Vouloir faire de l'éthanol de maïs et avoir des idées ne sont pas incompatibles!
Par Raymond Bonnaterrele 28 mai 2009 |
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Construire une ferme-usine pour produire 87 millions de litres d'éthanol par an à partir de maïs, pour élever avec les résidus de distillation 10000 jeunes bovins et 2000 vaches à lait, produire du méthane par fermentation anaérobie du purin de ces bovidés, générer au travers d'une centrale à gaz 7,5 MW de puissance électrique et une partie de l'énergie thermique nécessaire à l'ensemble du process, tel est l'ambition des patrons de Farmer's Ethanol qui, après cinq ans de réflexion et de recherches sur les méthodes susceptibles de transformer en profondeur l'industrie de l'éthanol, veulent construire leur première unité industrielle dans l'Ohio. L'objectif économique est de désensibiliser cette industrie aux cours variables du maïs et de l'éthanol par une commercialisation d'une grande palette de produits comprenant outre l'éthanol, de l'huile de maïs, du CO2, des boeufs, du lait, de l'électricité, des engrais. Mais aussi en utilisant le moins possible de gaz naturel venant du réseau pour alimenter l'ensemble en énergie.
Il faut espérer que ce projet va trouver son financement et les aides de l'Administration nécessaires pour aboutir. Ce serait une bonne leçon donnée aux écologistes de saloons qui essaient à tout prix, même avec des chiffres erronés, de nuire à une filière qui poursuit sa progression vers plus d'efficacité énergétique.
ACCEDER au site de Farmer's Ethanol.
Le 28 Mai 2009
Voir aussi : bio-carburants
Voitures hybrides et biocarburants: même combat!
Par Raymond Bonnaterrele 10 mai 2009 |
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Vinod Khosla, sorte de Bernard Tapie indien qui aurait réussi en affaires, est un riche monsieur qui investit des sommes limitées (quelques millions ou dizaines de millions de dollars) dans des spin-off de laboratoires ou de petites start-up qui manipulent des concepts innovants en particulier dans le domaine des énergies vertes (éolien, solaire thermique, photovoltaïque ou biocarburants). Réputé comme étant très ouvert à ce qui est innovant, il possède un formidable carnet d'adresses et fréquente de nombreux centres de recherches et développement dans le monde, ce qui lui permet d'être le leader mondial en terme d'essaimage dans les nouvelles technologies de l'énergie. Dans les seules énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, il possède près de 40 participations dans des Sociétés les plus diverses (FIG.).
Khosla est un passionné de biocarburants de deuxième génération dont il plaide la cause avec beaucoup de talent. Il considère l'éthanol de maïs comme une sympathique plateforme de lancement des futurs procédés de deuxième génération. De plus, trouvant, à juste titre, inéquitable le mauvais procès qu'on fait aux biocarburants, il l'oppose aux louanges dont jouissent les véhicules hybrides japonais (Toyota et Honda) en faisant remarquer que le coût de réduction des émissions de CO2 par les véhicules hybrides est très cher comparativement à celui des biocarburants. Il en déduit, bien sûr, que c'est la voie biocarburants qu'il faut favoriser, si l'on veut s'attaquer au coeur du problème, la solution hybride étant réservée à une frange la plus riche et la plus snob de la clientèle mondiale. La Nano n'est pas hybride!
Il faut savoir que ce débat conflictuel entre biocarburants et voiture hybride n'est pas nouveau aux USA. C'est celui qui a pendant longtemps permis aux Trois Grosses de ne pas se lancer dans l'aventure du moteur hybride, trop complexe, laissant ainsi la voie libre aux constructeurs japonais.
Opposer les deux filières me semble être un mauvais débat, totalement stérile puisque les deux solutions hybrides et biocarburants convergeront un jour, feront aisément "la synthèse" dirait-on dans un certain Parti politique.
De nombreux arguments plaident pour la généralisation progressive de la technologie hybride:
- C'est un procédé d'amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules. La partie d'énergie récupérée au freinage ou en descente est énergétiquement gratuite.
