération de voitures, de poids lourds, d'avions et de navires la consommation de pétrole va poursuivre sa décroissance. En baisse de 10% sur les dix dernières années (de 2,05 à 1,85 million de barils/jour) ce rythme de décroissance en volume devra se poursuivre pour tenter de limiter la croissance de notre facture pétrolière qui s'élève annuellement à 46 milliards d'euros. Les biocarburants participeront à cette décroissance, c'est là leur principale utilité.
- la consommation de gaz naturel, largement disponible, devrait croître, en particulier sous forme de GNL importé sur le marché spot, pour alimenter les centrales au gaz à cycle combiné (TGV) dont la puissance installée devrait atteindre les 6 GW en 2015 ou 6,5 GW si l'on en croit la décision possible d'EDF d'investir dans une centrale GE sur le site de Bouchain qui abrite pour l'instant une centrale au charbon. La France importe à ce jour pour 13 milliards d'euros de gaz naturel par an.
-la consommation de charbon (2 milliards d'euros par an) devrait décroître en raison de l'arrêt programmé de 13 groupes électriques avant le 31 Décembre 2015, soit une réduction de puissance de 3,6 GW. Ne resteront alors en France que 5 groupes d'une puissance de 2,9 GW en activité.
-la part des énergies renouvelables est appelée à croître avec un éolien qui progresse d'un GW par an et un photovoltaïque limité à 0,5 GW. Une plus forte croissance se répercuterait directement sur les prix de l'électricité et sur la nécessité d'investir massivement dans l'adaptation du réseau électrique national ainsi que dans les interconnexions avec les pays limitrophes.
-remplacer de la ressource électrique de base nucléaire par de l'énergie intermittente solaire ou éolienne est une fable pour endormir les gogos écolos. La seule option est de consommer plus de charbon ou de gaz ou d'énergie importée de pays limitrophes. C'est ce que fait l'Allemagne qui dispose de moyens financiers importants.
Une lecture édifiante sur le sujet: Le projet de développement décennal du réseau par RTE.
Le 29 Novembre 2011
°Remarque: que penser de la compétence des équipes de François Hollande dans le domaine de l'énergie qui le laissent parler "d'obligation écologique de réduire nos consommations de CO2" comprenez "nos émissions de CO2"? Accroître nos consommations de CO2 serait sûrement une bonne voie à explorer par l'industrie chimique. Elle pourrait déjà produire de l'urée que nous importons massivement d'Egypte et de Russie.
Ou encore que penser de la proposition suivante: "Par ailleurs, j’engagerai une politique cohérente de montée du renouvelable : solaire, éolien terrestre et maritime, biomasse…Des incitations fiscales pour la consommation comme pour la production contribueront au développement d’une industrie innovante et créatrice d’emplois, dont le CEA et AREVA seront les fers de lance". Qui peut croire que de telles propositions puissent constituer l'ossature d'une prochaine politique énergétique?
"Réussir la transition énergétique"
Ecoutez Pierre Gadonneix dans une interview sur BFM le 30 Novembre qui explique l'inertie des choix énergétiques.
Voir aussi : énergie fossile
Substituabilité des sources d'énergie: un exemple de motorisation mixte GNL-gasoil
Par Raymond Bonnaterre le 28 novembre 2011
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On connait les premiers poids lourds alimentés au GNL et au gasoil, voici maintenant un navire.
Moteur: Wärtsilä
Réserves de Gaz Naturel Liquéfié : deux fois 430 m3
Autonomie sur GNL: 12 jours avec 80% de charge puis si nécessaire relai au gasoil.
LIRE le papier de Wärtsilä sur ce thème.
Le 28 Novembre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Le nucléaire français fait l'objet de promesses d'ivrognes
Par Raymond Bonnaterre le 17 novembre 2011
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Sans vouloir en rajouter aux débats de bas étage du Café du Commerce actuels sur l'avenir de la filière nucléaire française, il me semble important de rappeler quelques évidences économiques, techniques et politiques sur ce sujet:
-l'Allemagne en décidant tout de go de fermer 8 centrales nucléaires en 2011 a mis, sans aucune vergogne, le réseau électrique européen en pénurie de puissance électrique de réserve. Il est donc illusoire à court terme aux pays limitrophes (Belgique, France, Suisse) de vouloir l'imiter sous peine de plonger dans un black-out quasi immédiat une part de l'ouest de l'Europe,
- les énergies renouvelables intermittentes sont physiquement INCAPABLES de remplacer la ressource de base nucléaire, n'en déplaise à tous les projets de bassines d'eau de mer sur les falaises d'Etretat ou autres électrolyseurs allemands injectant de l'hydrogène dans le gaz russe,
- les seules alternatives au nucléaire en Europe sont les centrales à flamme qui brûlent du lignite (Allemagne), du charbon ou du gaz naturel, avec en option "green" un zeste de biogaz ou de biomasse (pellets).
- la France mal en point devrait alors importer massivement du charbon ou du gaz. Pour remplacer un tiers de l'énergie électrique nucléaire annuelle il lui faudrait produire 140 TWh à partir de centrales au gaz à construire (20 GW ou 20 milliards d'euros) qui consommeraient sur la base d'un prix d'achat de 10$ à 15$/MMBTU dans les 7 à 10 milliards d'euros de plus de gaz importé qui se rajouteraient aux 13 milliards actuels?
- la consommation d'électricité dans une Europe de plus en plus urbaine et complexe va poursuivre sa croissance. La mise en place onéreuse, lente et complexe de compteurs intelligents servira essentiellement à faire payer plus cher l'électricité aux heures de pointes pour rentabiliser ces équipements, en attendant un hypothétique effet sur l'ampleur des pointes de puissances appelées.
Il ressort de toutes ces contraintes que notre pays qui dans la décennie à venir sera en phase de cure d'amaigrissement intensif de son budget afin de stabiliser puis commencer à rembourser sa dette, n'aura pas le moindre premier euro pour fermer une seule centrale électronucléaire. Tous ces débats socialo-écolos assez minables ne sont donc que promesses d'ivrognes pour amuser les gogos électeurs. Ils ne participent pas en période de crise au soutien des entreprises importantes concernées.
