"Qualité Environnementale des Bâtiments", en route vers les indicateurs de performance

Filmm L’isolation des bâtiments est devenue un enjeu majeur avec les contraintes écologiques contemporaines. En effet, une bonne isolation est synonyme de nombreux avantages, à la fois sur le plan économique avec une facture de chauffage moindre et sur le plan environnemental  grâce à la diminution des émissions de CO2.

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L'USDA prévoit une campagne record pour l'offre et la demande de maïs dans le monde

Par Raymond Bonnaterrele 21 juin 2011 | (2) Commentaires | Permalink

 S'il existe une demande soutenue pour une matière agricole donnée, l'histoire nous apprend que les prix, s'ils sont librement établis, ont tendance à monter incitant les paysans à favoriser cette culture pour améliorer leurs revenus. L'offre par une progression monotone des rendements et une modulation ou un accroissement des surfaces plantées s'adapte ainsi à la demande.

Récoltes maïs et blé

 Un exemple simple consiste à comparer les récoltes mondiales depuis 50 ans de blé et de maïs. Sensiblement identiques entre 1960 et 2000 où elles avaient l'une et l'autre triplé durant la période, le monde a vu durant les années 2000 les récoltes de maïs s'accroitre plus rapidement que celles observées durant les décennies précédentes. Ce phénomène s'est déroulé en particulier aux États-Unis, tiré par la demande des distilleries de biocarburants qui vont utiliser en 2011 dans les 120 millions de tonnes de maïs (4,8 milliards de boisseaux) mais restitueront au marché des nourritures animales, sous forme de protéines humides ou sèches, pour près d'un tiers de ce maïs utilisé (DDGs). Les prévisions de l'USDA américaine pour la campagne 2011-2012 confirment cette tendance à la croissance des récoltes puisqu'elle prévoit aujourd'hui la meilleure récolte mondiale de maïs à 866 millions de tonnes (335 aux USA) ce qui correspond à une croissance de 5,5% par rapports aux 821 millions de tonnes de l'année précédente.

 En parallèle l'USDA prévoit une forte augmentation de la demande de maïs à 872 millions de tonnes (+3%) tirée en particulier par la demande chinoise qui doit nourrir ses milliards d'animaux d'élevage.

 Ces données de production et de consommation seront naturellement sujettes à de nombreuses corrections futures en fonction des conditions climatiques et des possibilités de substitutions d'un type d'aliment animal par un autre en fonction des prix de marché. Mais ceci n'empêche pas les Goldman Sachs et autres Morgan Stanley d'agiter le drapeau rouge de la pénurie et de prédire un maïs à 9$ le boisseau, alors qu'il est retombé dernièrement, en phase avec le pétrole et le redressement du dollar, vers les 7$ à Chicago. Les charognards sont toujours là et faire peur au gogo pour qu'il apporte son fric leur est toujours profitable.

LIRE les prévisions de l'USDA américaine du mois de Juin. LIRE dans Bloomberg les magouilles des Banques citées.

Le 21 Juin 2010

Voir aussi : bio-carburants


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Réflexions sur un avenir énergétique incertain et complexe

Par Raymond Bonnaterrele 19 mai 2011 | (11) Commentaires | Permalink

 Il est une évidence: si l’espèce humaine n’a pas entre-temps disparu, les énergies fossiles seront un jour épuisées. Mais il en est également une autre qui nuance l’affirmation précédente: nul ne sait, pour chacune d’entre ces sources d'énergies, jusqu’à quelle date et à quel rythme se déroulera cette fin annoncée. En effet entre abondance et épuisement quasi-total, le monde passera durant les décennies et les siècles prochains par diverses phases de pénurie et de tensions plus ou moins vives qui agiront sur les prix et pèseront sur la demande. Elles induiront des progrès dans l’efficacité énergétique des processus, des phénomènes de substitution compétitive entre les diverses formes d’énergie, elles pousseront les industriels à une meilleure exploitation des ressources existantes identifiées, les inciteront à accroître leurs efforts de prospection dans des zones hostiles (Arctique) ou interdites à ce jour (grande part de l'offshore américain) et de mise en valeur de ressources « non conventionnelles » par des technologies innovantes. L’utilisation intensive de la biomasse devenue largement rentable soulagera avec ses ersatz (bioéthanol, biodiésel, biogaz, bio-oil, pellets et autres) la demande finale en énergies fossile.

Peak-oil  La généralisation au monde du concept régional de «Peak-oil», par ailleurs formidable outil de Marketing, est une représentation naïvement simplifiée et figée d’une réalité beaucoup plus complexe et évolutive qui ne cessera de s’adapter grâce aux progrès technologiques, à des conditions d’un marché de l’énergie en constante évolution. Depuis que le concept de peak-oil a été avancé le bioéthanol et le biodiesel ont prouvé leur complémentarité avec les carburants classiques dont les prix ont quintuplé en dollars courants, des ressources d’huiles non conventionnelles au Venezuela puis dans l’Alberta on été mises en valeur, de nouvelles ressources de pétrole offshore ont été découvertes dans le Golfe du Mexique, en Afrique puis au Brésil à des profondeurs inattendues, les techniques de forage horizontal avec ou sans fracking, parfois couplées à l’injection de CO2 (EOR) a fait faire un pas décisif dans le taux d’extraction de ressources classiques (Californie) et non conventionnelles (gaz et huiles de schistes), les véhicules hybrides et électriques sont produits industriellement, la conversion du gaz naturel en produits pétroliers (GTL du Qatar) est devenue une activité hautement lucrative. La liste n’est pas exhaustive et pendant cette lecture les innovations et les adaptations se poursuivent.

 La notion de «transition énergétique» manipulée par la vision écologique actuellement en vogue, laisse accroire que le monde va passer en quelques décennies d’un temps diabolique de mauvaises pratiques polluantes à une ère de pureté écologique faite d’eaux courantes, de vents bienveillants et de soleil. Cette nouvelle forme de croyance réinvente le Ciel et l’Enfer, elle dit ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, elle prédit des apocalypses climatiques qui viendront punir les impies qui ont abimé la Nature, elle utilise toutes les formes de propagande et d’intimidations, rappelant parfois de temps plus obscurs, pour imposer son idéologie romantique, vision schématique et dangereuse du monde.

 Dans la réalité cette soi-disant transition miraculeuse n’aura pas lieu. Le monde va vivre sous la contrainte économique et politique de longues phases successives d’adaptation de l’efficacité énergétique des processus et de son mix énergétique, avec des solutions différentes selon la démographie, la géographie et le climat des régions examinées. Ce futur mix évoluant au cours du temps, nul ne sait le prédire en détail mais il va être composé d’un cocktail de lignite, de charbon, de gaz conventionnels ou non (jusqu’aux hydrates de méthane), de pétrole conventionnel ou non, de nucléaire de diverses génération à base de fission ou de fusion, de biomasse, d’hydraulique, d’éolien de plus en plus offshore, de solaire photovoltaïque ou thermique et autres formes d’énergie extirpées des entrailles de la Terre, des vagues et des courants marins.

 La proportion au sein du mix de chacune des formes dépendra de l’accès aux ressources locales, des prix de marché, des applications évolutives à satisfaire et marginalement des choix politiques (interdictions, règlements, quotas, subventions, taxes, tarifs préférentiels, etc.) qui favoriseront telle ressource et défavoriseront telle autre. Pour d’évidentes raisons, les choix dans la composition du cocktail de la Norvège, de l’Arabie Saoudite ou de la Chine ne seront pas identiques.