- La généralisation de la technologie est lancée. Les uns après les autres les constructeurs possédant la maîtrise technologique affirment que de larges pans de leurs gammes seront hybrides dans le futur. Toyota annonce une Yaris Hybride pour contrer Honda par les coûts sur le marché US, on ne sera plus alors véritablement dans le haut de gamme.
- Le Marketing automobile lance les innovations dans le haut de gamme puis les généralise, plus ou moins vite, vers le bas de gamme, au fur et à mesure des réductions de coûts. Depuis Wright en 1925, il est connu que les coûts industriels décroissent linéairement avec le logarithme des productions cumulées. Les Japonais sont vers deux millions d'exemplaires produits, que sera le coût à 20 millions ou 200 millions de voitures hybrides produites? Honda a bien lancé le mouvement des réductions de prix avec l'Insight, il ne va pas s'arrêter.
- Les Indiens n'en resteront pas à la Nano, tout comme les Français ne sont pas restés à la 2CV Citroën de 1949.
La mise à disposition de biocarburants de plus en plus riches en alcools issus de la filière agricole décidée par l'Administration Obama, n'est nullement incompatible avec la généralisation des solutions hybrides. Rien n'interdit d'imaginer un véhicule Plug-in hybride (hybride rechargeable) avec une réserve de carburant en E85 (85% d'alcool) et il est évident que les responsables du marketing automobile proposeront ces solutions qui présenteront des émissions de CO2 proches de zéro.
LIRE le papier de Vinod Khosla contre la Prius.
VOIR et écouter Khosla sur le sujet des énergies renouvelables.
Le 10 Mai 2009
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Voir aussi : bio-carburants
L'Administration Obama veut multiplier par quatre les productions américaines de biocarburants
Par Raymond Bonnaterrele 6 mai 2009 |
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S'il est un domaine où le Président Obama poursuit la politique de son prédécesseur c'est celui des biocarburants. En 2008 la production de biocarburants américaine a été de 9 milliards de gallons d'éthanol de maïs et de 650 millions de biodiesel. Les raffineries américaines consomment en ce moment 600 mille barils par jour de fuel éthanol qui sont mélangés à l'essence. Une très faible part, de l'ordre de 5% est importée. Ce chiffre est à rapprocher au 8,8 millions de barils/jour d'essence consommés par les Etats-Unis. L'éthanol représente donc 7% en volume de la consommation américaine d'essence. Le Secrétaire du Departement de l'Agriculture, Tom Vilsack, ayant affirmé que le Président Obama voulait que les biocarburants soient une "part intégrante de l'économie américaine", s'est réuni avec Steven Chu et la patronne de l'EPA Lisa P. Jackson, le trio des biocarburants ou Biofuels Interagency Working Group.
De cette réunion est sortie la décision, en conformité avec l'Energy Independance and Security Act de 2007, de l'Administration Bush, que la production de biocarburants américaine serait portée à 36 milliards de gallon en 2022 soit 2,4 millions de barils/jour. L'objectif est donc de multiplier par quatre en 12 ou 13 ans les volumes de biocarburants produits aux Etats-Unis. Le mix indiqué aujourd'hui donne la part du lion à l'éthanol (31 milliards de gallons), ouvre la porte aux biocarburants avancés comme les butanols (4 milliards de gallons) et ne prévoit qu'une croissance limitée des productions de biodiesels (1 milliard de gallons) mais il a largement le temps d'évoluer au profit des nouveaux biocarburants, moins polaires et donc plus miscibles à l'essence que l'éthanol.
Pour stimuler cette évolution sous forme d'aides diverses, le DOE affirme disposer de 786 millions de dollars et l'Agriculture de 1,1 milliards de dollars avance l'Agence Bloomberg.
Une projection en 2022 avec une consommation d'essence américaine de l'ordre de 8 millions de barils/jour résultant d'une décroissance des consommations des nouvelles voitures et d'une croissance du parc automobile, ce sont donc 30% du carburant essence qui proviendront de la biomasse. Il faudra donc fermer quelques raffineries d'ici là!