Remarque 1: en s'alliant aux Communistes, François de Jarnac avait fini d'étouffer la Bête fatiguée. En s'alliant aux Écologistes il n'est pas impensable que François de Tulle ait caressé la même intention modernisée. Mais je vois là un objectif beaucoup plus complexe qui nécessiterait auparavant que les Socialistes développent leur propres certitudes dans le domaine. Au vu des minables tractations entre Martine et son interlocutrice écolo... ce n'est pas demain la veille.
Remarque 2: NKM a repris à son compte le riche concept d'échange par les Verts d'une centrale nucléaire par circonscription électorale attribuée. Nous en revendiquons sans acrimonie ni jalousie ici le droit d'antériorité.
Le 17 Novembre 2011
Voir aussi : actualités | énergie fossile
Le PIB de la France atteint les 500 milliards d'euros au troisième trimestre
Par Raymond Bonnaterre le 15 novembre 2011
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Nos sombres économistes ont pris de toute évidence un peu d'avance sur les prévisions de retournement de l'économie. Ne vous en faites pas, ils trouveront aisément les pirouettes qui leur permettront de retomber sur leurs pattes. Les Français consomment toujours et les industries ont même exporté un "chouilla" plus au T3 (des céréales, du vin, de l'électricité). Le PIB du troisième trimestre de la France en EUROS COURANTS ressort selon l'INSEE à 500 milliards d'euros en croissance de 15 milliards d'euros par rapport à celui du même trimestre de l'année précédente. Depuis deux ans la croissance du PIB de la France en euros courants (CVS) suit une pente de 3% par an (FIG.). Bien sûr l'inflation participe à cette augmentation. Hors inflation, en valeurs chaînées aux prix de l'année précédente, la croissance en volume du PIB suit une pente de 1,6% par an, soit un partage sensiblement 50/50 avec l'inflation.
L'Allemagne aligne elle aussi une croissance du PIB (CVS) au troisième trimestre en ligne avec celle des deux années précédentes. Mais on sait que les entrées de commandes à l'industrie ayant fléchi en Août et en Septembre il est fort probable que les résultats du quatrième trimestre seront moins allants pour elle.
Ces courbes permettent d'éviter de se plonger inutilement dans les pinaillages de croissance d'un trimestre à l'autre, tant appréciés de nos Gazettes et qui s'avèrent être largement erronés après correction des valeurs publiées au trimestre suivant. En Euros courants ces données sur plusieurs trimestres peuvent être directement comparées aux évolutions des dépenses, des recettes ou des dettes des États. Par exemple la dette de la France à 1693 milliards d'euros à mi-année 2011 avait pris 101 milliards de plus en un an, soit 6,3% ...ceci est tout simplement incompatible avec la croissance de 3% du PIB. Elle aurait dû être au moins contenue à la moitié, ce qui aurait supposé une diminution des dépenses annuelles de l’État Providence d'au moins 50 milliards. Les montants annoncés pour l'instant par nos timorés dirigeants ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Attendons-nous donc à une prochaine phase de Socialisme gestionnaire impitoyable, seul capable de vraiment réformer notre trop complexe pays!
Le 15 Novembre 2011
Voir aussi : actualités
L'instabilité de génération de puissance par les éoliennes pose certains problèmes
Par Raymond Bonnaterre le 14 novembre 2011
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Pour sortir de la propagande verte et de ses "vérités" approximatives sur l'énergie éolienne je vous recommande de lire le papier professionnel de Jean-Pierre SCHAEKEN WILLEMAERS paru sur le site de l'Institut Thomas More.
On peut y lire par exemple:
"The fact is that wind energy is not at present as clean and CO2 emission free as their supporters suggest. Indeed the introduction of wind power in the conventional energy systems requires, inter alia, reserve capacity and back up thermal power stations where hydropower or other “green” energy is not or not sufficiently available, to secure the electricity supply in case of low wind or lack of it. Those power stations have to operate at lower load capacity and thus at lower efficiency to make room for wind generation and are ramped up and down according to wind conditions. All that increases the heat rate and hence GHG emission. So far, the claim that onshore large wind farms strongly contribute to CO2 emission reduction, has not been substantiated by analysis based on measured data in spite of the fact that such
survey is of the essence to justify costly financial support schemes for not always mature renewable electrical generation."
ou encore:
"A problem with massive subsidization of renewable energy is that a number of developers/investors focus on maximizing the return on investment and not on long term operation with, as a consequence, minimizing the O&M (operation and maintenance) costs. On the equipment supply side, the policy of too many manufacturers is to enhance sales at all costs without taking sufficiently into account the after sales services. This leads, among others, to long delivery times of spare parts which makes O&M very difficult. Sales top, Service flop! In such conditions, what is the lifetime of wind turbines: 10 years or less?
LIRE ce très instructif papier rédigé par un professionnel.
Le 14 Novembre 2011
Voir aussi : éolien
Avec constance et application, les Français creusent le trou du commerce extérieur de leur pays
Par Raymond Bonnaterre le 13 novembre 2011
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Moins quatre vingt trois (-83) milliards d'euros: c'est le montant record du solde négatif (hors matériel militaire) du commerce extérieur de la France sur les douze derniers mois publié par les Services des Douanes. Cette facture se décompose en 60 milliards solde des échanges de ressources énergétiques (pétrole: 33 mrds, produits pétroliers: 13 milliards et gaz naturel: 13 milliards) et 23 milliards solde des échanges non énergétiques (TAB.).
Remarque: assez paradoxalement ce piteux résultat est obtenu avec une moindre dégradation que prévue du solde des échanges du troisième trimestre qui affiche un solde négatif de 17 milliards d'euros à comparer aux 18,7 milliards du deuxième trimestre. Cette relative "amélioration" (FIG.) devrait se traduire par une contribution positive du commerce extérieur au PIB de la France du troisième trimestre.
