L'Etat australien du Queensland veut s'équiper de centrales au charbon avec captage du CO2
Par Raymond Bonnaterrele 3 juillet 2009 |
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L'Etat du Queensland est un grand producteur de charbon australien. Son intérêt est de faire la promotion de l'utilisation la plus propre possible de ce combustible dans les centrales électriques, avec la quasi suppression de tout rejet, dont celui de CO2. Pour cela il a créé un organisme ZeroGen qui est en charge de l'élaboration et de la mise en oeuvre de cette politique de promotion. Une étude d'une centrale de type IGCC (Integrated Gas Combined Cycle) couplée avec un captage et une séquestration de CO2 (CCS) a été confiée à Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et à Mitsubishi Corporation. L'objectif est de définir une centrale au charbon de 530 MW et de capter une large proportion du CO2 émis durant le procédé. Ce process d'une grande complexité repose sur la gazéification du charbon en syngas (CO + H2), la conversion du monoxyde de carbone en CO2 et son captage, la combustion de l'hydrogène dans une turbine et l'utilisation des gaz de combustion et de la chaleur récupérée lors des différentes étapes du procédé, pour activer un générateur à vapeur couplé à l'axe de la turbine.
La crédibilité de MHI dans le domaine repose sur le fait que cette Société sait industriellement capter le CO2 dans ses unités de production d'urée et qu'elle dispose d'une centrale pilote de type IGCC de 250MW qui a déjà fonctionné durant 2000 heures (LIRE l'article précédent).
Encore un exemple qui montre que la relance verte ne repose pas sur du vent, mais sur de robustes compétences industrielles élaborées depuis de longues années de travail et d'investissements dans les procédés innovants. Dans le monde il existe quelques grands Groupes susceptibles de pouvoir se battre sur ces grands projets mettant en oeuvre le gaz naturel ou le charbon couplé ou non à la biomasse. Citons en plus de MHI, General Electric, Siemens et Alstom. Mais notre leader français ferait mieux de se préoccuper se son coeur de business et de lier des alliances, comme celle toute récente de GE et de MHI sur les futures centrales à gaz naturel, plutôt que d'aller agacer AREVA dont l'alliance avec MHI ferait le leader mondial incontesté du nucléaire. Notre pays n'a pas besoin d'une "Equipe de France du nucléaire" comme l'a déclaré, assez stupidement, un dirigeant d'Alstom. L'industrie ce n'est pas du football. La France a besoin de leaders mondiaux sachant présenter les compétences les plus élaborées face à leurs concurrents. Or, il n'est pas sûr qu'Alstom soit un leader mondial dans le domaine de l'énergie. Nous sommes en retard, Monsieur Borloo!
Le 3 Juillet 2009
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Les ventes de voitures américaines ont chuté de 42% au premier semestre par rapport à il y a deux ans
Par Raymond Bonnaterrele 2 juillet 2009 |
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Le mois de Juin, à 858 mille véhicules vendus dans le mois, affiche une chute des ventes américaines de véhicules en unités de 30% par rapport à il y a un an et de 36% par rapport à il y a deux ans (-430 mille exemplaires). En cumulé sur le premier semestre la chute est de 35% par rapport à 2008 et de 42% par rapport à 2007. En effet pour obtenir une bonne évolution du marché automobile américain il est préférable de prendre pour référence 2007 qui était l'année de tous les succès de ventes. L'année 2008, en raison de la montée débile des cours du pétrole, avait déjà connu une chute des ventes, en particulier de celle des 4X4. Cette comparaison de Juin 2009 par rapport à Juin 2007 permet d'illustrer le fait que tous les constructeurs ne sont pas égaux devant la chute des ventes (FIG.). Si Chrysler affiche une baisse spectaculaire de 60% en deux ans, on constate, de l'autre côté de l'éventail, que les ventes de Volkswagen n'ont baissé que de 7%. En effet en 2008 à cette date les ventes de VW avaient progressé de 14%. De plus, certains modèles de VW équipés de moteurs diesel, représentant 26% des ventes du constructeur allemand, rencontrent un succès certain aux USA. Après tout, l'offre diesel est une bonne façon de se démarquer et de présenter des consommations de carburant attrayantes. La chute des ventes de Toyota en deux ans est également impressionnante, au coude à coude avec celle de GM. Toyota était devenu trop américain aux Etats-Unis.