Ces évolutions du bouquet énergétique de chacune des nations se dérouleront selon des processus qui ne pourront guère s’éloigner d’un optimum économique local. Il est une chose de vouloir alimenter un réseau électrique avec 90% d’énergies intermittentes, il en est une autre que de le financer (subventions, tarifs préférentiels, etc.) accompagné d’une multitude de dispositifs redondants (stockages onéreux, gestion aléatoire des puissances appelées au travers de Smart-Grids, ressources traditionnelles sous-utilisées en secours pour éviter les délestages intempestifs, etc.) destinés à pallier l’instabilité intrinsèque d’un tel réseau. En raison de ces contraintes économiques il faudra toujours assurer un minimum de puissance de base à ces réseaux électriques. Cette base fait appel aujourd’hui au charbon, au gaz naturel, au nucléaire, à l’hydraulique au fil de l’eau et marginalement à la géothermie. Elle s’enrichira peut-être un jour de fission nucléaire ou beaucoup plus tard encore de possibles exploitations de l’énergie solaire en orbite géostationnaire… là où il fait toujours soleil.

 Un autre exemple schématique est donné par les hypothèses d’utilisation de l’hydrogène «propre» (non issu du gaz ou du charbon) qui apparaissent aux yeux de certains comme la solution pour demain. Un certain grand Ayatollah moustachu de l’écologie française nous prédit des poids lourds mus par l’hydrogène d’ici à quelques années. Il oublie, s’il l’a un jour appris, que cet hydrogène pour être propre ne pourra provenir que de la dissociation d’un corps composé parmi les plus stables sur notre planète: l’eau. Il faudra donc fournir beaucoup d’énergie pour dissocier l’eau puis pour isoler, laver, comprimer, stocker et transporter le gaz dihydrogène si volatil. Lors de son utilisation, la thermodynamique nous apprend qu’une part de l’énergie récupérée se retrouvera sous forme thermique, difficilement valorisable sur un véhicule. Pour ces raisons physiques et thermodynamiques l’hydrogène s’avère être un très mauvais vecteur énergétique (dans les 30% de rendement s’il est «propre», 40% s’il est produit à partir de gaz naturel) en comparaison avec les lignes électriques couplées à des batteries (autour des 75% de rendement)…pas de bol! Il faut donc prévoir, avant ces hypothétiques camions bouffeurs d'hydrogène, de futurs poids lourds et autres bus hybrides alimentés au gasoil, au gaz naturel ou avec des mélanges essence-éthanol présentant des consommations de l’ordre de 20 litres de gasoil aux cent kilomètres ou équivalent, cela semble beaucoup plus réaliste.

 En contrepartie il est possible d’attribuer un avenir majeur au vecteur électrique dans un monde qui va s’urbaniser et dont la population va vieillir. Aujourd’hui la moitié de la population mondiale (3,5 mrds) est urbaine, en 2045 les spécialistes démographes estiment que les deux-tiers des terriens (6 mrds) seront urbanisés le plus souvent dans de grandes agglomérations. Les transports de masse (métro, train, tramway) seront largement électrifiés, le conditionnement d’air et la maîtrise de l'humidité des appartements fera appel à des pompes à chaleur réversibles, les équipements de communication et de loisirs consommeront cette énergie, les équipements de transport individuels (vélo, scooter, voiture) seront le plus souvent électriques, les infrastructures urbaines (éclairage, balisage, feux, publicité, etc.) feront appel à l’électricité. Il faut donc imaginer un monde futur aux consommations énergétiques quasi constantes puis décroissantes, mais avec une part d’énergie électrique distribuée croissante. Une telle évolution sera favorable à la nécessaire substitution compétitive des sources d’énergies. Citons par exemple l’abandon du pétrole dans l’alimentation des centrales électriques, l’arrivée massive du gaz naturel abondant (gaz de schistes) et donc peu onéreux qui percutera la domination du charbon dans certains grands pays asiatiques (Chine sûrement, Inde peut-être), la valorisation des déchets lignocellulosiques comme combustibles ou transformés en biogaz, l’arrivée de nouvelles centrales nucléaires économes en matières fissiles, plus modulables et plus sûres.

 Dans le domaine des transports, ce qui ne sera pas électrique fera de plus en plus appel à des biocarburants devenus moins onéreux que les dérivés du pétrole. Ceci suppose des investissements massifs dans le développement agricole et le financement d’usines rurales de valorisation de la ressource des pays les plus pauvres (Amérique du Sud, Afrique, Asie). Selon les climats la cane à sucre, le maïs ou le manioc pourront par exemple mener au bioéthanol en utilisant la totalité de la plante (amidon et lignocellulose) dans des conditions économiques raisonnables.

Il n’y aura pas de transition énergétique, mais adaptation continue du mix énergétique intégrant les contraintes économiques et parfois politiques du moment. L’Europe va vivre en temps réel une telle expérience avec l'Allemagne qui veut quitter le nucléaire, ressource énergétique de base précieuse. Il sera utile de voir combien de lignite, de charbon, de gaz supplémentaires vont être mobilisés pour compenser cette disparition à ce jour désirée. L'exemple japonais d'adaptation sera également instructif à suivre.

Le 19 Mai 2011


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La Chine veut accroître sa production d'alcool de manioc en utilisant la totalité de la ressource

Par Raymond Bonnaterrele 10 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink

Cassava  Le manioc avec des récoltes mondiales de 241 millions de tonnes en 2009 (FAO) est le deuxième tubercule le plus cultivé après la pomme de terre. Le Nigeria, la Thaïlande, le Brésil, l'Indonésie, la RDC en sont les grands producteurs mondiaux. La Chine avec 4,5 millions de tonnes produites en 2009 ne se classait qu'au treizième rang des pays producteurs selon la FAO, mais il semblerait selon d'autres sources que ces volumes se soient fortement accrus en 2010 (près de 12 millions de tonnes?) et qu'ils soient également complétés pour les utilisations chinoises, par des importations en provenance de Thaïlande (4,5 millions de tonnes). Il est à noter une particularité sur la destination du manioc chinois: l'utilisation des céréales telles que le maïs, pour alimenter de nouvelles unités de production de bioéthanol ayant été interdite depuis 2007, les industriels chinois se sont tournés vers le manioc, riche en amidon, comme matière première de base de production de bioéthanol.

  L'objectif actuel de la Chine qui en 2010 a produit 2 millions de tonnes d'alcool (44 mille barils/jour) serait de porter sa production à 10 millions de tonnes d'alcool en 2020 (220 kbl/jour) ce qui lui permettrait de généraliser une essence à 5 ou 6% d'éthanol à cette date. Nul doute que cet objectif sera revu à la hausse pour au moins atteindre les 10% du mélange E10 ou plus pour le E15.

 C'est la raison fondamentale qui justifie l'annonce par la société britannique TMO Renewables, de la signature de deux accords de développement avec des Groupes chinois de process de production d'alcool de deuxième génération à partir des tiges et des déchets de production du manioc.

 Tout comme les feuilles et tiges de maïs ou la bagasse issue de la transformation de la cane à sucre, les lignocelluloses associées à la culture du manioc doivent participer à la production d'alcool au travers d'usines agricoles manipulant les deux procédés: celui de première génération utilisant l'amidon et celui de deuxième génération utilisant les déchets lignocellulosiques.

 Le premier contrat de TMO consiste à installer dans une usine du chinois COFCO qui produit déjà 4400 barils/jour d'éthanol à partir de manioc dans la province du Guangxi, une branche de deuxième génération qui utilisant les déchets agricoles de cette culture permettra d'accroitre la production d'alcool de 15%.