Quelques remèdes possibles pour interrompre le flux de cette saignée financière de notre pays?
-produire localement plus d'électricité, même nucléaire, pour les besoins internes et l'exportation,
-réduire les importations de houille en fermant les centrales au charbon,
-moderniser les raffineries encore opérationnelles pour qu'elles produisent plus de carburants par baril de pétrole importé,
-favoriser la production de biocarburants locaux à forte valeur ajoutée (kérosène, gasoil),
-investir pour pouvoir importer plus de GNL aux prix non indexés sur le prix du baril,
-rechercher activement puis exploiter les gaz de schistes,
-taxer les carburants, les autres énergies primaires (TIC) et la consommation (TVA à 25%) pour financer les dépenses sociales aujourd'hui imputées sur les salaires,
-imaginer les mesures (informations, tests) tendant à favoriser la durée de vie des équipements électroniques grand public et lutter contre l'obsolescence programmée des équipements.
Il est fort probable que le mouvement déflationniste qui va affecter la France en limite d'endettement, par une contraction nécessaire des salaires et des revenus, va se traduire par une baisse des consommations et donc des importations, en attendant que les prix s'alignent à la baisse sur le nouveau standing de vie dégradé des habitants de notre pays.
Le 13 Novembre 2011
Voir aussi : actualités
Exxon Mobil: pour un marché du gaz naturel libéralisé en Europe
Par Raymond Bonnaterre le 9 novembre 2011
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L’Europe du gaz naturel, avec des consommations croissantes, des productions locales décroissantes et en retard dans l'exploitation de ses réserves en gaz non conventionnel, va dépendre de plus en plus des importations en provenance de Russie, de Norvège, d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d'Afrique. La mise en service au travers de la Mer Baltique, du gazoduc North-Stream qui relie directement les immenses ressources russes au gros client allemand, en phase de dé-nucléarisation de ses centrales, illustre parfaitement cette dépendance croissante. Pour éviter que l'Europe ne perde trop de plumes dans ce balancement des échanges, dans un monde largement approvisionné en gaz naturel, il serait préférable que les diverses sources d'approvisionnements potentielles (gazoduc ou GNL) puissent être mises en concurrence au moyen de contrats flexibles et regroupés à divers acteurs européens. Pour cela il est nécessaire que les infrastructures soient adaptées à cette flexibilisation des approvisionnements.
La présentation d'Axel Scheuer d'Exxon Mobil, à un congrès Polonais sur les gaz non conventionnels en Europe, illustre cette évolution lente du marché du gaz européen.
Le 9 Novembre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Le piétinement des commandes à l'industrie manufacturière allemande illustre les difficultés du moment
Par Raymond Bonnaterre le 8 novembre 2011
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Données actualisées à fin Septembre 2011 qui permettent d'anticiper une poursuite de la baisse des facturations CVS aux mois d'Octobre et Novembre.
Voir les données sur Destatis.
Le 8 Novembre 2011
Voir aussi : actualités
Une lecture tonifiante et adaptée aux nouvelles contraintes: "Europe's green energy chaos"
Par Raymond Bonnaterre le 6 novembre 2011
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Dans un climat de gestion plus rigoureuse des comptes publics européens, quelques remarques bien assénées qui divertissent des bigoteries "vertes" traditionnelles. Citons par exemple:
- "The basic objective of cutting CO2 emissions in Europe was in reality more easily obtained by outplacement, delocalisation and deindustrialisation, economic recession and rising unemployment".
- "In reality, so-called “carbon trading” is an effective energy tax which the EU will most certainly not be able to impose on goods or services exported to Europe from outside the Union through trade sanctions and tariff barriers".
ou encore;
-"The idea that the "greentech" sector can create and sustain large numbers of new jobs is totally disproved by reality".
- "As green energy is highly capital-intensive, the target for generating electricity from renewable energy will involve a capital cost that is 9-10 times the amount required to meet the same demand by relying on conventional power plants, according to Hughes. In other words, job “creation” will be LOW OR negative".
- "In many countries and in the EU itself climate and energy policies and programmes are already being adjusted or abandoned".
LIRE la page de Andrew MacKillop sur European Energy Review.
Le 6 Novembre 2011
Les créations d'emplois aux Etats-Unis ne permettent pas de réduire le chômage
Par Raymond Bonnaterre le 4 novembre 2011
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"The change in total nonfarm payroll employment for August was revised from +57,000 to +104,000, and the change for September was revised from +103,000 to +158,000" affirme sans complexe le BLS américain dans sa publication du 4 Novembre. Le nombre de créations annoncées de 80 mille nouveaux emplois américains non agricoles au mois d'Octobre qui va être repris par toutes les gazettes, doit donc être accueilli avec beaucoup de philosophie.
En utilisant les données corrigées supposées plus exactes du mois de Septembre il apparaît que les États-Unis ont créé 382 mille emplois en un trimestre et pas loin de 1,6 million d'emplois en un an.
De telles valeurs ramenées aux proportions de la population de notre pays feraient rougir d'orgueil n'importe quel ministre français de l'emploi qui s'arrogerait bien sûr la performance, mais elles sont considérées comme très médiocres aux US. Médiocres parce qu'elles sont grossièrement en ligne avec la croissance de la population (+1% par an) et donc incapables de résorber les 13,9 millions de chômeurs officiellement recensés (9%) ce qui est deux fois le niveau normal de plein emploi.
La perte des 8 à 9 millions d'emplois enregistrée en 2008 et 2009 (FIG.) aux États-Unis semble à ce jour irrattrapable, au grand dam du Président Obama qui pense à sa réélection en péril.
LIRE le communiqué du BLS sur ce sujet. Accéder aux tables de données mensuelles en cliquant sur le dinosaure.