Le 2 Juillet 2009
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Les prix de l'électricité en Europe illustrent les choix énergétiques et fiscaux de chacun des Etats
Par Raymond Bonnaterrele 1 juillet 2009 |
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L'Italie et l'Allemagne possèdent, parmi les grandes nations européennes, le trophée des prix de l'électricité que ce soit pour les faibles quantités à destination des foyers ou pour les volumes importants consommés par l'industrie, nous informe Eurostat. L'Espagne, malgré un niveau de taxes très faible, voit son énergie devenir de plus en plus onéreuse, plombée par des ressources renouvelables hors de prix. En 2008 elle a été obligée de mettre un coup d'arrêt brusque au développement du photovoltaïque qui était devenu le nouvel Eldorado de toutes les industries du secteur dans le monde. Elle va devoir maintenant payer ces excès, et cela durant de longues années. La Suède pour les tarifs à l'industrie et la France pour les deux secteurs se démarquent. Ces deux Nations basent leur production d'électricité sur le nucléaire et l'hydroélectricité (LIRE).
Le 1er Juil. 2009
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Etats-Unis: la consommation de pétrole tirée vers le bas par les produits autres que l'essence
Par Raymond Bonnaterrele 30 juin 2009 |
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L'Energie Information Administration américaine vient de publier les données de consommation en produits pétroliers du mois d'Avril. Il apparaît que les consommations de ce mois sont en baisse de 6,6% par rapport à l'an dernier (-1,3 millions de barils/jour) et qu'en cumulé sur les quatre premiers mois de 2009 la baisse atteint 5,6% par rapport à l'an dernier. Alors que les consommations d'essence affichent un retrait limité de 1,5% sur le quadrimestre, ce sont les consommations des produits autres que l'essence qui affichent un important retrait de 9% (FIG.). L'utilisation de gasoil est en retrait de 9%, celle de kérosène recule de 10%, les gaz liquéfiés sont en retrait de 8%. Ces produits, autres que l'essence, représentent encore plus de la moitié des consommations de pétrole américaines.
Baisse des consommations des ménages, baisse de l'activité industrielle, des transports et de la pétrochimie participent à cette réduction importante de la demande en produits pétroliers en ce début 2009. Malgré cela, les Marchés, animés par quelques poignées de hedgers cocaïnés, poussent inexorablement l'ascension des cours du pétrole sur fond d'un marché physique délabré et regorgeant de stocks. Les patrimoines américains, ceux qui ne se sont pas trop fait plumer par Madoff, recherchent à se protéger de la baisse du dollar et se placent massivement sur les futures adossées au pétrole ou à toute autre commodité à la mode. Nous irons de bulles en bulles, les mécanismes sont toujours là, les règles n'ont pas changé et les anglo-saxons ont besoin de valoriser leurs patrimoines pour assurer leurs retraites.
