Thursday 29th June 2017,
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Les flux mensuels mondiaux de consommation de produits pétroliers devraient franchir les cent millions de barils par jour en 2018

Raymond Bonnaterre énergie fossile 7 commentaires

Contrairement à ce qu’affirme, avec assurance, notre gouailleur polytechnicien du peuple, les consommations mondiales de produits pétroliers ne sont pas encore limitées par le flux d’extraction de pétrole. Le prix plutôt déprimé du baril de brut et l’absence de marché noir en attestent.

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner l’évolution monotone des consommations mondiales moyennes de produits pétroliers depuis près d’une décennie (FIG.) tirée par la croissance économique et démographique du monde.

Ces flux de consommation, en progression annuelle récente de 1,6 million de barils par jour, poursuivent allègrement leur croissance et devraient, selon l’EIA américaine, dépasser les 100 millions de barils par jour dès la mi-2018.

Cette progression continue du marché des produits pétroliers, confrontée à une baisse des investissements des Majors dans l’exploration pétrolière à la suite de la chute des cours du baril en 2014/2015, se heurtera bien un jour (vers 2020) à une hausse des cours du baril qui à son tour relancera l’offre de pétrole brut, de biocarburants ou d’ersatz synthétiques issus du gaz naturel abondant.

Mais il n’y a pas pour l’instant pénurie de produits pétroliers en sortie des raffineries.

Voir et écouter la présentation magistrale sur l’enfer climatique à venir de Jean-Marc Jancovici au Collège de France qui souligne le rôle majeur du charbon dans la progression récente des consommations énergétiques mondiales . Une remarque importante: la scène se déroule en Asie et ne dépend pas de nos ruineux enfantillages écologiques occidentaux.

La transition annoncée c’est, en réalité, la combustion de  toujours plus de charbon.

Le 13 Mai 2017

 

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7 commentaires

  1. Tonton mai 17, 2017 à 2:05

    Voilà ce qui a le plus de potentiel de ralentir un peu la croissance que la voiture électrique, du moins à moyen terme.

    http://www.autonews.com/article/20170513/OEM05/170519884/nissans-e-power-hybrids-may-go-global

  2. Raymond Bonnaterre mai 18, 2017 à 8:01

    De mon simple et rustique point de vue, la voiture électrique, sagement et économiquement chargée durant la nuit au garage, a un superbe avenir de véhicule urbain parcourant quelques dizaines de kilomètres par jour dans les banlieues d’agglomérations.
    Là ou je suis plus dubitatif, c’est sur son avenir incertain de grande routière, promu par les géniaux dirigeants de Tesla, adeptes du « smart & green ».
    En effet en mode « autoroute » à 120 ou 130 km à l’heure, les consommations d’énergie électrique sont multipliées par deux ou trois, ce qui oblige de surdimensionner onéreusement et dangereusement la batterie (jusqu’à 100 kWh) pour assurer deux à trois heures d’autonomie sur autoroute.
    Il faudra s’arrêter entre Paris et Lille ou entre Bordeaux et Toulouse pour recharger la batterie en demi-heure ou plus selon les délais d’attente à la station de recharge.
    Il me semble évident qu’un véhicule hybride rechargeable sera, dans ces cas, beaucoup plus convivial.
    Une évidence: nombreux de ces véhicules hors de prix finiront, par snobisme, en véhicules urbains de prestige tout comme les 4X4 voisins qui n’ont jamais roulé sur un quelconque chemin de montagne.
    Pour l’instant, les véhicules hybrides japonais constituent effectivement un excellent compromis énergétique.

  3. Tonton mai 18, 2017 à 10:56

    Cet e-Power est fantastique. Système monté sur une architecture existante, record de sobriété en consommation (mieux qu’une Prius), aucun souci d’autonomie, performances uniques (comme une Leaf) et simplicité de la chaîne de traction.

    Renault va j’espère viser fort dessus. De plus la batterie est très petite : les coûts sont très maîtrisés. Fantastique, disais-je.

    Je crois beaucoup également à la voiture électrique. Oui ce sera réservé à une clientèle aisé mais le marché est grand, très grand… Des innovations restent à arriver sur tous les points notamment sur les batteries, il suffit de regarder ce que veut proposer Lucid.