Le 4 Novembre 2011
Voir aussi :
Les industries du silicium et des modules photovoltaïques européens dans la Bérézina
Par Raymond Bonnaterre le 4 novembre 2011
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L'industrie des modules photovoltaïques est une industrie de composant électronique dont l'offre est de plus en plus d'origine chinoise et taïwanaise et dont les débouchés dépendent de subventions de pays le plus souvent trop endettés ou de tarifs électriques imposés hors des prix de marché. Tout est en place pour que ce marché connaisse de formidables coups d'accordéon entre offre et demande entraînant de périlleuses variations de prix artificiellement gonflées en période de pénurie (on a vu du polysilicium à 400$/kg) et complètement déprimées comme aujourd'hui où le silicium est tombé à moins de 40$/kg , le wafer de base à 40 cents/Watt et le module vers les 1,1$/Watt (FIG.).
L'offre de modules à base de Silicium dépasse largement la demande (FIG.). Cette offre devrait dépasser encore plus une demande sans nette croissance en 2012 (FIG.II). A cette offre il faut ajouter celle des technologies concurrentes en couche mince Cd-Te (First Solar et GE) ou CIGS (Showa Shell).
Sans être grand clerc il faut donc prévoir, pour qu'offre et demande se rééquilibrent, la réduction de taille ou la disparition des industries les plus handicapées par des coûts non adaptés ou par la restriction des marchés traditionnels européens. Bien sûr sur la base de ces deux critères se sont les acteurs européens, en particulier allemands, qui sont les plus concernés par une consolidation du secteur.
La baisse des prix des modules devrait relancer la demande mais cet effet sera limité en raisons des coûts de pose des modules et autres coûts de raccordement au réseau qui impactent la rentabilité de l'électricité d'origine photovoltaïque. De plus il est nécessaire d'intégrer que la grande disponibilité de gaz naturel à faible prix va stabiliser pour des décennies les prix moyens du MWh électrique dans les grands réseaux électriques mondiaux. Seules les règlementations "climatiques" continueront à supporter cette industrie toujours trop chère...tant que les électeurs voudront payer.
On a même vu la Chancelière allemande remettre en cause la filière allemande en imaginant un transfert de l'activité vers les territoires grecs. C'est vous dire!
LIRE la présentation des résultats trimestriels de REC sur ce sujet.
Le 4 Novembre 2011
Voir aussi : solaire
Vestas: l'éolien un business qui supporte difficilement l'amateurisme
Par Raymond Bonnaterre le 31 octobre 2011
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La façon du danois Vestas de gérer ses affaires dans la réalisation et le commerce d'éoliennes, faite de multiples unités de production et d'une croissance du personnel en ligne avec le chiffre d'affaires, est toujours apparue ici comme d'un grand amateurisme. Cette réputation va être renforcée encore par son dernier profit-warning qui annonce un chiffre d'affaire et une rentabilité 2011 dégradés à la suite de retards pris dans la mise en production de génératrices dans la nouvelle usine allemande de Travemünde. Le chiffre d'affaires 2011 de 7 milliards d'euros initialement prévus ne sera pas tenu. Il devrait atteindre, hors autres avatars d'ici à la fin de l'année, dans les 6,4 milliards d'euros.
L'annonce de la nouvelle à la Bourse de Copenhague a douché les boursicoteurs avec une perte voisine de 25% de la valeur de l'action dès l'ouverture ce matin.
Il faut être prudent sur tout pronostic concernant l'avenir de Vestas de plus en plus concurrencé sur les marchés mondiaux par les nouveaux acteurs chinois que sont Sinovel et Goldwind et dominé sur le marché européen offshore par Siemens.
LIRE l'annonce du profit-warning de Vestas
Le 31 Octobre 2011
Voir aussi : éolien
Nucléaire: après le tsunami allemand voici la vague belge
Par Raymond Bonnaterre le 31 octobre 2011
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Contre-coup de Fukushima, l'idéologie antinucléaire européenne semble connaître son paroxysme. La Chancelière allemande a déjà fait fermer 8,3 GW de puissance électronucléaire de base, au grand dam des industriels concernés, ramenant ainsi la puissance opérationnelle du parc électronucléaire allemand de 20,3 GW à 12 GW. Compte tenu des réticences des populations allemandes à accepter de nouvelles centrales à flammes et de nouvelles lignes haute-tension il est fort probable que ces 12 GW restant en place seront là encore pour quelques lustres. Les probables ennuis de l'hiver prochain de disponibilité de puissance en Europe évoqués ici dès Mai 2011 et repris depuis par l'excellente Colette Lewiner de Cap Gemini, vont à coup sûr faire réfléchir les esprits avisés. Imaginez que par manque de puissance il faille arrêter ou ralentir la production des usines VW ou BMW! Katastrophe!
Mais voila qu'avec leurs 6 GW de puissance électronucléaire installée, les dirigeants belges amènent leur contribution au débat. Ils veulent eux aussi arrêter la musique. Le problème est qu'ils ne savent pas quand et avec quelles ressources de base remplacer leurs centrales. Alors il faut imaginer les multiples scribouillards de la Commission Européenne paniqués de ne plus avoir un jour d'électricité. Ils délègueront leur patron qui expliquera en plusieurs langues la complexité du choix.
Quand aux tractations nucléaires entre la Gauche française et les écolos tiers-mondistes il ne faut voir là que camouflage en trompe l’œil d'un autre débat beaucoup plus important...celui du nombre de postes de Députés accordés et de maroquins octroyés aux Verts après la victoire imminente de Saint François de Tulle. Un troc sur la base d'un député nouveau par centrale nucléaire conservée semble réaliste.
LIRE le papier de LE VIF.be qui explique très bien la rationalité des non-décisions prises sur le sujet.
Voir aussi : actualités
Echanger du CO2 contre du méthane dans les hydrates...une technologie du futur.