Le 30 Juin 2009
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Le repli des cours de l'essence sur le NYMEX annonce celui du pétrole
Par Raymond Bonnaterrele 28 juin 2009 |
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Le marché physique du pétrole n'intéresse personne en ce moment. Les mouvements "révolutionnaires" du MEND dans le delta du Niger ne font pas bouger d'un cent le cours du pétrole. La demande mondiale de pétrole est atone, les stocks sont au plus haut. Les stocks US de pétrole brut ont baissé en fin de semaine dernière de 4 millions de barils, mais les stocks de produits pétroliers se sont accrus de 5,3 millions de barils pour atteindre 1105 millions de barils, 100 millions de trop, et c'est ce chiffre, bien sûr, que les professionnels regardent. L'Angola qui a investi massivement dans l'offshore, s'énerve en demandant un accroissement de ses quotas et ses petits camarades de l'OPEP donnent de grands coups de canif dans le contrat de Décembre, en produisant plus que de décidé (LIRE). Le gouvernement américain sponsorise les biocarburants et l'efficacité énergétique dans les transports. Tout le monde sait qu'il va falloir fermer des raffineries aux USA, celles dont les performances sont trop médiocres et qui vont devoir en 2012 payer pour acquérir des droits d'émissions de CO2. L'essence sera importée des grandes raffineries du Continent indien ou d'Arabie Saoudite. Le rallye du mois de Mai apparaît, a posteriori, comme une anomalie, animée par la défiance des milieux financiers vis à vis du dollar. Mais les cambistes s'aperçoivent que ni l'Euro, ni la Livre Sterling ne valent guère plus dans un climat économique délabré. Les taux longs des Bons du Trésor américain sont en repli (3.54% pour le 10 ans Vendredi), signe d'adjudications sans tensions. Alors la chute du dollar marque une pose autour d'un euro à 1,4 dollar et par conséquent, le pétrole aussi marque le pas, autour des 70 dollars ou 50 euros le baril, prix inespéré pour les producteurs par les temps qui courent.
Seuls, les cours de l'essence à New York qui avaient franchi les 85$ le baril et les 60 euros les semaines précédentes, se sont franchement repliés (FIG.), annonce d'une future baisse des cours du brut qui seraient plus à l'aise autour des 60 dollars le baril par les temps d'inertie économique qui sévissent et de stabilisation du cours de change du dollar. La Bourse de New York, avec une baisse de 10% de l'AMEX OIL INDEX en deux semaines, a de toute évidence anticipé cette éventualité.
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Les données du fret aérien suggèreraient une lente remontée de l'économie
Par Raymond Bonnaterrele 28 juin 2009 |
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L'IATA communique tous les mois les variations de trafic de passagers et de fret dans diverses zones du monde, par rapport au même mois de l'année précédente. Ce mode de communication de l'activité permet de corriger les variations saisonnières fortes qui caractérisent ces activités. Parmi les diverses données communiquées, il en est une particulièrement importante, c'est la variation du fret dans la zone Asie-Pacifique qui constitue un indicateur clé et avancé de l'économie mondiale. L'analyse de cet indicateur en ce moment est assez délicate, la base de 2008 ayant connue elle même de fortes variations. C'est la raison pour laquelle il est intéressant de corriger les données des variations de l'année précédente et donc d'étudier la variation du fret par rapport au même mois il y a deux ans (M-24) qui était une période de croissance régulière de l'activité économique (FIG.). On peut alors constater que cet indicateur intensif est passé par un minimum entre Décembre 2008 et Mars 2009 et qu'il semble amorcer depuis les deux derniers mois connus une lente reprise d'une activité réduite d'un cinquième par rapport à celle d'il y a deux ans.
L'absence de données intra zone Asie ne permet pas d'affirmer que c'est le paramètre qui explique cette lente remontée, mais la faiblesse des économies américaines et européennes le laisse soupçonner. Il n'est pas interdit de penser qu'après ce trou d'air de -25%, le trafic de fret de la zone Asie-Pacifique amorce une lente remontée, indicative d'une reprise molle de l'économie mondiale qui démarrerait pas l'Asie.
Le 28 Juin 2009
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La production d'électricité en Europe est quasiment stable depuis trois ans
Par Raymond Bonnaterrele 27 juin 2009 |
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Eurostat nous révèle (enfin) que la production d'électricité qui s'est élevée à 3182 TWh, dans l'Europe des 27 a été quasiment stable (-0,1%) en 2008 par rapport à 2007. Elle n'avait crû que de 0,2% l'année précédente ce qui se traduit, donc, par une stagnation de la production électrique européenne depuis trois ans. Sans être grand devin, il est possible d'anticiper qu'elle va décroître en 2009. A la fin de l'année, l'Europe aura donc vécu quatre ans sans croissance de sa production électrique. Parmi les grands pays européens c'est surtout le Grande-Bretagne qui affiche un recul important (-2,3% entre 2008 et 2006), la France présente une production étale sur trois ans, l'Allemagne progresse de 0,7% sur la même période. Le mode de production de l'électricité en Europe est des plus variés, en fonction des ressources et des choix de chacun des pays (FIG.)