Cette industrie des biocarburants américaine qui par impératif logistique demeurera une activité locale, en relation directe avec le monde paysan au niveau du canton, fera de plus en plus appel à des technologies innovantes d'économies d'énergies, de réactions enzymatiques complexes permettant d'utiliser les déchets cellulosiques du maïs ou d'autres cultures pour produire de l'éthanol mais aussi des butanols. Une industrie agricole qui fournira l'alimentation des cheptels environnants et utilisera la fermentation des lisiers pour ses besoins en énergie. Phalanstère moderne qui déplait tant aux écologistes urbains, des salons à l'air conditionné.
LIRE les annonces de la Maison Blanche sur le sujet.
Le 6 Mai 2009.
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Voir aussi : bio-carburants
La production de biocarburants s'est accrue de 30% dans le monde en 2008
Par Raymond Bonnaterrele 21 avril 2009 |
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Les biocarburants font généralement l'objet de plaidoyers à charge depuis de nombreuses années, au travers d'articles bien souvent peu documentés ou manipulant des chiffres vieux de 7 à 8 ans, d'une grande outrance. Un article tout récent publié dans le Wall Street Journal illustre parfaitement cette chasse aux sorcières systématique, écrit sans peser le pour et le contre, juste pour bêtement essayer de démolir. Les cultures et l'élaboration de ces produits sont accablées de tous les maux: elles polluent, consomment de l'eau, affament le monde, déboisent les forêts, dégagent du CO2, consomment plus d'énergie qu'elles n'en produisent, etc. A vous dégoûter d'être paysan dont on ne voit pas très bien pourquoi cet homme sage aurait, pris de folie, subitement décidé de détruire le monde. Heureusement quelques articles de nature scientifique qui ont été reportés ici, tendent à rétablir un peu la vérité en introduisant des nuances dans l'évaluation des mérites et démérites de ces cultures et transformations. Malgré les cris et la fureur les productions de biocarburants se sont accrues en 2008 d'environ 30% par rapport à celles de l'année précédente pour atteindre dans les 20,8 milliards de gallons soit un volume de 1,35 millions de barils/jour qui sont à rapprocher d'une consommation mondiale globale de pétrole, de gaz comprimés liquéfiés et de biocarburants de 85,5 millions de barils/jour en 2008.
La partie la plus importante des biocarburants est la production de fuel éthanol qui s'est accrue de 32% pour atteindre 17,3 milliards de gallons en 2008, venant de 13,1 milliards en 2007. Ce volume de 2008 représente 1,13 millions de barils/jour. Du point de vue des croissances ce sont les Etats-Unis qui se sont le plus développés avec 38% d'augmentation de volumes d'éthanol de maïs, passant ainsi largement devant le Brésil (FIG.). Ce résultat a été enregistré malgré une forte spéculation à la hausse sur les matières premières jusqu'au mois d'Août 2008 et les dépôts de bilan (VeraSun) ou les difficultés de trésorerie (Pacific Ethanol), conséquences des mouvements de prix à la baisse sur le maïs et sur l'essence qui ont suivi. Le Brésil qui exploite la canne à sucre, a vu lui même ses productions progresser de 29%. Les productions européennes à base de jus de betterave et de blé, ont également progressé dans les mêmes proportions.
Les productions de biodiesel se sont accrues pour leur part de 23% environ en 2008 pour atteindre 3,5 milliards de gallons. Le développement de ces productions à l'avenir est cependant remis en cause par des politiques restrictives européennes portant sur la provenance des huiles végétales utilisées et sur l'introduction de barrières douanières en Europe pour éviter l'entrée de produits américains subventionnés. Ces allers-retours du Parlement et de la Commission, fortement critiquée sur ses objectifs concernant les biocarburants, ne sont que l'illustration de l'incompétence de ces organisations face aux problèmes énergétiques en Europe. Il manque à l'Europe une Direction de l'Energie qui élaborerait et proposerait une politique énergétique européenne aux instances politiques.
LIRE le dernier article anti bioéthanol publié dans le WSJ.
LIRE mesures anti-dumping de la Commission
LIRE retour sur énergie de l'alcool de maïs (une étude importante) ou encore LIRE
LIRE besoins d'irrigation du maïs selon les Etats
Le 21 Avril 2009.