 Le second contrat signé avec le grand pétrolier CNOOC porte sur la construction d'une usine située sur un site de 60 mille hectares également dans le Guangxi, qui devrait récolter 1,6 millions de tonnes de manioc et autant de sous-produits. Cette usine agricole avec deux types de procédés de première et deuxième génération devrait produire 3900 barils/jour d'alcool (180 mille tonnes/an).

 Le plant de manioc (tubercule, tiges et feuilles), après celui de maïs et la cane à sucre devrait devenir à terme une importante ressource mondiale de biomasse destinée à la production de bioéthanol dans le monde au travers de procédés valorisant la totalité de la plante.

 Il faut imaginer un marché mondial de l'éthanol vers les 4 millions de barils/jour en 2020 en ne négligeant pas les développements des productions en Asie et en Afrique.

LIRE le communiqué de TMO Renewables sur le sujet.

Le 10 Mai 2011

 

Voir aussi : bio-carburants


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Quelles sont les conditions nécessaires pour que le bioéthanol devienne un carburant majeur dans les transports

Par Raymond Bonnaterrele 8 mai 2011 | (4) Commentaires | Permalink

 L'utilisation comme carburant du bioéthanol provenant de la fermentation du sucre issu de la cane à sucre, de la saccharification de l'amidon de maïs et autres céréales ou d'essais de transformations plus complexes des ligno-celluloses connaît depuis une dizaine d'années une forte croissance en particulier au Brésil et aux États-Unis. Par exemple dans ce grand pays les consommations de bioéthanol ont été multipliées par huit en dix ans pour atteindre 863 mille baril par jour en 2010. Mais l'utilisation de cet ersatz de l'essence a été consommé essentiellement en mélange à hauteur de 10% (E10) à l'essence dans les véhicules conventionnels. Dans les années à venir ce mélange sera supplanté par le mélange E15 qui a reçu l'agrément de l'EPA pour les véhicules les moins anciens, d'après 2001. Assez paradoxalement l'utilisation du mélange riche en alcool qu'est le E85, ne connaît qu'un succès d'estime. L'EIA considère que sur la dizaine de millions de véhicules en circulation en 2009 susceptible de brûler du mélange E85 (Flex-Fuel) il n'y en avait qu'un peu plus de 500 mille qui roulaient effectivement avec ce mélange, les autres, largement majoritaires, ne consommant que de l'essence. Les consommations de E85 n'ont atteint qu'un ridicule 71 millions de gallons en 2009, une fraction de millième de la consommation d'essence (134 milliards de gallons). En 2010 il semblerait que les consommations de E85 se soient accrues en particulier dans l'Iowa ou le North Dakota. Une large et progressive utilisation du mélange E85 dans les véhicules Flex-Fuel américains est donc une des clés pour voir le bioéthanol devenir une ressource énergétique majeure dans les transports. Pour cela il faut que ce mélange devienne accessible et proposé au juste prix.

USA-E85-pompes
  L'accessibilité du mélange E85 passe par l'installation de pompes à essence distribuant divers mélanges essence-alcool. Si l'on excepte la poignée d’États de la Corn Belt située à l'Ouest et au sud des Grands Lacs qui comptent chacun quelques centaines de pompes à essence, dans tout le restant du pays les pompes distribuant le E85 sont rares (FIG.I). Pour l'ensemble du territoire il y en avait dans les 2600 en début 2010 sur un total de 160 mille pompes. L’Administration américaine a décidé d'aider par des prêts ou des garanties à l'installation de 10 mille pompes "mélangeuses" supplémentaires.

 L'autre point majeur est le prix. La combustion de l'éthanol conduit à une densité énergétique de 21,1MJ/litre qui est égale à 61% de celle de l'essence. Le bioéthanol dénaturé par l'ajout de 3% d'essence et qui est coté à Chicago présente donc une énergie spécifique de 62% de celle de l'essence. Tout conducteur américain sait donc que l'autonomie d'un plein d'essence avec du E85 (23,1 MJ/litre) sera 30% plus faible que celle d'un plein réalisé avec du E10 (33,3 MJ/litre). Il ne fera le plein en E85 que si le prix de vente de ce carburant est nettement inférieur à celui de l'essence. Or la différence entre les prix de l'alccol dénaturé et celui de l'essence dépend de bien des paramètres que sont les cours du pétrole, les marges de raffinage, les cours du maïs, etc. Il faut également tenir compte de la subvention fédérale de 50 cents par gallon d'éthanol dénaturé utilisé en mélange dans les raffineries. Un examen du ratio entre les cours de l'éthanol à Chicago et ceux de l'essence à New York montre qu'il varie fortement au cours du temps (FIG.II, courbe rouge) et que le seuil de neutralité énergétique de 62%, subvention de 0.5$ comprise (FIG.II, courbe violette), n'est pas toujours satisfait.

  USA-ratio-alcool-gasoline
 Le mélange E85 était financièrement avantageux entre Mars et Août 2010 avec un cours très bas de l'alcool, il l'est devenu à nouveau dernièrement malgré les cours dynamiques du maïs, grâce à la flambée des cours de l'essence. La vente du mélange E85 est donc encore un marché aléatoire qui dépend des cours relatifs de l'essence et de l'alcool. Ceci n'est pas de nature à inciter les distributeurs à investir dans de nouvelles pompes sophistiquées à 120 mille dollars pièce.

 Il ressort donc de ces considérations que la demande potentielle américaine en biocarburants est loin d'être satisfaite à ce jour et ne le sera pas non plus dans les années à venir où 90% des véhicules neufs classiques seront règlementairement équipés de l'option Flex-Fuel.

Pour voir croître la demande en bioéthanol il apparaît donc nécessaire:

1- de voir les prix de l'essence à la pompe poursuivre leur progression. N'oublions pas que ces prix sont indexés sur ceux du Brent à Londres depuis que le Marché du WTI à New York est devenu un Marché de seconde importance (Depuis la signature par Obama l'été dernier de la réforme Dodd-Franck de Wall Street la spéculation est plus à l'aise à Londres). La composante géostratégique des cours du Brent peut annihiler en quelques séances les derniers soubresauts à la baisse du pétrole enregistrés ces derniers jours et pilotés par Goldman-Sachs.

2- de désensibiliser les prix de revient de l'alcool des cours du maïs et du sucre en introduisant dans les procédés des boucles annexes utilisant les feuilles, tiges et autres bagasses qui permettront d'accroître de 30 à 50% les volumes d'alcool produits à récoltes constantes, une telle évolution devrait avoir lieu dans la décennie à venir sous l'impulsion de Poet et des grands pétroliers concurrents.

3-de mettre à profit l'accroissement des volumes d'alcool pour réduire encore les coûts de process (eau, énergie) et de logistique (pipeline).

4- de créer un Marché international de l'éthanol en supprimant les droits de douanes américains,

5- de démocratiser les cultures et les usines agricoles par des transferts de technologies vers les pays les plus pauvres (Amérique du Sud, Afrique).

Plus vives seront les tensions sur le pétrole et plus rapidement la part des biocarburants dans les transports s'accroîtra.

LIRE le point de l'EIA sur les carburants alternatifs en 2009 .

LIRE un bon papier sur le sujet.