Il est clair que l'Europe avec d'une part, la tertiarisation forcée de son économie, en raison de la fermeture inexorable d'une partie de ses unités de production délocalisées en Asie, avec d'autre part, les progrès réalisés dans l'efficacité énergétique motivés par la montée des prix de l'énergie, connaît en ce moment un changement de pente net de sa consommation d'énergie, la part sous forme électrique étant un révélateur de la tendance globale. La chasse aux gaspillages va se traduire par une inflexion des consommations. Là encore le caractère inéluctable de la croissance continue des consommations d'énergie dans le monde n'est pas écrite dans un grand livre. La réduction des gaspillages des pays les plus riches doit pouvoir compenser en tout ou partie l'accroissement de niveau de vie et des populations des pays les plus pauvres. La solution de l'équation dépend du comportement de quelques grands pays ou grandes régions comme les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, le Moyen-Orient et l'Europe devant le gaspillage systématique des ressources auquel ils se livrent. La peur devant le réchauffement climatique et les catastrophes annoncées qui vont l'escorter, devraient provoquer une prise de conscience de plus en plus aiguë des populations. Le changement climatique du Sahel au siècle dernier, n'a intéressé personne, mais ceux annoncés en Australie ou en Californie connaîtront de plus amples résonances, au sein de l'opinion publique des pays les plus riches.
LIRE le rapport d'Eurostat.
Le 27 Juin 2009
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Les entrées de commandes à l'industrie dans la zone euro en état de délabrement avancé
Par Raymond Bonnaterrele 25 juin 2009 |
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Avec des entrées de commandes à l'industrie du mois d'Avril comprises entre -30% et -40% par rapport à il y a un an pour les grands pays européens (FIG.), un observateur objectif ne peut être que pessimiste sur l'évolution de la crise dans les mois à venir en Europe. C'est l'Allemagne avec un score proche de -40% qui est la plus touchée. Les espoirs annoncés, de-ci et de-là, de reprise ou de stabilisation de l'économie, semblent pour l'instant bien compromis.
Le 25 Juin 2009
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La consommation mondiale de carburants pour les véhicules particuliers peut-elle diminuer dans les années à venir?
Par Raymond Bonnaterrele 24 juin 2009 |
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La croissance de la population mondiale, l'accès de certains citoyens des pays en développement au confort et à la voiture individuelle, font prédire à beaucoup que les consommations d'énergie vont croître et que la demande mondiale en carburant va poursuivre inexorablement son ascension. Je voudrais montrer ici par un calcul très simple que la croissance de la consommation mondiale de pétrole n'est pas une fatalité, mais qu'elle va aussi dépendre des gains en efficacité énergétique réalisés sur les nouveaux véhicules, sur les infrastructures routières évitant les embouteillages et sur les progrès des moyens d'éco conduite mis à la disposition des conducteurs.
DELTA consommation = (N x CN - S x CS) Tm/100
L'approche la plus simple, comme dans les études démographiques, est de raisonner sur une année entre les ventes de nouvelles voitures et les mises en déchet. L'année 2009 ne sera pas une grande année pour la production automobile. Sur les 5 premiers mois, un peu plus de 24 millions de véhicules ont été produits, on peut donc estimer qu'en année pleine la production mondiale de véhicules neufs (N) sera d'environ 60 millions de véhicules. Leur consommation moyenne CN (en litres aux cent kilomètres) va dépendre du mix décidé à la fois par les constructeurs au travers de l'offre commerciale et les consommateurs au travers de leurs choix plus ou moins infléchis par des mesures de relance ou les diverses taxes gouvernementales. La prime à la casse dans divers pays européens par exemple pousse la consommation moyenne des voitures neuves commercialisées vers le bas. Parmi les taxes et autres bonus-malus rappelons-nous de la vignette, impôt écolo avant l'heure, malheureusement supprimée. Le gouvernement chinois incite financièrement à l'achat de véhicules à faible consommation, etc.
