Monday 22nd May 2017,
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Les flux mensuels mondiaux de consommation de produits pétroliers devraient franchir les cent millions de barils par jour en 2018

Raymond Bonnaterre énergie fossile 5 commentaires

Contrairement à ce qu’affirme, avec assurance, notre gouailleur polytechnicien du peuple, les consommations mondiales de produits pétroliers ne sont pas encore limitées par le flux d’extraction de pétrole. Le prix plutôt déprimé du baril de brut et l’absence de marché noir en attestent.

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner l’évolution monotone des consommations mondiales moyennes de produits pétroliers depuis près d’une décennie (FIG.) tirée par la croissance économique et démographique du monde.

Ces flux de consommation, en progression annuelle récente de 1,6 million de barils par jour, poursuivent allègrement leur croissance et devraient, selon l’EIA américaine, dépasser les 100 millions de barils par jour dès la mi-2018.

Cette progression continue du marché des produits pétroliers, confrontée à une baisse des investissements des Majors dans l’exploration pétrolière à la suite de la chute des cours du baril en 2014/2015, se heurtera bien un jour (vers 2020) à une hausse des cours du baril qui à son tour relancera l’offre de pétrole brut, de biocarburants ou d’ersatz synthétiques issus du gaz naturel abondant.

Mais il n’y a pas pour l’instant pénurie de produits pétroliers en sortie des raffineries.

Voir et écouter la présentation magistrale sur l’enfer climatique à venir de Jean-Marc Jancovici au Collège de France qui souligne le rôle majeur du charbon dans la progression récente des consommations énergétiques mondiales . Une remarque importante: la scène se déroule en Asie et ne dépend pas de nos ruineux enfantillages écologiques occidentaux.

La transition annoncée c’est, en réalité, la combustion de  toujours plus de charbon.

Le 13 Mai 2017

 

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5 commentaires

  1. Tonton mai 17, 2017 à 2:05

    Voilà ce qui a le plus de potentiel de ralentir un peu la croissance que la voiture électrique, du moins à moyen terme.

    http://www.autonews.com/article/20170513/OEM05/170519884/nissans-e-power-hybrids-may-go-global

  2. Raymond Bonnaterre mai 18, 2017 à 8:01

    De mon simple et rustique point de vue, la voiture électrique, sagement et économiquement chargée durant la nuit au garage, a un superbe avenir de véhicule urbain parcourant quelques dizaines de kilomètres par jour dans les banlieues d’agglomérations.
    Là ou je suis plus dubitatif, c’est sur son avenir incertain de grande routière, promu par les géniaux dirigeants de Tesla, adeptes du « smart & green ».
    En effet en mode « autoroute » à 120 ou 130 km à l’heure, les consommations d’énergie électrique sont multipliées par deux ou trois, ce qui oblige de surdimensionner onéreusement et dangereusement la batterie (jusqu’à 100 kWh) pour assurer deux à trois heures d’autonomie sur autoroute.
    Il faudra s’arrêter entre Paris et Lille ou entre Bordeaux et Toulouse pour recharger la batterie en demi-heure ou plus selon les délais d’attente à la station de recharge.
    Il me semble évident qu’un véhicule hybride rechargeable sera, dans ces cas, beaucoup plus convivial.
    Une évidence: nombreux de ces véhicules hors de prix finiront, par snobisme, en véhicules urbains de prestige tout comme les 4X4 voisins qui n’ont jamais roulé sur un quelconque chemin de montagne.
    Pour l’instant, les véhicules hybrides japonais constituent effectivement un excellent compromis énergétique.

  3. Tonton mai 18, 2017 à 10:56

    Cet e-Power est fantastique. Système monté sur une architecture existante, record de sobriété en consommation (mieux qu’une Prius), aucun souci d’autonomie, performances uniques (comme une Leaf) et simplicité de la chaîne de traction.

    Renault va j’espère viser fort dessus. De plus la batterie est très petite : les coûts sont très maîtrisés. Fantastique, disais-je.

    Je crois beaucoup également à la voiture électrique. Oui ce sera réservé à une clientèle aisé mais le marché est grand, très grand… Des innovations restent à arriver sur tous les points notamment sur les batteries, il suffit de regarder ce que veut proposer Lucid.

    Pour la grande vitesse, la vitesse de recharge ne va faire que s’accroître : les normes en charge rapide montent à 150 kW, un gros consortium installe des bornes à 350 kW, Tesla veut monter sûrement à 500 kW.

    La Model 3 sera un test très important. Mais tous les constructeurs s’y mettent : ce n’est plus une question de faire semblant pour rester cool, cela va devenir de plus en plus une simple question de survie pour de nombreuses raisons.

  4. Raymond Bonnaterre mai 18, 2017 à 3:12

    Ne rêvez pas trop sur les batteries. Des progrès, certes, mais onéreux et de faible amplitude sont à attendre.Ce ne sont pas les technologies du Silicium mais celles de produits poreux élaborés par des méthodes culinaires (poudres, pâtes malaxées, liants, enduction, séchage, calandrage, etc.) et longuement validés par d’interminables tests électriques ou mécaniques.
    Plus l’énergie est compactée et plus elle peut se libérer avec violence.

  5. Raymond Bonnaterre mai 19, 2017 à 10:33

    Tonton, la charge ultra-rapide des batteries pour EV doit être considérée comme une contrainte technique et financière résultant de ce choix marketing « Teslien » de vouloir développer de grandes routières purement électriques et non pas hybrides rechargeables par exemple.
    Pour assurer une autonomie acceptable elles doivent embarquer d’énormes batteries,dangereuses et onéreuses et comme ceci, en régime autoroutier, est encore insuffisant il faut de plus installer des stations services de recharge rapide le long des grands axes routiers. Stations hors de prix,, financées à terme par je ne-sais-qui et faisant appel à d’importantes pointes de puissance.
    Un calcul simple:: je veux pouvoir recharger en temps réel 10 voitures en moins d’une demi-heure.
    La puissance en courant continu pour recharger 100 kWh en une demi-heure est autour de 250 kilowatts avec des batteries de type Li-Ion (la tension de charge d’une batterie est supérieure à la tension d’équilibre, elle même supérieure à la tension moyenne de décharge en utilisation).
    Pour charger en temps réel 10 véhicules il faut donc pouvoir assurer 2500 kW continu, ce qui doit pomper autour des 3 MW au réseau, en pleine campagne.
    Il faudra brûler bien de lignite ou de charbon en Allemagne pour assurer cette puissance et importer encore plus de puissance électrique des États voisins en Californie qui ne produit que la moitié environ de son électricité. Forme évoluée d’écologisme bidon pour riche nation.
    Tout ceci ressemble à une fable où les gaspillages énergétiques et financiers feraient loi.
    La probabilité de succès industriel de ce genre d’aventure au long cours me semble faible.

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