Le 8 Mai 2011

 

 

Voir aussi : bio-carburants


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Miniaturiser le procédé Fischer-Tropsch pour application à des unités de faibles capacités

Par Raymond Bonnaterrele 24 avril 2011 | (1) Commentaires | Permalink

 Les procédés Fischer-Tropsch qui consistent à dégrader radicalement avec de l'eau une ressource organique (biomasse, charbon, gaz naturel ou biogaz) en un mélange de gaz CO et H2 (syngas ou gaz à l'eau), puis à recomposer catalytiquement des paraffines à partir de ce mélange pour ensuite par cracking catalytique produire des carburants et autres produits pétroliers, souffrent tous d'une contrainte: la taille gigantesque des installations et des investissements. Il suffit de se reporter aux énormes investissements réalisés par le Qatar avec Shell pour s'en convaincre.

GTL-Oxford-Catalyst 

 Cependant il existe de nombreux cas où la miniaturisation du procédé serait une opportunité. C'est le cas par exemple de la valorisation des gaz associés à l'exploitation de gisements pétroliers qui sont soit brûlés par torchage soit réinjectés dans le sous-sol. C'est le cas des projets qui désireraient transformer la biomasse en carburants (BTL) qui se heurtent au problème insoluble de logistique d'approvisionnement des millions de tonnes de biomasse qui seraient nécessaire pour alimenter une unité industrielle. C'est le cas général pour tout gisement modeste de gaz éloigné d'un réseau de gazoducs ou d'un port équipé d'une unité de liquéfaction.

 Oxford Catalyst dispose d'une technologie (Velocys) qui repose sur la mise en œuvre de réacteurs compacts (FIG.I) composés de canaux de faibles sections (microchannel) dont les parois sont revêtues de catalyseurs. Cette technologie permet de réduire les temps de réaction et donc de miniaturiser les équipements. Après plusieurs années portant sur la mise au point et l'optimisation des procédés, associée aux japonais Toyo Engineering et Modec, filiale du Groupe Mitsui,  Oxford Catalyst annonce le démarrage de la construction d'une unité de démonstration dans une raffinerie de Petrobras au Brésil. Cette unité composée d'un Steam Methane Reformer (SMR) produisant le mélange gazeux et d'un réacteur Fischer-Tropsch conduisant à des paraffines devrait être opérationnelle au mois de Septembre pour entreprendre une campagne de validation de neuf mois.

 A terme l'objectif est d'équiper une plateforme flottante (FPSO) de ce type d'équipements pour transformer le gaz en un mélange de paraffines qui serait ensuite valorisé avec le pétrole brut extrait. Rappelons que ce sont 150 milliards de m3 ou 5% du gaz naturel produit dans le monde qui sont brûlés annuellement dans les torchères selon les estimations réalisées à partir des observations par satellites (TAB.). La Russie, l'Afrique et le Moyen-Orient sont les grands acteurs du torchage dans le monde.

Torchage-GE-2011c

En parallèle, Oxford Catalyst gère des projets de Biomass To Liquid en Autriche et de production de bio-kérosène aux États-Unis.

Pour en savoir plus il faut consulter une description des procédés et des projets, mais aussi une excellente vidéo qui illustre l'architecture et le fonctionnement des réacteurs.

Le 24 Avril 2011

 


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Biocarburants: le maïs va fournir également de l'huile pour biodiesel

Par Raymond Bonnaterrele 14 avril 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Poet-huile-maïs   Les biocarburants sont mal vus des intégristes verts qui nous dirigeront peut-être un jour. Pas assez bios! Pasteur aux chiottes, la fermentation des sucres, la saccharification des amidons...c'est pas propre, ça pollue, ça émet du CO2...même si c'est pour la limonade des enfants. Le maïs c'est pour les tortillas cuites au feu de bois et bourrées de piments qui remplaceront l'entrecôte, parce que manger du steak c'est gaspiller de l'eau. On plantera du riz sur le Plateau des Millevaches...de toutes façons les vaches ça pollue aussi, au biogaz, faudrait capter, trop complexe alors on interdit. Tout le monde "Veg", les éleveurs français en stage dans le delta du Mékong, pour sauver le monde et plus de carburants bios ou pas bios...surtout pas ceux des schistes, interdits, même pas à explorer, tabou obscurantiste...vont tout de même pas voter ça, en procédure accélérée des mauvais coups, le mois prochain au Sénat... nos Grands Sages élevés au petit-lait de la Philosophie des Lumières.

 Excusez-moi, je cauchemardais, c'est l'âge! Tout cela pour vous annoncer la nouvelle qui va vous enthousiasmer: à partir des cultures de maïs les industries agricoles américaines produisent non seulement de l'éthanol par fermentation de l'amidon des grains, ainsi que des aliments pour animaux (DDGS) à partir des protéines, 30% en masse de la graine, mais aussi, c'est la dernière, ils envisagent de valoriser l'huile de maïs pour la transformer en biodiesel. C'est ainsi que Poet, le premier producteur d'éthanol américain, annonce que grâce à son procédé low-energy (cold-cook) de fermentation il va pouvoir récupérer l'huile de maïs par un nouveau procédé. En mettant en place cette récupération dans toutes ses usines américaines qui produisent annuellement 1,7 milliard de gallons d'alcool (110 mille barils/jour) il va pouvoir récolter suffisamment d'huile pour la production de 60 millions de gallons de biodiesel. Ce sont donc 3,5% de biocarburants à forte densité énergétique qu'il faudra ajouter au bilan. En parallèle chez Poet ils envisagent de produire de l'alcool par saccharification de la cellulose d'une partie des tiges et des feuilles de maïs, ce seront alors au moins 30% de plus d'alcool qui seront produits à cultures constantes...ils savent pas quoi imaginer pour embêter les Verts et développer leur filière ces red-necks. Ils sont même prêts à troquer les subventions aux raffineries contre une aide à l'extension des pompes à essence proposant les mélanges à la demande, c'est vous dire!

 L'EIA dans son Short Term Energy Outlook du mois d'Avril prévoit pour cet été que les véhicules américains brûleront 912 mille barils/jour d'éthanol (9,8% de l'essence en volume) et 46 mille barils/jour de biodiesel (un peu plus d'un pour-cent du gasoil consommé). Les biocarburants (2 millions de barils/jour en 2011 dans le monde), devenus largement compétitifs par la flambée des cours des produits pétroliers, vont constituer une des ressources énergétiques importantes dans les années à venir, c'est pour cela que les Pétroliers (Valero,Total, Shell) s'impliquent de plus en plus dans la filière, en particulier pour les deux derniers, dans l'exploitation de la cane à sucre au Brésil. Des avancées déterminantes pour la filière comme la production de kérosène à partir d'alcool ou la production d'alcool à partir de bagasse sont encore à mettre en place. L'extension à l'Afrique et à l'Asie de ces pratiques seront également déterminantes.

LIRE le communiqué de Poet.

Le 14 Avril 2011

Voir aussi : bio-carburants


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Relation entre progression des biocarburants et productions mondiales de céréales

Par Raymond Bonnaterrele 9 avril 2011 | (2) Commentaires | Permalink

 Une des convictions largement partagées par nos contemporains veut que la production de biocarburants à partir de l'amidon de certaines céréales (maïs américain essentiellement) vient s'imputer sur une production mondiale aléatoire de céréales destinées initialement à l'alimentation humaine ou animale et marginalement à des applications industrielles. Il suffit pour partager cette conviction de se reporter à l'infographie publiée par le New York Times (FIG.) intitulée sans équivoque  "Diverting Food to Fuel" ou Détournement de la nourriture en carburant.