Pour la mise en déchet des véhicules dans le monde, en estimant un parc mondial il y a 15 ou 20 ans à 500 millions de véhicules et un taux de mise au scrap de 6% on peut estimer le nombre de véhicules supprimés S à 30 millions d'unités. Ces véhicules de 15 à 20 ans d'âge présentent une consommation moyenne CS bien supérieure à celle des voitures modernes. Si l'on appelle Tm le trajet moyen en km de chaque véhicule durant l'année considérée, le DELTA de consommation résultant de la mise sur le marché de véhicules neufs et la mise au scrap de véhicules hors d'âge obéira à l'équation:
DELTA consommation = (N x CN - S x CS) Tm/100
Cette variation de consommation sera nulle ou négative si :
CN/CS et inférieur ou égal à S/N.
En 2009 le rapport S/N entre nombre de voiture scrapées et nombre de voitures neuves est environ égal à 1/2, la contribution à la consommation du parc automobile les entrées et sorties de 2009 sera donc nulle si la consommation moyenne des véhicules neufs CN est égale à la moitié de celle des véhicules mis à la casse CS. Pour une consommation moyenne estimée de 12 à 14 litres aux cent km pour les vieux véhicules américains, il faudrait les remplacer par des véhicules consommant entre 6 et 7 litres aux cent.
Ce calcul simple montre que si les progrès en efficacité énergétique sont importants sur les nouveaux modèles, l'économie de consommation alors réalisée peu aller jusqu'à compenser l'accroissement mondial du parc de véhicules. Aux Etats-Unis le remplacement d'une Cadillac modèle 1989 par une Prius permet à un Chinois de s'acheter la voiture de ses rêves, sans que les consommations de pétrole n'explosent.
Il apparaît donc que les progrès à accomplir dans les quelques années de chamboulement de l'industrie automobile que nous allons vivre vont être d'une très grande importance sur la demande mondiale de pétrole. Le monde va profiter pour cela d'un avantage majeur: le formidable gaspillage actuel qui se concrétise par les millions de 4X4 américains et européens qu'il va falloir mettre au scrap.
Les autorités gouvernementales ont un objectif simple à fixer aux constructeurs: que les consommations moyennes des nouveaux véhicules soient inférieures à la moitié des consommations des véhicules mis en déchet. L'objectif américain d'autonomie moyenne de 35,5 miles au gallon (soit 235/35.5= 6,6 litres/cent km de consommation) pour 2016 est un peu juste (FIG.), l'objectif européen de 130 g de CO2 au km ou 5,6 litres d'essence aux cent pour 2015 est un peu plus ambitieux. Mais tout cela n'est pas très important, parce que ce sont les constructeurs qui vont se bagarrer pour faire baisser la consommation moyenne de leur offre, en effet, leur avenir en dépend.
Bien entendu tout se qui permet de réduire les consommations par une amélioration du réseau routier, par la mise à disposition de moyens d'éco conduite (formation, aide au choix du trajet, limitation de l'accélération, etc.) ou par une politique dissuasive des prix des carburants (arrêt des subventions aux carburants, vérité des prix, taxes diverses et autres TIPP) participe à ces progrès dans l'efficacité énergétique. Le désamour des populations vieillissantes urbaines pour l'automobile comme c'est le cas actuellement au Japon, va également dans ce sens.
De telles considérations permettent d'avancer que les consommations mondiales de pétrole, malgré l'accroissement du Parc automobile mondial vont rester sensiblement stables durant les 15 ans à venir (LIRE). Les progrès en efficacité énergétique dans les transports réalisés dans les pays OCDE vont globalement compenser l'accroissement des consommations dans les pays en développement. Par la suite l'arrivée de véhicules électriques avec un CN=0 ou proche de zéro pour les hybrides rechargeables au réseau, se traduira par une baisse mondiale des consommations de pétrole.