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Voir aussi : bio-carburants
Il faut apporter 6 litres d'eau dans l'IOWA et 2138 litres en Californie pour produire un litre d'éthanol de maïs
Par Raymond Bonnaterrele 9 avril 2009 |
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Les chiffres les plus farfelus et les plus alarmants (pour être lus et répétés) sur la consommation moyenne d'eau nécessaire pour produire la quantité de maïs et la transformer en un litre d'éthanol circulaient dans les chaumières. Pimentel avançait 288 litres, de Fraiture 400 litres et le National Research Council 783 litres! Ces chiffres de combats laissaient dubitatif et laissaient à penser qu'entre les régions de la corn-belt largement arrosées par les pluies et la Californie ou le Mexique il devait y avoir des différences notables d'apport d'eau et qu'un chiffre moyen pour les USA n'avait aucun sens (LIRE les commentaires avec el-gringo). Et bien voila, cette étude analytique, comté par comté, réalisée par une équipe d'Universitaires de St Paul dans le Minnesota vient d'être publiée et confirme nos doutes. Pour produire un litre d'alcool, il faut apporter 6 litres d'eau dans l'Iowa, Etat le plus grand producteur d'éthanol de maïs des Etats-Unis avec 6,9 milliards de litres en 2007. Il en faut 501 litres dans le Nebraska et 2138 litres en Californie! Il n'en faut même que 5 litres dans l'Ohio mais qui n'est pas un grand distillateur.
Cette étude dénonce les Etats au nord du Texas et du Nouveau Mexique qui puisent sans compter dans l'immense nappe aquifère d'Ogallala pour irriguer (FIG.II, barres bleues). Ces Etats auront prélevé 1600 milliards de litres d'eau de cette réserve en 2007 (68% des besoins d'irrigation) et le prélèvement sera bien supérieure en 2008. En effet les accroissements de productions ont lieu de plus en plus dans ces Etats où l'irrigation est abondante. Les auteurs préconisent donc que la culture du maïs soit régulée Etat par Etat, sinon au niveau des Comtés, en tenant compte des éventuels problèmes locaux de ressources hydriques et de leur gestion.
Le papier insiste également sur le caractère négligeable de l'eau utilisée dans le process de production d'éthanol par rapport aux besoins d'irrigation pour faire croître le maïs.
Une fois de plus, une étude sérieuse allant chercher les données au bon niveau de compétence, met en évidences toutes les contre vérités qui peuvent circuler dans certains milieux pseudo écologistes sur la production d'éthanol de maïs.
Je vous invite à lire ce rapport qui me semble être un travail de référence. (LIRE)
Le 9 Avril 2009.
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Voir aussi : bio-carburants
Un rapport confirme les progrès énergétiques accomplis et attendus dans la production d'éthanol de maïs en Amérique du nord
Par Raymond Bonnaterrele 2 avril 2009 |
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Il avait été rapporté ici, en début d'année, une très importante étude de terrain dirigée par Kennett Cassman, partant de données opérationnelles, qui démontrait que la production et la distribution d'éthanol "du champ à la roue" avait fait de très bons progrès et disposait d'un champ d'amélioration encore important (LIRE cette importante étude). Un papier de l'IEA Bioenergy vient confirmer les conclusions de cette étude. Elle affirme que le bilan énergétique des productions d'éthanol s'est nettement amélioré entre 2005 et 1995 avec un rendement énergétique net de 1,4 et qu'il devrait atteindre près de deux en 2015 (FIG.). Cette nette amélioration du bilan énergétique net de la production d'éthanol s'accompagne d'une baisse du rendement énergétique de la production d'essence liée à la complexité grandissante des conditions d'extraction du pétrole.
En relation avec ces évolutions, les émissions de CO2 par unité d'énergie utilisée deviennent franchement favorables à l'éthanol (FIG.II).