    Pour la grande vitesse, la vitesse de recharge ne va faire que s’accroître : les normes en charge rapide montent à 150 kW, un gros consortium installe des bornes à 350 kW, Tesla veut monter sûrement à 500 kW.

    La Model 3 sera un test très important. Mais tous les constructeurs s’y mettent : ce n’est plus une question de faire semblant pour rester cool, cela va devenir de plus en plus une simple question de survie pour de nombreuses raisons.

  4. Raymond Bonnaterre mai 18, 2017 à 3:12

    Ne rêvez pas trop sur les batteries. Des progrès, certes, mais onéreux et de faible amplitude sont à attendre.Ce ne sont pas les technologies du Silicium mais celles de produits poreux élaborés par des méthodes culinaires (poudres, pâtes malaxées, liants, enduction, séchage, calandrage, etc.) et longuement validés par d’interminables tests électriques ou mécaniques.
    Plus l’énergie est compactée et plus elle peut se libérer avec violence.

  5. Raymond Bonnaterre mai 19, 2017 à 10:33

    Tonton, la charge ultra-rapide des batteries pour EV doit être considérée comme une contrainte technique et financière résultant de ce choix marketing « Teslien » de vouloir développer de grandes routières purement électriques et non pas hybrides rechargeables par exemple.
    Pour assurer une autonomie acceptable elles doivent embarquer d’énormes batteries,dangereuses et onéreuses et comme ceci, en régime autoroutier, est encore insuffisant il faut de plus installer des stations services de recharge rapide le long des grands axes routiers. Stations hors de prix,, financées à terme par je ne-sais-qui et faisant appel à d’importantes pointes de puissance.
    Un calcul simple:: je veux pouvoir recharger en temps réel 10 voitures en moins d’une demi-heure.
    La puissance en courant continu pour recharger 100 kWh en une demi-heure est autour de 250 kilowatts avec des batteries de type Li-Ion (la tension de charge d’une batterie est supérieure à la tension d’équilibre, elle même supérieure à la tension moyenne de décharge en utilisation).
    Pour charger en temps réel 10 véhicules il faut donc pouvoir assurer 2500 kW continu, ce qui doit pomper autour des 3 MW au réseau, en pleine campagne.
    Il faudra brûler bien de lignite ou de charbon en Allemagne pour assurer cette puissance et importer encore plus de puissance électrique des États voisins en Californie qui ne produit que la moitié environ de son électricité. Forme évoluée d’écologisme bidon pour riche nation.
    Tout ceci ressemble à une fable où les gaspillages énergétiques et financiers feraient loi.
    La probabilité de succès industriel de ce genre d’aventure au long cours me semble faible.

  6. Tonton mai 25, 2017 à 11:55

    Les progrès sur les batteries sont réels mais effectivement lents, toutefois suffisants. Des utilisateurs de Tesla ont compilés des données de dégradation de performance de leurs batteries et le résultat est très encourageant : https://steinbuch.wordpress.com/2015/01/24/tesla-model-s-battery-degradation-data/

    Pour l’instant cela est suffisant… En attendant des baisses de prix par kWh attendues dont on ignore encore les possibilités avec un objectif à moyen terme de 100 $/kWh.

    Sur le papier, les hybrides rechargeables sont parfaites mais qui en fait ? Toyota est passé maître dans la technologie, l’industrialisation et les coût de l’hybride, de manière générale, mais où sont les autres ? Les autres constructeurs premium visent le pur électrique, l’hybride est trop complexe… C’est un fait. Tous les constructeurs premium s’y mettent avec des investissements réalisés : Audi, Mercedes, BMW, Volvo, Jaguar, etc. Tous ont annoncé des objectifs ambitieux. Sans compter les régulations sur le thermique qui deviennent littéralement irrespirable pour les constructeurs.

    La recharge rapide arrive : les normes visent le CCS à 150 kW, des consortiums se sont créés pour un réseau européen à 350 kW et Tesla viserait encore au-dessus… pour une recharge quasi-complète en un quart d’heure promis.