Le 24 Juin 2009
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Nissan: les émissions de CO2 des véhicules devront être réduites de 90% d'ici à 2050
Par Raymond Bonnaterrele 23 juin 2009 |
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Dans sa revue du "Nissan Green Program 2010" le constructeur Japonais rappelle que pour atteindre une stabilisation des teneurs en CO2 dans l'atmosphère aux environs de 450 ppm (nous avons atteint 400 ppm cet hiver) il faudra que les émissions de CO2 des véhicules soient réduites de 90% d'ici à 2050. Cette conviction du management de Nissan l'a poussé à jumper au véhicule tout électrique avec l'aide de la technologie des batteries Lithium Polymère (laminated) de NEC, mise en production au sein de la filiale AESC. Nissan a pour l'instant fait l'impasse sur les véhicules full hybrides trop complexes et trop chers à développer et industrialiser, en face de la concurrence des deux leaders japonais Toyota et Honda. Mitsubishi Motors le quatrième japonais a d'ailleurs fait le même choix du contournement de l'obstacle, avec sa i-MiEV et les batteries GS-Yuasa. Les fabricants japonais, dans les faits, se partagent technologiquement, aujourd'hui, le marché avec les deux leaders très hybrides et les deux suivants très électriques
Dans le cadre d'une approche commerciale très futée, Nissan déclare avoir conclu à ce jour 27 alliances avec divers Etats ou Municipalités dans le monde pour promouvoir le lancement des futurs véhicules électriques. Ces accords avec des villes japonaises (Yokohama, base de Nissan) des Etats américains (Tennessee, Oregon), européens (Danemark, Portugal, UK, France, Monaco, etc.) et autres Etats ou localités (Israël, Hong-Kong, Singapour). Cette démarche présente pour Nissan un double intérêt: c'est une promotion gratuite pour ses futurs produits et cela assure un placement immédiat et garanti des productions des deux ou trois premières années. Parfait exemple de green business, mais basé sur un travail préalable de R&D et d'industrialisation de plus de dix ans.
On n'entre pas dans le green business comme dans un moulin, il faut avoir beaucoup travaillé et de façon soutenue au préalable. Peugeot qui va aller acheter ses véhicules électriques à Mitsubishi le sait bien. Certains théoriciens économistes fumeux américains parlent de "Transition de Phases", on tomberait subitement dans un nouveau monde, totalement différent, fait d'énergies renouvelables, annoncé par la crise économique. Non les évolutions technologiques sont des processus lents, décidées par des industriels il y a dix ou quinze ans, à partir de visions techniques et marketing audacieuses. Ces évolutions ne sont pas victimes de spéculation et ne sont pas soumises à des crashs boursiers. La substituabilité des sources d'énergies se décline sur des décennies et en fait, les nouvelles sources d'énergies se superposent aux anciennes qui elles mêmes se modernisent. Les moulins à vent existaient avant qu'on les nomme éoliennes et la découverte de l'énergie électrique. La lenteur du développement de l'énergie nucléaire, pourtant inéluctable si l'on veut pouvoir démolir quelques centrales au charbon, illustre la viscosité des processus de substituabilité. Le captage et le stockage du CO2 demandera de longues années de mise au point. L'énergie photovoltaïque s'imposera peu à peu en mode centralisé ou décentralisé au gré des réductions de coûts et de la mise à disposition de systèmes intégrés au sein de chaque foyer.
L'électrification du parc automobile mondial demandera un demi-siècle ou plus, le temps de s'affranchir du pétrole et de savoir produire et acheminer de l'énergie électrique à peu près proprement. Ne réussiront dans le green business que ceux qui auront longuement travaillé, avec acharnement, sur des processus et des systèmes complexes innovants. Les théories selon lesquelle toutes les données changeraient après un formidable RAZ sont de lourdes foutaises.
Il ne faut pas croire ceux qui annoncent que le green business va sauver notre pays, par on ne sait quel processus miraculeux. Ce qui relancera notre pays c'est le travail collectif et le désir de réussir ensemble. Mais il n'est pas sûr que cette certitude soit encore partagée par le plus grand nombre.
LIRE un résumé de la revue du "Nissan Green Program 2010"
Le 23 Juin 2009.
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