Grains-pour-biocarburants

"Plus que jamais, dit le texte, les céréales n'ont été utilisées pour produire des biocarburants plutôt que de fournir de la nourriture. Cette tendance a démarré en 2004 pour atteindre en 2010 une proportion de 6% de céréales utilisées pour les biocarburants. Ce détournement est un facteur contribuant à la montée des prix alimentaires". C'est clair, c'est sans bavure, en une décennie 120 millions de tonnes de céréales sur 370 millions ont produit des biocarburants...à part que cette présentation est trompeuse et que les ratios doivent être précisés. En effet durant la campagne 2009/2010 c'est un total mondial produit de 2200 millions de tonnes qui ont été produites comme l'indique l'échelle en rouge que j'ai rajoutée à la droite du graphique initial.

 Il est alors possible de réaliser une lecture totalement différente de ce graphe que je vous propose et qui, vous allez le voir, est beaucoup plus complexe mais moins écologiquement correcte. On peut en effet constater qu'entre 2000 et 2010 la production mondiale de céréales s'est accrue de 370 millions de tonnes pour atteindre 2200 millions de tonnes en 2010. Ceci correspond à une croissance de 20% en une décennie soit une progression annuelle moyenne de 1,86%. Cette croissance selon la FAO (LIRE un papier précédent sur ce thème) est due à la fois à la croissance des rendements (+13%) et des surfaces cultivées (6%). Cette croissance des productions de céréales, très vive à partir de 2003/2004, correspond à la montée en puissance de l'utilisation du maïs américain pour produire des biocarburants. L'existence d'un nouveau débouché industriel sûr et en croissance pour le maïs américain a incité les paysans locaux à étendre leurs cultures, à améliorer leurs procédés et à accentuer leur sélection des hybrides les mieux adaptés aux conditions locales (LIRE le papier sur la culture du maïs aux États-Unis). Ils ont ainsi participé à une croissance des productions de céréales dans le monde jamais égalée sur une décennie.

Maïs-monde

 Pour étayer cette vision des faits, il suffit d'examiner les croissances de rendements et de surfaces récoltées de maïs dans le monde durant ces vingt dernières années publiées par la FAO (FIGII). Il apparait que les rendements de ces cultures croissent régulièrement (+39% en 19 ans soit une moyenne annuelle de 1,7%) et que les surfaces récoltées ont fortement augmenté entre 2002 et 2009 passant de 1,37 millions de km2 à 1,60 millions de km2, impact évident du développement de l'utilisation du bioéthanol comme additif dans les carburants. Ce sont 225 mille tonnes de maïs de plus qui ont été produites annuellement entre 2000 et 2009 dont la moitié a alimenté les distilleries d'alcool.

 Il est à noter que 120 millions de tonnes rapportées à 2200 cela fait 5,5% des récoltes de céréales, mais aussi que de ces 5,5% près d'un tiers de la charge sont retrouvés sous forme de DDGS (Dryed Distiller Grains) qui correspondent à la part de protéine de la graine qui n'est pas utilisée pour produire du sucre puis de l'alcool. Ces DDGS sont devenus en quelques années une source importante d'alimentation protéinée du bétail, porcins et autres gallinacées. Ils sont sur le point d'égaler même à l'export US les tourteaux de soja (Voir les courbes comparées sur DTN). Il en résulte que la vraie part de céréales en 2010 qui a participé à la production de bioéthanol correspond à 70% de ces 5,5% soit quelque chose autour des 4% et non pas 6% comme affirmé dans le placard militant du N Y Times. Ces 4% correspondent à un peu plus de deux ans de croissance des productions de céréales dans le monde.

 En conclusion les besoins futurs en céréales dans le monde devront intégrer la production croissante de biocarburants substituts économiques et devenus indispensables des dérivés du pétrole. Une croissance globale prévisible de la demande en céréales en progression de 20% d'ici à 2020 sera satisfaite par l'accroissement continu des rendements et l'augmentation des surfaces cultivées comme cela a été montré dans un des papiers précédents et réalisé au cours de la décennie 2000-2010. Les céréales serviront à nourrir les hommes, les animaux domestiques ou d'élevage, à produire des biocarburants pour les transports et du biogaz dans certains pays comme l'Allemagne. Dure tâche, mais exaltante et rémunératrice pour les paysans du monde qui seront, espérons-le, de plus en plus africains, indonésiens ou américains du sud et seront aussi satisfaits d'eux qu'un riche paysan du Middle-West ayant rentré et vendu à terme sa récolte de maïs. Le développement d'une large partie de l'Afrique et de l'Amérique intertropicales passera par le développement de l'agriculture. C'est le bon côté humain du Land Use Change qui fait tant frémir les écolos de l'EPA. Accroitre les cultures dans les pays en développement serait-il soudainement devenu un acte criminel? Lisez bien tous les articles dénonçant le développement des terres africaines, indonésiennes ou américaines. Vous-y décèlerez souvent la thèse à la mode qui veut qu'elles devraient rester en friches au nom d'une vision romantique de la Nature cautionnée par d'incertaines émissions de CO2. Allez, il reste encore au moins trois bons millions de km2 dans le monde disponibles pour produire céréales et autres oléagineux qui apporteront nourriture et énergie au monde.

Surfaces-récoltes-monde-FAO

 La totalité des surfaces récoltées dans le monde, tous produits alimentaires confondus au sens de la FAO, a connu à partir de 2003 une subite accélération imputable à l'arrivée de grands pays en développement dans la course à la consommation mondiale (FIG.III). Ces surfaces se sont accrues d'un million de km2 en quelques années. Bien entendu, un tel processus qui continue à se dérouler ne peut s'accomplir qu'avec des tensions dans les flux et des excès dans les cours des produits agricoles. Attribuer ces phénomènes en priorité aux biocarburants, même s'ils y participent, me semble bien léger comme thèse.

Indice-prix-denrées-alimentaires Remarque: les spécialistes annoncent en ce début Avril une probable baisse des cours du maïs après ceux du sucre des huiles et du blé (FIG.IV). En effet l'USDA vient d'annoncer une stabilisation inattendue des stocks de maïs américains pour 2011 en raison de la compensation de la hausse des consommations prévue pour les biocarburants par une baisse estimée des consommations pour l'alimentation des animaux. Les éleveurs américains vont utiliser de moins en moins le maïs devenu trop cher et vont le remplacer par du blé plus abondant cette année.

Le 9 Avril 2011

Voir aussi : bio-carburants


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Etats-Unis: les consommations d'essence poursuivent leur décrue

Par Raymond Bonnaterrele 6 avril 2011 | (2) Commentaires | Permalink

 Le mois de Janvier dernier qui avait vu les prix de l'essence à la pompe franchir le seuil psychologique des 3$/gallon aux États-Unis a affiché une consommation d'essence en décrue par rapport à celle du mois de Janvier 2010 (EIA). Depuis les prix de l'essence sur le Nymex se sont envolés puisque depuis le début du mois de Janvier les cours de l'essence se sont accrus de 31%, alors que le WTI a pris 18% et le Brent 28%. L'histoire de l'impact des prix sur la consommation de carburants dans le monde n'en est qu'à ses débuts.

Quelque faits pour illustrer ces propos:

1- le mois de Janvier est historiquement (hors ouragans sur le Golfe) celui où la consommation d'essence est la plus faible aux États-Unis (FIG.I):

Conso-essence-US

2- le suivi des consommations d'essence des mois de Janvier, après les fêtes du mois précédent, traduit le besoin de base de ce carburant pour assurer un trafic routier "utile" aux États-Unis. Cette consommation est passée par un maximum de 8,9 M barils/jour en Janvier 2007 (FIG.II, courbe rouge). Depuis elle ne cesse de décroitre (8,4 M barils/jour en Janvier 2011).