Par Raymond Bonnaterre le 26 octobre 2011
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La créativité des activités humaines n'est pas en panne et le retour à l'état sauvage n'est peut-être pas pour demain. Il est des innovations qui ouvrent de formidables horizons. Les nouveaux modes d'exploitation des gaz de schistes vient en quelques années de rendre caduques bien des prévisions alarmistes annonçant la fin des haricots et du gaz naturel. Mais la vraie révolution viendra peut-être, dans les prochains siècles, de la mise en exploitation des immenses gisements d'hydrates de méthane.
C'est en tous les cas le pari que fait le pétrolier Conoco-Phillips qui, avec l'aide du DOE et du JOGMEC (japonais), prévoit au cours du premier trimestre 2012 de réaliser dans les North Slope de l'Alaska un essai consistant à injecter du CO2 dans les gisements de grès contenant des hydrates de méthane dans le but d'échanger le méthane par du CO2 (FIG.). Ce procédé a été imaginé depuis 2003 par une équipe de l'Université de Bergen en Norvège.
Une autre option qui sera également testée consistera à dépressuriser la zone explorée pour en extraire le gaz.
LIRE le communiqué du DOE sur le sujet et un papier de Conoco-Phillips.
Le 26 Octobre 2011
Voir aussi : énergie fossile
La combustion de lignite sera-t-elle l'alternative énergétique écologique incontournable?
Par Raymond Bonnaterre le 25 octobre 2011
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Décider de stopper la génération électronucléaire d'électricité comme l'a fait la Chancelière Allemande, convaincue de l'urgente nécessité de sacrifier cette technologie pour essayer d'assurer un avenir politique à son parti, n'est pas un geste anodin. Il va nécessiter d'investir dans de nouveaux modes de génération d'électricité de base que seules les centrales à flammes sont à même de produire en larges quantités. Les énergies récupérées à partir des centrales au fil de l'eau ou de la géothermie après fracturation des roches profondes ne conduisant qu'à des quantités d'électricité anecdotiques. Ceci implique de massives importations de gaz naturel (russe), de charbon (australien, africain, américain) ou de consommer l'abondant lignite local afin de sauvegarder la croissance économique du pays.
Le lignite (brown coal), forme intermédiaire du processus de formation du charbon, est très abondant sur Terre (FIG., part rose des camemberts). L'Europe et l'Australie sont en particulier bien pourvues en cette ressource énergétique. C'est donc une source d'énergie qui va être allègrement consommée dans les décennies à venir et qui, de ce fait, mérite une indispensable optimisation des procédés de mise en oeuvre dans les centrales électriques.
La voie à privilégier est celle de la gazéification intégrée à cycle combiné (IGCC) qui permet de faire fonctionner des turbines à gaz (H2 +CO2) à très hautes températures (1600°C aujourd'hui et 1700°C dans dix ans) avec des rendements énergétiques par rapport au gaz injecté dépassant les 60%.
Les grands de la génération électrique (GE, Siemens, MHI, etc.) travaillent activement sur ce sujet. On pourra LIRE une mise au point récente réalisée par le japonais MHI qui montre qu'il est possible de réduire les émissions de CO2 de 1100 kg de CO2 par MWh d'électricité dans les centrales classiques au lignite (rendement autour des 30%) vers des valeurs de 700 kg de CO2 par MWh par ces procédés élaborés (FIG.III). L'IGCC couplée au lignite doit permettre de pouvoir obtenir des rendements et des émissions de CO2 proches de ceux des centrales modernes au charbon.
Une remarque importante: la France ne dispose pas de très grands gisements de lignite. Précautionneusement hostile au gaz de schistes, en cas de décision politique d'un abandon de la filière nucléaire, il ne lui resterait comme solution économique de base que le biogaz issu de la valorisation des déjections de ses nombreux ruminants pour s'éclairer: un vrai retour à la nature. Pompons!
LIRE la mise au point de MHI sur le sujet.
Le 25 Octobre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Le Gouvernement Basque décide d'explorer ses ressources en gaz non conventionnel
Par Raymond Bonnaterre le 16 octobre 2011
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Le Peuple Basque imprégné de sentiments passionnés et de courage ne comprend pas le Pétochard Principe de Précaution, retombée ridicule d'un rigorisme écologique d'une certaine Droite française bigote qui prend plaisir à faire passer dans les textes de lois les idées farfelues et irréalistes des tiers-mondialistes attardés de l'autre bord. L'écologisme politique comme vecteur de prise du pouvoir ne semble pas prévaloir au-delà des Pyrénées. Montaigne puis Pascal nous l'ont déjà appris, la Vérité change de bord entre Hendaye et Irùn sur les flots de la Bidassoa. Ce qui est interdit en France est sponsorisé au Pays-Basque dont les autorités investissent dans la recherche de gaz non conventionnels.
LIRE un papier sur ce sujet.
Le 15 Octobre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Le verbiage à la mode et les faits...un exemple
Par Raymond Bonnaterre le 12 octobre 2011
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auquel on peut ajouter: alors que l'industrie française poursuivait son inexorable croissance...(courbe bleue).
Trouvez la faille!
LIRE le papier de L'Expansion sur les prévisions allemandes 2012...et n'oubliez pas qu'un dirigeant allemand fait généralement profil bas pour établir ses prévisions de croissance. La croissance allemande va être touchée de plein fouet par ses importations d'énergie (électricité, gaz, charbon), raison de plus pour produire plus et exporter plus.
Le 12 Octobre 2011
Voir aussi : actualités
Les biocarburants de deuxième génération passeront par des plants génétiquement optimisés
Par Raymond Bonnaterre le 11 octobre 2011
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Le développement des biocarburants de deuxième génération, utilisant des ressources végétales non utilisées pour l'alimentation des hommes, est pour l'instant un échec retentissant. Les autorités américaines, financièrement les plus impliquées dans cet objectif, découvrent que l'innovation est difficilement planifiable. La raison fondamentale de cet échec réside dans le fait que le bioéthanol obtenu par ces nouveaux procédés est hors de prix du marché en raison des contraintes logistiques de collecte de la ressource végétale, des investissements par m3 d'alcool nécessaires, des coûts des enzymes indispensables à la saccharification, du très faible degré d'alcool dans les bières obtenues qui implique une trop forte dépense d'énergie pour arriver à l'alcool pur. Assez paradoxalement seuls les producteurs de bioéthanol de première génération, comme Poet, vont pouvoir inclure une part de deuxième génération dans leur process en raison d'investissements marginaux et d'obtention par mélange de bières suffisamment concentrées.