Cette publication ne fait que confirmer l'étude de Cassman. Les progrès attendus dans la sélection des semences de maïs génétiquement modifiées, dans la gestion de l'énergie des procédés dans les usines, dans l'introduction d'une boucle de deuxième génération utilisant les rafles de maïs, dans l'acheminement par pipe-line du fuel éthanol vont permettre d'améliorer encore les rendements énergétiques nets de ces productions. L'arrivée d'industriels confirmés comme le raffineur Valero dans le business devrait accélérer les perfectionnements et les améliorations portant sur bilan énergétique et écologique de ces procédés agricoles.
Ces progrès dans l'alcool de maïs dénotent par rapport au quasi immobilisme des projets de synthèse d'éthanol à partir de composés ligno-cellulosiques qui devaient faire fureur. Il semblerait que la mise au point industrielle des multiples variantes soit plus ardue que prévu.
LIRE le rapport de l'IEA Bioenergy.
Le 2 Avril 2009.
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Le premier raffineur indépendant américain Valero intègre sa production d'éthanol
Par Raymond Bonnaterrele 18 mars 2009 |
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La part d'éthanol dans la composition de l'essence américaine va en croissant. Aujourd'hui ce sont 750 mille barils/jour d'éthanol qui sont mélangés à de l'essence pour produire près de 9 millions de barils par jour de mélange, ce qui représente une proportion à plus de 8% d'éthanol. Demain la norme du carburant va passer de 10% à 15% d'éthanol (E15), la consommation d'éthanol va donc continuer de croître aux Etats-Unis. Les raffineurs achètent du fuel éthanol aux bouilleurs de cru du Middle West, éthanol dénaturé avec quelques pourcents d'essence. La déconfiture financière, après spéculation sur le maïs, d'un des importants producteurs, VeraSun, vient de donner l'opportunité à Valero, gros raffineur américain, de s'intégrer dans la filière agricole.
En effet Valero vient d'acheter, lors de la vente aux enchères des unités de production de VeraSun, pour 477 millions de dollars 7 usines et le centre de développement situées dans la corn-belt des Etats-Unis, région la plus productrice en maïs située autour de l'Iowa (LIRE).
Cette intégration d'un grand industriel des procédés de raffinage, tel que Valero, vers l'amont du fuel éthanol va lui donner l'opportunité d'améliorer les rendements de ces unités et de réduire au minimum leur besoin en énergie. C'est la voie suivie par un autre gros producteur, Poet, qui démontre ainsi que la production d'alcool à partir de la culture de maïs est une activité durable, au bilan énergétique largement positif.
Le 18 Mars 2009.
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Le finlandais Neste Oil va devenir un grand producteur de biodiesel
Par Raymond Bonnaterrele 16 mars 2009 |
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Neste Oil, raffineur finlandais, produit annuellement, depuis la mi-2007, dans les 170 mille tonnes de biodiesel dans sa raffinerie de Porvoo en Finlande. Au quatrième trimestre il va démarrer une deuxième unité qui va doubler sa capacité de production. Comme matière première Neste utilise de l'huile de palme en provenance de Malaisie où les conditions de cultures sont jugées écologiquement durables (LIRE). Ses achats d'huile vont passer en 2009 de 160 mille tonnes à 250 mille tonnes d'huile. Mais son procédé d'hydro-isomérisation catalytique (FIG.) peut s'accommoder de n'importe quelle matière grasse végétale ou animale. Dans les deux ans qui viennent Neste va démarrer deux nouvelles unités l'une à Singapour (LIRE) à la fin 2010 et l'autre à Rotterdam (LIRE) à mi-2011. Chacune de ces deux unités aura une capacité de production de 800 mille tonnes de biodiesel. C'est donc d'une capacité de production annuelle voisine de deux millions de tonnes dont disposera Neste en 2011.
Remarque: le procédé Neste Oil consomme de l'hydrogène mais ne produit pas de glycérol dont les usages sont limités. Il produit du propane qui peut-être recyclé directement dans l'usine de production ou aisément commercialisé. Pour l'usine de Rotterdam dont la réalisation a été confiée à Technip Italie, c'est Air Liquide qui fournira l'hydrogène.
Aux Etats-Unis Syntroleum et Tyson-Foods ont formé une joint venture pour produire du biodiesel selon un procédé similaire en Louisiane dans la zone dévastée par les ouragans Katrina et Rita (LIRE).