Conso-essence-US-Jan

3- pour porter jugement sur le prélèvement de pétrole il faut tenir compte des gains de process en carburant dans les raffineries américaines (1 point de % par an tous les dix ans) et surtout de l'addition d'éthanol qui, en ce début 2011, a atteint les 9% en volumes (6% en énergie). Dans les faits, la consommation maximum de la fraction pétrolière de l'essence (FIG.II, courbe verte) est donc passée par un maximum de 8,6 M barils/jour les mois de Janvier 2005 et 2006 pour ensuite décroitre jusqu'à 7,7 millions de barils/jour en Janvier 2011, ancien niveau de Janvier 1999.

 Cette courbe verte en vive décroissance, rend évident l'intérêt de la production de bioéthanol aux Etats-Unis, tant décriée par certains écolos-rétro de l'EPA aux yeux rivés sur quelques tonnes de CO2 de plus ou de moins dans l'azur liées à d'hypothétique transferts de cultures (LUC). Les biocarburants n'ont qu'un impact marginal sur les émissions de GHG, par contre ils en ont un essentiel sur la consommation de produits pétroliers, en particulier aux États-Unis. C'est la raison essentielle qui pousse l'Administration Obama à encourager la diffusion de la distribution de ces biocarburants sur le territoire américain. Ceci passe par la généralisation de la mise en place de pompes à essence qui distribuent le mélange à la teneur en éthanol désirée (97%, 15% ou 10% selon le type et l'âge du véhicule). Ces pompes vont être subventionnées (LIRE le dernier discours du Président Obama).

4- mais tout cela n'empêche pas les cours du pétrole Brent en Europe, devenu le benchmark mondial, de nous "rejouer 2008" avec trois ans de décalage (FIG.III):

° les liquidités sont abondantes grâce aux "quantitative easing" de la FED et autres carry-trade sur le Yen,

° l'évidence du peak-oil imminent de 2008 a été remplacée par celle des troubles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord,

°la montée des cours gèlent des stocks physiques qui attendent des cours meilleurs pour se débloquer,

°les économies mondiales se sont en trois ans une fois de plus désensibilisées aux cours élevées du brut ce qui rend possible un nouveau record de prix, encore plus élevé que le précédent, avant le futur plongeon "post-bulle".

Cours_Brent

 En conclusion: la montée des cours du pétrole et de l'essence devrait poursuivre son effet dépressif sur les consommations américaines et mondiales de carburants. En parallèle les biocarburants devenus moins onéreux que les équivalents pétroliers devraient poursuivre leur prise de part de marché. Mais ceci n'est pas de nature à empêcher cette croissance des cours du brut en Europe, animés par des considérations géopolitiques et spéculatives sur fond de gel des stocks.

Le 6 Avril 2011


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Comparaison des rendements de conversion du rayonnement solaire en biocarburants

Par Raymond Bonnaterrele 16 mars 2011 | (0) Commentaires | Permalink

 La progression des rendements agricoles et l'extension des surfaces cultivées dans le monde doit à la fois permettre de nourrir l'humanité, de lui apporter des boissons gouleyantes plus ou moins alcoolisées, d'élever les animaux (d'élevage ou de compagnie) et de fournir les matières de base à la production de biocarburants. Les progressions observées jusque là dans l'accroissement des rendements agricoles et la disponibilité de larges surfaces de terres cultivables indiquent que ces objectifs peuvent être atteints dans les décennies à venir (LIRE le papier précédent sur ce sujet). Les investissements financiers et humains nécessaires à leur réalisation, s'accompagnent d'un accroissement du niveau de vie des populations paysannes concernées, ce qui généralement les motive.

 La production de biocarburants est presque toujours présentée comme une activité incompatible avec les impératifs alimentaires. Bien sûr tout cela est fait à la serpe et le plus souvent dans les moments de montée des cours totalement manipulés des produits agricoles de base (sucre, oléagineux et autres céréales). L'extension des cultures dans les zones sous-développées est présenté comme une menace émanant du CO2, les sous-produits protéinés de l'industrie des biocarburants destinés à l'alimentation animale ne sont que rarement pris en compte dans les bilans. Ils représentent cependant plus d'un quart du maïs entrant dans les raffineries dont seul l'amidon de la graine est utilisé pour produire l'éthanol.

Biocarburants rendements

 Pour essayer de comparer les rendements et les contraintes des diverses cultures utilisées dans la production de biocarburants il est important de bien préciser la filière utilisée et la localisation de ces cultures. En effet de larges progrès restent à accomplir selon les latitudes plus ou moins favorables à un type de culture et défavorable à l'autre. La cane à sucre, le palmier sont leaders dans la zone intertropicale. Inversement le maïs sera plus à l'aise dans des zones tempérées humides comme la Corn Belt américaine. Opposer les uns aux autres pour des raisons de rendements comparés n'a parfois que bien peu de signification pour un paysan.

Huile de palme  En termes de rendement énergétique (TAB.I) c'est la culture du palmier à huile en Indonésie ou en Malaisie qui détient le record avec des rendements pour les nouveaux hybrides pouvant atteindre 9800 litres d'huile à l'hectare (Sime Darby). Pour une irradiance au sol estimée autour des 6000 MJ/ha/an dans ces pays (par comparaison aux 7460 MJ/ha/an à El Paso ou aux 7242 MJ/ha/an dans le sud de l'Espagne) l'énergie contenue dans la seule huile correspond à 0,6% de l'énergie annuelle du rayonnement au sol. Ce faible rendement provient tout d'abord du fait que 50% du rayonnement n'est pas actif pour la photosynthèse et qu'une large partie est utilisée en évaporation d'eau et en chauffage du sol et de l'environnement. Enfin une part est destinée à la croissance de la plante. Pour comprendre le succès des plantations de palmier durant les trente dernières années (TAB.II) qui a suivi la progression de consommation de corps gras par individu (elle a plus que doublé entre 1975 et 2009) on se reportera à l'excellent papier de Hubert Omont paru récemment. On y apprendra que les industries des biocarburants consomment 1% des productions d'huile de palme dans le monde. Un procédé comme celui de Neste Oil, Groupe très innovant et injustement décrié, n'utilise pour charger ses réacteurs conduisant au biodiesel ou au biokérosène, que 50% d'huile de palme, l'autre part de la charge est constituée de graisses animales, de stéarine et de divers acides gras sous-produits de la production d'huile de palme (voir le communiqué de Neste Oil).

 La culture intensive qui suit l'ordre des rendements est celle de la cane à sucre avec des rendements qui atteignent 8000 litres d'éthanol par hectare et par an en utilisant uniquement le sucre de cane. Cette industrie va devoir évoluer, comme le fait l'industrie d'alcool de maïs américaine, vers un procédé mixte de première et de deuxième génération utilisant à la fois le sucre mais aussi la bagasse et les feuilles comme matières premières. D'après les spécialistes de la CNAA brésilienne les volumes annuels d'éthanol atteindraient alors 14000 litres à l'hectare. C'est une voie intéressante pour désensibiliser les prix de revient de l'éthanol à celui des cours du sucre.