L'obtention rentable de biocarburants de deuxième génération va donc nécessiter de développer de nouvelles ressources végétales plus riches en sucres ou en amidon qu'il faudra cultiver sur les terres disponibles. Leur culture devra être compétitive par rapport à celles du maïs, de la cane à sucre ou du manioc qui aujourd'hui constituent les ressources de base du bioéthanol industriel. Que la plante soit ressource alimentaire ou non n'a que bien peu d'importance, ce qui est essentiel est le rendement final d'éthanol par hectare cultivé.
La Science doit donc poursuivre ses recherches pour tenter de développer la ressource végétale idéale qui pousserait sur des sols ingrats et conduirait à des degrés de bières élevés. Un exemple d'optimisation génétique de divers plants (maïs, arabidopsis, brachypodium, switchgrass représentés dans la FIG.) par transfert et sur-expression d'un gène Cg1 du maïs favorisant la formation d'amidon dans la plante est exemplaire pour illustrer cette recherche qui peut-être permettra de détrôner un jour les plants de première génération qui eux aussi progressent.
LIRE un papier de George Chuck et col. sur ce sujet.
Le 11 Octobre 2011
Voir aussi : bio-carburants
CNR et Renault se lancent dans la brocante
Par Raymond Bonnaterre le 10 octobre 2011
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Récupérer des batteries en fin de course pour stocker de façon fiable de l'énergie ...un mythe de brocanteur écolo qui se lancerait dans le bidouillage. Ce n'est pas avec de telles "innovations" dignes du Grenelle que notre pays peut espérer s'en sortir. La résolution du problème du stockage de l'énergie électrique mériterait mieux.
LIRE le papier de Renault sur le sujet
Le 10 Octobre 2011
Voir aussi : véhicules électriques
L'avenir du raffinage en Europe apparaît bien compromis
Par Raymond Bonnaterre le 2 octobre 2011
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La baisse européenne de la demande en produits pétroliers, les éblouissantes marges de raffinage américaines résultant d'un WTI vendu à prix bradé, la volonté des pays producteurs de pétrole (Moyen-Orient, Russie) de mieux valoriser leurs ressources en s'intégrant vers l'aval, la démocratie d'opinion prévalante devant donner le change à la mystique écologique ambiante en taxant les émissions des raffineries encore actives, incitent à imaginer un avenir morose pour l'industrie du raffinage en Europe. L'European Petroleum Industry Association (Europia) vient de publier un document détaillé sur ce sujet qui prévoit une baisse des consommations de pétrole de 11% (seulement) en Europe entre 2009 et 2030 et une capacité de raffinage qui si elle restait d'ici là en l'état, présenterait alors une surcapacité de production de 25%. En termes clairs il faudra selon ce bureau de lobbying professionnel fermer d'ici à cette date, au bas mot 25 raffineries des 96 unités existantes en 2010 (FIG.).
Remarque: une timide baisse des consommations de 11% entre 2009 et 2030 ne représente que 0,6% de baisse de consommation annuelle. Pour l'instant l'EIA entre 2009 et 2012 envisage une baisse des consommations européennes de 0,8% par an. Le paramètre du premier ordre qui déterminera cette vitesse de décroissance sera bien sûr le prix à la pompe des carburants qui minorera la demande et sponsorisera l'offre de biocarburants. On peut imaginer des gouvernements européens à la recherche de recettes de poches taxer gaillardement les carburants dans les années à venir. Quand aux cours du brut à Londres nul ne sait quels sommets ils auront atteint dans 20 ans. Une baisse des consommations de pétrole en Europe autour des 20% d'ici là par rapport à celles de 2009 n'est donc pas impossible.
LIRE l'étude d'Europia sur le sujet.
Remarque pour les peak-oilers angoissés: la vue des réserves ultimes figurant dans ce rapport
et je trouve le petit rectangle vert d'EOR à l'aide d'injections de CO2 vraiment trop étroit. Il faudrait aussi l'actualiser avec les nouvelles connaissances sur les gaz de schistes. Satanas!
Allez pour les ulcérés par tant de mauvaise foi insupportable, une vision plus récente, celle de Mosconi de Total en 2011...encore un siècle de pétrole ou plus...hi!hi!
Et la Mer du Nord britannique après avoir produit plus de 40 milliards de barils équivalents pétrole de liquides et de gaz, bande encore (FIG.)! Le plateau continental assure encore la fourniture de 87% du pétrole et 61% du gaz britannique...formidable avantage économique par rapport à la France. La vitesse de déplétion de ces extractions va dépendre des investissements consentis et donc du prix du baril de pétrole...et des taxes britanniques. Mais il en restera encore dans 30 ou 40 ans.
Le 2 Octobre 2011
Voir aussi : énergie fossile
Bloomberg: l'Amérique regorge de maïs, les experts ont raconté des fables
Par Raymond Bonnaterre le 1 octobre 2011
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"Supplies of corn totaled 1.128 billion bushels as of Sept. 1, the U.S. Department of Agriculture said today in a report, 20 percent more than the average prediction of 24 analysts in a Bloomberg survey" déclarait hier en toute simplicité Bloomberg. Se gourer en moyenne de 20% cela veut dire que certains de ces soi-disant "analystes" racontaient n'importe quoi aux gogos de la place...et que Bloomberg relayait leurs fadaises. Y aurait-il du ménage à faire? L'agence ne le dit pas.
Dans le cadre d'un repli général des prix des commodities, il faut reconnaître que les cours du maïs se sont particulièrement illustrés hier en revenant au-dessous de 6$ le boisseau.