    Les stations sont en cours de construction : pour les fortes puissances des batteries seront dans la plupart des cas mis en tampon en assurant des services pour le réseau électrique. Des énormes stations sont en préparation, Tesla en tête : https://www.tesla.com/blog/charging-our-priority

    L’utilisateur paiera une partie du prix des installations. Autre promesse de Tesla : que de nombreuses stations tirent leur énergie de panneaux solaires installés non loin, c’est aussi leur autre business. Les investissements n’apparaissent pas si énormes, voir leurs documents financiers.

    La dangerosité est batteries de voitures électriques a été montrée : elle est faible avec peu d’accident alors que Tesla a écoulé près de 200 000 véhicules… Cela ne veut pas dire que c’est inoffensif mais la sûreté est là.

    Finalement ces stations ne seront pas installées au « milieu de la campagne » mais sur les grands réseaux routiers… où le réseau électrique est bien maillé et l’on peut accéder à de fortes puissances sans trop de souci. L’enjeu suivant sont les centres urbains, surtout américains, avec des centres de recharge dense. Tesla a aussi annoncé être en développement d’un camion électrique et les fortes puissances de recharge seront aussi obligatoires.

    Entièrement d’accord sur l’équation financière globale qui dépend de nombreux facteurs, dont à notre échelle nous sommes trop peu certains. Il y a une forme de pari qu’il faut regarder avec lucidité mais plus le temps passe, plus les incertitudes se lèvent.

    Je ne suis pas sectaire et je prends la réalité telle qu’elle est : si demain un hybride peu cher débarque, alors ce sera parfait ! Le ePower de Nissan remplit beaucoup de case que Toyota ne peut faire. Au final je pense que pour le premium, c’est plié : l’électrique sera roi. Le système de Nissan peut devenir extrêmement avantageux pour les gammes plus basses. Ironiquement ce système a été développé grâce l’expérience sur l’électrique apporté par…la Leaf.

    La Chine y va aussi très volontairement. Chez Renault, Gérard Detourbet, le génie derrière Dacia et le Kwid a été missionné par Ghosn pour concevoir une électrique à très petit budget…

    Dernier point : je sais que vous êtes réservé, pour formuler un euphémisme, sur la question du changement climatique. Mais des voitures électriques c’est aussi se séparer (très lentement bien évidemment) du pétrole finançant des régimes inondant le monde de pétrodollars pour propager des idéologies meurtrières. Il y a un véritable enjeu de sécurité nationale.

    J’aurais d’autres points fondamentaux à développer mais je n’ai pas trop le temps et, surtout, je ne me fais pas trop d’illusion sur ma capacité à vous convaincre ! Mais c’est ainsi.

  7. Raymond Bonnaterre mai 27, 2017 à 8:37

    Tonton, j’ai passé ma vie professionnelle à développer et industrialiser des accumulateurs et des batteries. Il en reste encore quelques infimes bribes industrielles et commerciales.
    C’est la raison pour laquelle j’ai tendance à tempérer votre enthousiasme juvénile.
    Je ne crois pas à l’avenir de grandes routières électriques et à leur recharge rapide en quelques minutes parce que le bilan énergétique (génération de l’électricité, transport en rase campagne, transformation, distribution à très forte puissance donc avec des pertes thermiques, stockage, utilisation) est nul.
    Quant-au bilan économique, il repose sur des subventions.
    Quel est le prix de revient réel d’une recharge en 15 minutes, avec amortissement et maintenance des installations complexes de la génération à la distribution et le salaire du responsable de station?
    On a vu pire, avec de soi-disant échanges standard de batteries qui ont échoué pour ces mêmes raisons économiques.
    Ceci n’enlève rien au super marketing de Tesla (et ses excellents accumulateurs japonais) auprès de riches américains qui achètent la marque et le prestige. Ils iront faire leur shopping avec leur EV, en quelques miles et prendront leur SUV à moteur thermique pour tracter le bateau durant le week-end.
    C’est vrai, TOYOTA a une avance technologique considérable, as usual, les autres suivront dans l’hybride rechargeable ou comme Ford prendront une licence.
    Quant-à l’hypothétique fin du pétrole, ce serait la gloire annoncée du charbon et du gaz seules ressources alternatives à la hauteur de l’enjeu! Ne vous laissez pas bercer par la stupide propagande écolo.

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