 Enfin vient le maïs dans le trio de tête qui avec 4200 litres d'éthanol à l'hectare sous des climats plus froids comme celui de l'Iowa ne s'en tire pas si mal. L'introduction par Poet d'une boucle cellulosique utilisant les feuilles et les tiges va permettre d'accroître le rendement d'alcool à l'hectare d'au moins 30%.

 Ces quelques chiffres montrent que l'industrie agricole des biocarburants n'en est qu'à ses débuts. Elle va devoir croître en rendements produits à l'hectare et en surfaces de cultures tout en restant compatible avec l'accroissement des besoins alimentaires mondiaux. Une voie pour la rendre plus aisément compatible avec cet objectif fondamental est de supprimer les subventions accordées aux raffineries qui mélangent les biocarburants aux dérivés du pétrole de plus en plus onéreux. Les volumes de biomasse introduits dans les raffineries de pétrole deviendraient subitement plus sensibles aux coûts des matières premières agricoles et seules les unités de production de biocarburants les plus performantes pourraient poursuivre leur chemin.

 Les biocarburants représentent en volume aujourd'hui dans le monde autour des deux millions de barils/jour, demain avec des volumes de l'ordre de huit à dix millions de barils/jour ils deviendront indispensables à l'approvisionnement énergétique de la planète. Leur potentiel de croissance est sous-estimé par les Agences et les Groupes pétroliers. Ils mésestiment l'impact des prix du pétrole sur l'attractivité des ersatz moins onéreux. S'il y a une demande rentable le monde agricole produira plus. L'exemple des huiles de palme dont les volumes mondiaux produits ont été multipliés par neuf en trente ans illustre cette conviction.

Le 16 Mars 2011

Voir aussi : bio-carburants


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Quelques évidences pour essayer d'infléchir la politique énergétique de la France

Par Raymond Bonnaterrele 26 février 2011 | (7) Commentaires | Permalink

Parler de politique énergétique de l'Europe c'est hurler au milieu du désert, c'est se heurter à l'incompétence profonde de ceux qui gèrent les institutions européennes, faute de structures dédiées à la collection des données, à la compréhension des grandes tendances et à la réflexion pour imaginer le futur. Devant ces profondes carences institutionnelles européennes il est nécessaire de réduire le champ de réflexion au seul domaine de la France qui pourrait servir de modèle. Alors quelles sont les évidences qui doivent servir de base à l'élaboration d'une telle politique énergétique?

1- Il faut accélérer la réduction de la consommation en produits pétroliers de notre pays:

 La facture de la France en 2010 s'est élevée à 9,5 milliards pour les produits raffinés et à 26,6 milliards pour le pétrole brut (LIRE). Elle sera à coup sûr bien supérieure en 2011 (prévoir entre 30 à 50% d'augmentation semble à ce jour réaliste). Les opérateurs du Marché du pétrole et produits dérivés ont compris qu'un dirigeant allumé libyen, responsable d'une production marginale au niveau mondial, pouvait subitement faire flamber les cours. Tous ces évènements récents vont conduire durablement à des cours pétroliers d'une très grande variabilité avec une tendance longue à la hausse, processus démarré depuis 2004 où le baril valait 40 dollars.

France-conso-fioul-gasoil

 Il va donc falloir très rapidement arrêter de brûler du fioul dans les chaudières domestiques ou industrielles de notre pays. Avec 13,6 millions de tonnes, la consommation de fioul domestique en 2009 a représenté près de 17% des 80,9 millions de tonnes de produits pétroliers consommés en France (FIG.). Alors arrêtons les primes à la cuve et autres mesures débiles. Il est et il va devenir de plus en plus abscon d'un point de vue économique de brûler du pétrole pour se chauffer. Comment accélérer la transition vers un chauffage sans pétrole dans notre pays vers la biomasse, le gaz naturel ou l'électricité intelligente sous forme de pompe à chaleur? Tel devrait être un des problèmes de nos dirigeants.

 Une autre voie est de développer l'utilisation des biocarburants soit en les produisant sur place (la jachère européenne obligatoire n'a plus cours depuis 2009) soit en les important. Mieux vaut alimenter nos véhicules en éthanol brésilien ou américain qu'en essence issue de pétrole moyen-oriental. Le passage au E15 (essence à 15% d'éthanol) ferait économiser 10% de la consommation d'essence du Super 95 qui a représenté 6,5 millions de tonnes de consommations en 2009. Le biodiesel et le biokérosène provenant de corps gras aujourd'hui, de sucre (Amyris) et autres biomasses demain doivent être également encouragés. Le débat surréaliste sur les "Land Use Change" induites par le déplacement des cultures et la réduction des émissions de CO2 par les biocarburants est sans aucun intérêt. Les biocarburants sont des ersatz de produits pétroliers et sont de ce fait très utiles. Demain ils deviendront indispensables.

 Bien sûr dans les transports routiers il faut encourager la transition vers les véhicules hybrides (VL et PL) en réduisant règlementairement les délais nécessaires aux constructeurs pour atteindre de plus faibles émissions moyennes de CO2. Les émissions de CO2 de la France dans les transports n'ont que bien peu d'effet sur le climat de notre planète mais elles auront un effet de plus en plus destructeur sur la facture pétrolière. Réduire les émissions de CO2 c'est maîtriser notre facture pétrolière, impôt payé pour les Princes arabes. Il ne faut plus parler tonnes de CO2 (d'ailleurs qui sait peser le CO2) mais milliers d'euros dépensés. Allez, je vais vous donner la clé: lorsque vous achèterez du gasoil à 1,5 euro le litre à la pompe, du pot d'échappement de votre voiture s'échappera du CO2 qui vous reviendra à 563 euros la tonne (LIRE) ce qui rend bien insignifiante la défunte taxe carbone qui devait s'élever à 30 euros la tonne.

 Le Groupe Peugeot-Citroën améliore sa solution micro-hybride avec la deuxième génération qui consiste à coupler à une traction diesel un alterno-démarreur (Valeo) alimenté par deux supercapacités 2,7V; 1200F (Maxwell) et d'un booster électronique (Continental) montés en parallèle sur une batterie au plomb de 70Ah. Après tout pourquoi pas s'il réduit les consommations de gasoil de ses voitures de 10 à 15% en cycle urbain. Mais il faudra que ce Groupe accède également aux solutions full-hybrides, rechargeables ou non, avec batterie au Lithium pour voir réellement baisser les consommations de ses véhicules les plus prestigieux dans un premier temps. Les constructeurs allemands ne sont guère mieux lotis avec un considérable retard par rapport à Toyota et Honda sur l'hybridation. Mais la volonté de réussir et de rattraper le retard de plus d'une décennie est évidente.

Rouler dans une voiture hybride diesel ou alimentée par de l'essence E15 est la solution pour faire encore baisser les consommations moyennes en produits pétroliers des véhicules vendus en France.

 La réduction de masse de ces véhicules doit faire l'objet de grands développements impliquant les producteurs de matériaux composites. Les marques allemandes de prestige (BMW, Mercedes), larguées sur ce point, ont affiché leur volonté de progresser en s'alliant avec les grands industriels des matériaux composites américains et japonais (LIRE).

 La voiture électrique promue par Nissan-Renault participera au rythme des capacités de production des batteries dans le monde, à cet effort de réduction des consommations. Peugeot allié à Mitsubishi Motors devrait également tirer son épingle du jeu dans le domaine. Les constructeurs français plutôt largués au départ avec des véhicules électriques hideux d'un autre âge, ont finalement bien réagi pour aborder la future transition électrique dans de bonnes conditions.