LIRE le papier de Bloomberg sur le sujet.
Le 1er Octobre 2011
Voir aussi : bio-carburants
De l'éthanol à l'isoprène une question de biotechnologie et d'un peu de chimie
Par Raymond Bonnaterre le 30 septembre 2011
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Amyris, partenaire du pétrolier Total, vient de signer un accord avec Michelin pour développer ensemble un procédé d'obtention isoprène "bio" (C5) à partir du farnésène, sesquiterpène (C15) insaturé obtenu à partir de divers sucres par le procédé de biologie synthétique d'Amyris. L'objectif est de commercialiser ce produit à partir de 2015.
Ce Farnésène constitue une formidable alternative à la synthèse de bioéthanol en aboutissant à des composés chimiques de fortes valeur ajoutée (médicaments, kérosène synthétique, additifs pharmaceutiques et produits terpéniques divers). Mais pour réussir cela suppose de poursuivre le développement de matières premières telles que la cane à sucre ou le manioc (LIRE). L’Afrique et l'Amérique du Sud disposent dans le cadre de leur futur développement de larges surfaces pour assurer ces nouvelles cultures et accueillir les usines agricoles associées.
LIRE le communiqué d'Amyris sur le sujet ainsi qu'un précédent papier sur Amyris.
Le 30 Septembre 2011.
Voir aussi : bio-carburants
Les émissions anthropiques de CO2 des pays en développement rendent superfétatoires les efforts de limitation du phénomène
Par Raymond Bonnaterre le 30 septembre 2011
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La Terre relargue naturellement d'immenses quantités de CO2, la vie et les lois physiques veulent qu'elle en absorbe également de larges portions. Ces phénomènes sont très mal quantifiés faute d'instrument de mesure (satellite) qui permettrait d'identifier et de quantifier les puits et les sources de CO2 sur le globe. Nous n'avons donc accès qu'au bilan par les mesures de teneur en CO2 dans l'air et par des mesures localisées du pH des océans (voir l'exposé très modéré de J.P. Gattuso). Par dessus ces phénomènes naturels largement dépendants des conditions climatiques générales, des variations inter-annuelles et de la variabilité régionale qui constituent la variabilité interne de phénomènes climatiques complexes, l'Homme par ses activités largement consommatrices d'énergie fossile et par son obsession existentielle de développement de terres cultivables mais aussi de ressources de bois au travers de massifs forestier vient ajouter un élément de complexité supplémentaire au phénomène (FIG.I).
En 2010 nous dit PBL.NL les émanations de CO2 dues à la combustion des réserves fossiles et à la production de ciment ont atteint dans les 33 milliards de tonnes de CO2 (en unité absconse des climatologues cela correspond, avec le rapport de masse molaire C/CO2 = 3/11, à 9 pétagrammes de carbone). A ce phénomène viennent s'ajouter autour des 10 milliards de tonnes de CO2 liées aux activités agricoles, partiellement compensées par un puits de quelques 8 milliards de tonnes de CO2 correspondant au développement de nouvelles cultures et au reboisement. Il faut donc estimer pour 2010 à 35 milliards de tonnes de CO2 larguées dans l'azur par les activités humaines...5 tonnes par pingouin, aux approximations près des émissions chinoises.
Ces tonnes anthropiques de CO2 viennent annuellement se rajouter au bilan naturel des émissions et des disparitions de CO2 qui n'est pas connu. L'image du seul sort des émissions anthropiques de la FIG.I est donc une vue déformée des phénomènes réels puisque la croissance annuelle du CO2 dans les océans et de celle dans l'atmosphère qui est la plus importante et la mieux mesurée, dépendent à la fois des deux phénomènes.
Une analyse des émissions de CO2 relatives aux combustions de ressources fossiles et à la production de ciment montre une large divergence des comportements entre les pays en voie de développement et les pays industrialisés (FIG.II). Alors que les émissions de CO2 de ces derniers sont globalement stables autour des 15 milliards de tonnes, celles des pays en développement sont devenues majoritaires et connaissent une croissance continue de 900 millions de tonnes par an depuis 2002.
De telles données illustrent combien il est illusoire de vouloir stabiliser les émissions anthropiques mondiales de CO2 dans les années à venir.
Il faut donc juger les milliards de dollars ou d'euros consacrés à la réduction des combustions de ressources fossiles d'énergie dans les pays développés sous l'angle de la préservation de ces ressources et non pas de la quasi négligeable réduction des émissions de gaz carbonique.
Un exemple: ratiociner à perte de temps sur les biocarburants en invoquant la réduction ou l'accroissement des émissions de CO2 ne présente aucun intérêt, ce sont les économies en carburants fossiles qui sont le paramètre pour juger de la pertinence de cette activité.
Un autre exemple, l'enfouissement de quelques milliards de tonnes de CO2 n'aura de sens écologique et économique que s'il permet d'accroître le taux de récupération d'hydrocarbures (EOR) des puits de pétrole en voie d'épuisement.
Tout green-business n'a de sens que s'il est d'abord un business rentable et non subventionné (ou non défiscalisé). Il en est peu qui satisfassent pour l'instant à ces deux critères simples.
Taxer les émissions de CO2 ou la circulation des camions a autant de sens que de taxer les fenêtres ou la circulation du sel. C'est un faux-nez pour instaurer une taxe de plus qui va alimenter en précieux euros des administrations en charge du recouvrement de la taxe et dépenser de coûteux investissements pour traquer (tracking) les assujettis. Ceci se traduira en France par un accroissement des prix des transports correspondant à un tiers environ du prix du carburant (12 centimes/km environ)...et donc à une nouvelle perte de compétitivité de notre économie.
Remarque: Un accroissement d'un tiers des prix à la pompe du gasoil aurait été beaucoup plus efficace que ce nouvel impôt débile, en effet il aurait au moins incité les transporteurs à demander aux constructeurs des camions énergétiquement plus efficaces.