Le 16 Mars 2009.
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Voir aussi : bio-carburants
La Commission Européenne prend des mesures provisoires anti-dumping contre le biodiesel américain
Par Raymond Bonnaterrele 13 mars 2009 |
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Entre Avril 2007 et Mars 2008 les Etats-Unis ont exporté vers l'Europe plus de 1000 tonnes de biodiesel (gazole d'origine végétale ou animale) qui ont représenté 17% du marché. Ces exportations étaient largement subventionnées par l'Administration Fédérale et les Etats américains. La Commission qui avait mené durant cette période des investigations approfondies, avait déjà réussi à faire interrompre par les américains le commerce triangulaire dit "splash and dash", que l'on peut traduire par "transiter et expédier", qui consistait à des lots de biofuels étrangers de venir acquérir l'origine américaine dans le Golfe du Mexique et de repartir subventionnés vers l'Europe. Mais la Commission ne s'est pas arrêtée en chemin, elle vient de décider d'une taxe anti-dumping à appliquer aux importations de biodiesel américain. Cette mesure est temporaire (4 mois) elle pourrait par la suite être rendue définitive par le Conseil, sur proposition de la Commission.
Mesure favorable à la filière biocarburants européenne en péril, mais c'est encore le Roquefort va en pâtir!
LIRE le commentaire de la Commission et les montants fumeux des taxes décidées.
Le 13 Mars 2009
Voir aussi : bio-carburants
Malgré les faillites et les fermetures d'usines la production d'éthanol américaine a battu des records
Par Raymond Bonnaterrele 9 mars 2009 |
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L'industrie de l'éthanol de maïs américaine a vécu, comme bien d'autres, une année 2008 agitée. Prise en ciseau entre des cours du maïs manipulés par la spéculation sur les matières premières agricoles durant les huit premiers mois et les cours de l'éthanol en chute libre en fin d'année, accompagnant la chute des cours de l'essence, nombreux sont ceux qui ont du fermer des usines ou même se mettre en faillite. Ce fut le cas de VERASUN victime de ses achats à terme de maïs au plus haut. Malgré ces vicissitudes, la production moyenne d'éthanol a atteint 600 mille barils par jour en 2008 (FIG.) avec des flux de production de plus de 700 mille barils par jour au mois de Décembre. Les volumes produits ont été multipliés par six durant les 8 ans de l'Administration Bush.
La consommation d'éthanol américaine, avec l'aide de 36 mille barils par jour d'importations, a atteint 630 mille barils par jour en moyenne. Ces volumes, à 750 mille barils/jour, représentaient en fin d'année entre 8 et 9% de l'essence consommée aux USA, soit environ 6% sur la base d'un bilan énergétique plus rigoureux. Cette consommation devrait croître encore avec l'adoption attendue par l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) d'un pourcentage d'éthanol dans l'essence de 15% (E15) au lieu des 10% aujourd'hui.
Cette industrie agricole de l'éthanol de maïs, constituée de petites usines de comtés américains, étroitement liée avec la population rurale n'a pas cessé de progresser dans l'amélioration des rendements et la maîtrise des dépenses énergétiques. Une étude récente a démontré que bien des critiques contre cette industrie argumentaient à l'aide de chiffres faux, parfois vieux de plus de huit ans (LIRE cette passionnante étude). Elle dispose donc d'un très fort potentiel de progrès avec la réouverture des usines ou l'ouverture d'usines nouvelles, la poursuite des améliorations de productivité, l'association avec des élevages de troupeaux et la génération de biogaz, l'introduction d'une boucle de production d'éthanol à partir des rafles de maïs (Poet).
Le succès et les progrès de cette industrie tant décriée sont en complète opposition avec l'échec (provisoire?) des industries de l'éthanol de deuxième génération, encensées de toute part, mais incapables de mettre sur pieds la moindre petite unité opérationnelle malgré de copieuses subventions du DOE.
Produire des biocarburants c'est une affaire de paysans ayant les pieds sur terre. L'exemple américain le démontre de façon éclatante.
Le 9 Mars 2009.
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Voir aussi : bio-carburants