2- la France doit participer à la promotion d'un marché libre mondial du gaz naturel et favoriser l'utilisation de cette ressource abondante:

 Les marchés de gaz naturel étalés sur plusieurs décennies négociés avec des clauses d'indexation des cours sur ceux du pétrole doivent être interrompus. La soi-disant sécurité d'approvisionnement que ces contrats confèreraient à notre pays doit être remise en cause. La meilleure des sécurités consisterait plutôt à disposer de nombreux fournisseurs dans le monde. La facture pour la France en 2010 s'est élevée à 11,3 milliards d'euros en augmentation de 8% alors que les cours mondiaux du gaz avaient baissé. Il y a du gaz naturel partout dans le monde sous forme de ressources classiques onshore ou offshore, sous formes de gaz de houille (coal bed methane ou grisou), de tight gas (gaz dans des matériaux peu poreux) ou de gaz de schistes. Dans un siècle ou deux ce seront les hydrates de méthane qui seront exploités. La liquéfaction de ces gaz et leur transport par méthaniers en fait une matière première énergétique mondiale de premier plan qui peut être livrée dans n'importe quel port pour peu qu'il soit aménagé pour les accueillir (la regazéification pouvant être réalisée à terre ou à bord de certains bateaux les plus modernes). Le gaz naturel est la forme d'énergie primaire du siècle en raison de son prix abordable, de sa large disponibilité et de sa combustion peu polluante dans des turbines à très hautes températures.

La France avec sa large façade maritime se doit donc d'équiper un nombre suffisant de ports pour pouvoir acheter des chargements de gaz naturel sur le Marché libre. En parallèle elle doit se désengager rapidement de contrats d'approvisionnement à long terme indexés aujourd'hui dépassés. L'abandon du projet de port méthanier du Verdon en Gironde, dans le but naïf de faire plaisir au josébovéisme à l'approche d'élections, a été une grande bêtise économique de ceux qui nous dirigent.

Remplacer une partie du fuel domestique consommé aujourd'hui par du gaz naturel tel doit être l'objectif. La construction d'une douzaine de centrales électriques au gaz naturel à cycle combiné permettrait également de moins importer de puissance électrique en pointe en provenance de chez nos voisins européens. Le solde des échanges positif d'un milliard d'euros enregistré en 2010 pourrait être multiplié par deux ou trois et participer ainsi à la croissance du PIB de notre pays.

 Les poids lourds équipés d'une double source embarquée de gasoil et de gaz naturel (voir Volvo Trucks) peuvent constituer une première alternative de réduction des consommations de produits pétroliers. En ville des bus hybrides alimentés au gaz naturel comprimé constituent une solution élégante (voir Hyundai).

 Plus tard, lorsque l'Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne auront démontré qu'on peut extraire des gaz de schistes du sous-sol sans danger majeur pour l'environnement, alors notre pays gaulois pourra s'assoir sur ses préjugés et tenter d'en découvrir dans son sous-sol. Le ciel ne lui tombera pas sur la tête. Au préalable il faudra modifier la loi pour que les paysans français puissent toucher des royalties sur les gaz extraits, seule solution pour contrer le précautionnisme ambiant.

3-La France doit moderniser et actualiser ses solutions électronucléaires:

Après le développement et l'industrialisation pénible et mal emmanchée de son nouveau générateur franco-allemand EPR, la France se doit de développer des modèles moins "lourds" de générateurs électronucléaires. Le développement commun du générateur 1000 MW ATMEA entre Mitsubishi Heavy (MHI) et AREVA est une formidable opportunité pour enrichir la gamme et surtout pour obtenir une estampille asiatique, zone du monde où seront implantés 90% des réacteurs du futur. Il ne faut pas être grand clerc pour découvrir que le futur du nucléaire mondial sera japonais (Toshiba, Hitachi, MHI), coréen (Hyundai, Samsung) et chinois. Dans un tel contexte le concept "d'équipe de France du nucléaire" ressort de la plaisanterie de peuplades rustiques et attardées de tout à fait en haut et à gauche de la Carte du Monde du XXIème siècle (FIG.).

Pacific-rim

Il aura fallu à ceux qui nous dirigent plusieurs années pour comprendre l'importance de cette diversification (voir MHI). Espérons que MHI ne sera pas découragé par tant d'hésitations.

4-et présenter une grande sélectivité dans les Energies renouvelables:

Jeter l'argent du contribuable ou taxer le client d'EDF, ce qui est la même chose, par les fenêtres fussent-elles écologiques n'est pas pertinent. Les énergies renouvelables avec la montées des prix des énergies primaires trouveront toutes un jour leur break-even. En attendant les subventions massives attribuées à ces ressources faussent le marché et créent des rentes de situation qui n'ouvrent que bien peu de perspectives à long terme.

Pour les biocarburants de première génération issus du sucre ou du maïs ils ont presque atteint ce break-even, à condition que les cours des denrées de base reviennent à des niveaux raisonnables. L'utilisation de procédés mixtes utilisant une partie des tiges et des feuilles de maïs (Poet) devrait faire assez rapidement atteindre à ces procédés leur seuil de rentabilité sans aucune subvention. Les productions américaines sont à la pointe sur ces procédés et il faut s'en inspirer. Une opportunité pour ces produits: le biokérosène qui sera la seule voie efficace pour le transport aérien de respecter ses objectifs de réduction d'émissions de CO2. Les Compagnies aériennes seront prêtes à payer plus cher leur carburant pourvu qu'il ait l'estampille "bio".

 Pour l'éolien, la faible puissance surfacique du procédé impose en Europe de déplacer la ressource en mer. L'accroissement des puissances des turbines vers les 6 MW puis vers les 10MW devrait permettre d'aller friser des prix de revient du MWh raisonnables à condition de ne pas trop s'éloigner des côtes, en raison des prix dissuasifs des lignes HVDC acheminant le courant. Ces lignes peuvent être amorties par l'achemineur ou le distributeur de courant et non par l'exploitant des éoliennes. Séparer la production d'électricité de l'acheminement et de la distribution de courant électrique apportera de la souplesse aux financements de ces ressources. Il n'est donc pas urgent de développer d'immenses projets offshore en France. Il faut donner les moyens de R & D aux acteurs locaux (AREVA-MULTIBRID et Alstom) de mener à bien les développements de leurs futures éoliennes de plus de 6MW, mais il n'est pas évident que Siemens leur laissera le temps nécessaire pour faire tranquillement leurs développements industriels. Ils risquent de n'être que de piètres "nice followers" toujours en retard d'une génération.

 Pour le photovoltaïque il est nécessaire de définir un cahier des charges d'un module de faible coût et de très forte puissance qui permettrait de réduire les coûts d'implantation des modules (LIRE). Un objectif "tout compris raccordé au réseau" d'un euro par watt semble raisonnable. Les techniques CIGS sont susceptibles de permettre d'atteindre cet objectif avec des productions automatisées. En France c'est Saint-Gobain qui tient la corde avec sa filiale allemande Avancis et son alliance coréenne. Là aussi, il faut aider ce Groupe en R & D pour qu'il puisse développer des modules de très forte puissance (>240W) mais il n'est pas urgent de recouvrir notre pays de modules photovoltaïques hors de prix. La France a importé en 2010 pour plus d'un milliard de ces modules.

Remarque: devant les progrès du photovoltaïque, le solaire thermique ne semble présenter qu'un intérêt marginal. Il pourrait éventuellement être couplé à des centrales au gaz naturel par exemple.

Consulter les consommations annuelles françaises de produits pétroliers INSEE

Le 25 Février 2011


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