LIRE le bilan annuel des émissions de CO2 de PBL.NL
LIRE une synthèse récente sur ces émissions anthropiques axée sur le LUC.
Le 30 Septembre 2011
Voir aussi : Réchauffement Climatique
La faiblesse de la demande européenne bouleverse le marché mondial du photovoltaïque
Par Raymond Bonnaterre le 28 septembre 2011
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Après un ample mouvement de mystique écologique de certains pays européens vers le photovoltaïque, subventionné par un mécanisme régressif diabolique de Feed-in-Tariff qui consiste à faire payer les subventions par les consommateurs d'électricité les plus pauvres, ceux qui ne peuvent pas installer des modules solaires sur le toit d'une maison qu'ils ne possèdent pas, se fait jour un mouvement de retour à plus de réalisme. Il est illustré par la réduction des montants des subventions et/ou le plafonnement des autorisations d'installation, un chamboulement complet du secteur. Le repli de la demande tel que la baisse de 69% des installations allemandes au mois de Juin de cette année (669 MW) par rapport à celles reportées 12 mois auparavant (2109 MW), conduit à une surcapacité de production des modules dans le monde, à un effondrement des cours du composant électronique qu'est un module photovoltaïque et à la domination des fournisseurs chinois qui peuvent casser les prix en raison de la supériorité évidente du Communisme dans la conversion de la lumière en énergie électrique, ce qu'avait probablement prédit le grand Mao Sait Tout.
Tout ceci s'accompagne d'un mouvement d'accroissement des stocks de modules(LIRE), du dépôt de bilan des plus faibles ou de la fermeture irréversible d'ateliers (REC).
Cette histoire montre que la création artificielle d'activités par des mécanismes de subventions mal calibrées et faussant ridiculement les lois du marché, peut conduire à des gamelles industrielles retentissantes. L'histoire de notre pays regorge de tels exemples de rentes éphémères. Le soi-disant green business, ne disposant plus autant qu'auparavant de la manne étatique, va contribuer à faire grossir ce bilan.
LIRE le papier de Bloomberg sur les difficultés allemandes dans ce secteur.
Le 28 Septembre 2011
Voir aussi : solaire
Commerce extérieur allemand: lente mais inexorable baisse du taux de couverture
Par Raymond Bonnaterre le 17 septembre 2011
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Les dirigeants de la France prévoient pour cette année un solde négatif du commerce extérieur de notre pays autour des 75 milliards d'euros alors que l'Administration centrale, nous dit-on, n'en aurait budgété que 48 milliards. Formidable perspicacité de nos énarques qui devraient consulter plus souvent le Blog Énergie.
En contrepoint, le commerce extérieur allemand soutenu par une rigoureuse maîtrise des salaires et un savoir-faire industriel remarquable est réputé pour sa vigueur et son dynamisme. Le solde du commerce extérieur allemand ressort à 155 milliards d'euros sur 12 mois à fin Juillet.
Cependant un examen attentif du taux de couverture de ce commerce extérieur allemand depuis 2004 montre que ce ratio entre exportations et importations à tendance à décroître (FIG., courbe noire pointillée).
Cet indicateur d'une plus forte croissance relative des importations allemandes traduit pour une part la croissance de la dépendance énergétique de ce pays envers l'extérieur. Les importations de pétrole, de gaz russe, de charbon sud-africain et américain, d'électricité française rognent le robuste solde des échanges. Il va bien falloir payer les fantaisies éoliennes, photovoltaïques et antinucléaires de dirigeants démagogues en perte d'opinions favorables.
C'est ainsi que pour le premier semestre 2011 Destatis publie une croissance des importations allemandes de 16,4%. par rapport à celles du même semestre 2010, alors que les exportations se sont accrues de 15,7%
Il faut même noter les importations allemandes en provenance de France qui se sont accrues de 15% en un an au second trimestre (+2,3 milliards d'euros). Les bons volumes d'électricité électronucléaire diabolique importés de France sur le trimestre (solde de 2,9 TWh contre 0,2 TWh un an plus tôt nous indique RTE) en sont pour une part la cause.
CONSULTER en détail les chiffres de Destatis.
Le 17 Septembre 2011
Voir aussi : actualités
L'Europe à deux vitesses: un exemple
Par Raymond Bonnaterre le 16 septembre 2011
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...en nombres de voitures vendues.
CONSULTER les détails chiffrés sur les fichiers xls de l'ACEA
Le 16 Septembre 2011.
Voir aussi : actualités
Amérique du Nord: production de 1,2 million de voitures au mois d'Août
Par Raymond Bonnaterre le 15 septembre 2011
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La santé de l'industrie automobile en Amérique du Nord est un paramètre important dans l'orientation de la conjoncture économique américaine. La production entravée ces mois derniers par la faiblesse des productions locales des acteurs japonais (Toyota, Honda, Nissan et Mitsubishi) en manque de composants en provenance du Japon, a enregistré durant le mois d'Août un quasi retour à la normale de l'activité. Les productions des marques nippones au mois d'Août ont atteint 313 mille exemplaires en retrait de 5,5% seulement par rapport à celles de l'an dernier. Les productions locales en dollars des acteurs allemands (VW, Daimler et BMW) en progression de 43% avec 96 mille exemplaires produits sur le mois ont profité de leur politique d'investissements.
Les productions globales nord-américaines ont dépassé 1,2 million d'exemplaires au mois d'Août dont les deux-tiers aux USA (FIG.). Cette progression de 9,8% sur le mois par rapport à il y a un an et de 8,6% en cumulé depuis le début de l'année permet d'anticiper une bonne croissance des productions de voitures en Amérique du Nord en 2011 malgré les perturbations d'approvisionnements de composants japonais. Ces bons chiffres de progression devraient se retrouver dans les statistiques du PIB américain du troisième trimestre.
CONSULTER les données en détail.
Le 15 Septembre 2011
Voir aussi : actualités