Monday 22nd May 2017,
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Un gaz à la mode : le méthane

Un gaz à la mode : le méthane

Le gaz carbonique, censé nous plonger dans l’enfer climatique avant la fin du siècle, a du plomb dans l’aile. D’une part, la vitesse d’absorption de ce gaz par les terres et les mers s’accroit depuis des années (probablement en raison de la concentration croissante de ce gaz atmosphérique et du verdissement de la planète qu’il entraine) ce qui a tendance, par rétroaction, à limiter la croissance de son abondance atmosphérique. Son impact sur la vitesse du réchauffement planétaire d’autre part vient d’être réduit de moitié, pour ce début de siècle (porté de 0,2°K par décennie à 0,1°K par décennie) par le très orthodoxe NOAA dans un papier de Knutson et Col. paru dans Nature. Papier qui n’a pas eu, pour l’instant, ce  succès médiatique qu’il mériterait, puisqu’il corrige les larges excès de nombreux et incertains modèles climatiques en vigueur et rejette, de fait, à ce jour, les pompeux et inexplicables 2°C de réchauffement au-delà de la fin du siècle.

Alors, il est urgent de détourner l’attention du Crédule, avant qu’il ne se mette, lui aussi, à douter de ces « sciences » élaborées au doigt mouillé. De quoi vous chambouler l’esprit du premier mystique venu, auquel on fait absorber cette débile bouillie climatique avec l’aide spontanée de la propagande lancinante des Politiques et des Médias.

Certains ont alors trouvé le Méthane, sorte d’ersatz au dioxyde de carbone. Hypothèse immédiatement reprise en Décembre dernier par le Figaro, c’est vous dire:

« Ce gaz s’accumule ainsi dans l’air presque vingt fois plus vite qu’au début des années 2000, pour atteindre une concentration de 1834 parties par milliards en 2015. C’est plus du double qu’au début de l’ère industrielle, où sa concentration était autour de 730 ppb. »

C’est grave Docteur?  Mais un ppb ou partie par milliard en volume c’est quoi?

Pour en avoir une mesure simple, accessible  à tous, il faut d’abord le transformer en masse de méthane qui est un gaz plus léger que l’air de densité M/29= 16/29.

Les 1840 ppb en volume du moment deviennent alors 1840 x 16/29 = 1015 ppb en masse de l’atmosphère hors vapeur d’eau.

Cette masse valant, selon une pression atmosphérique moyenne et la surface de la terre, autour des 5,148 *10 P 18 kg, il en résulte qu’un ppb de méthane représente 2,84 millions de tonnes de méthane dans l’atmosphère. C’est une valeur très faible comparativement aux 3200 millions de TEP de gaz naturel produits par an en 2015 (source BP 2016) soit environ 2600 millions de tonnes de gaz naturel extraites annuellement.

A partir des publications du NOAA sur les teneurs mensuelles moyennes de CH4 dans l’atmosphère il est possible de calculer tous les mois les variations sur 12 mois des teneurs en CH4 dans l’atmosphère et d’extraire une moyenne mobile annuelle de ces variations. Exprimées en ppb par le NOAA, il est alors possible de les exprimer en millions de tonnes (FIG.I)

La variation est positive lorsque le flux de disparition de CH4 par oxydation photochimique radicalaire  dans la troposphère est inférieur au flux d’apparition de CH4 lié aux fermentations anaérobies diverses et aux fuites lors d’extractions ou de stockages des ressources énergétiques (gaz naturel, charbon, pétroles divers). La variation est négative, comme en 2005,  dans le cas inverse.

Il est simple de voir sur ce graphique que les variations annuelles des teneurs en CH4 moyennées sur 12 mois mobiles, sont ridiculement faibles et qu’en 2016 les valeurs de variations des premières années 90 sont retrouvées. Rien ne permet de prédire que la tendance de l’évolution récente de ces variations va se poursuivre

En charge d’une explication de ces variations mineures je demanderais poliment à l’EPA américaine de préciser l’impact sur le flux entrant, des énormes fuites de gaz récentes enregistrées en Californie sur les lieux de stockage de gaz naturel. Toute fausse pudibonderie de la part de cet organisme prestigieux serait condamnable.

Le 10 Janvier 2017.

 

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6 commentaires

  1. René GRAU janvier 11, 2017 à 8:59

    Dame Ségolène va-t’elle faire interdire le cassoulet ? :)

  2. Raymond Bonnaterre janvier 12, 2017 à 10:42

    Pour l’instant, avec les frimas, elle se préoccupe de la puissance électrique nucléaire de notre pays.
    Mais les troupeaux ont mauvaise presse en ce moment. Pour quand les demandes de cultures de soja ou de riz sur le Plateau des Mille Vaches?
    Le pastoralisme millénaire serait à bannir.
    Stupidités.

  3. Raymond Bonnaterre février 12, 2017 à 5:49

    Une très bonne synthèse, de Ruppel (USGS) et Kessler sur la participation éventuelle des hydrates de méthane sous-marins ou du permafrost au processus de réchauffement observé. Série de questions sur la stabilité dans le temps de ces clathrates et de la possible et complexe apparition de CH4 gazeux dans l’atmosphère terrestre.
    Le CH4 est un gaz vraiment à la mode.
    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016RG000534/full

  4. JP mars 14, 2017 à 1:44

    Si l’impact du CO2 est 2 fois moindre, ca colle grosso-modo avec la théorie de Scafetta qui attribue l’autre moitié à des variations solaires. Non?

  5. Raymond Bonnaterre mars 14, 2017 à 2:08

    JP les deux écoles sur l’évolution passée et à venir du climat s’opposent toujours. La plus ancienne, invoque l’existence de cycles en considérant notre planète dans le système solaire et en invoquant l’influence du Soleil et d’autres planètes sur ces cycles. Effectivement Scafetta et sa méthode empirique se situent plutôt dans cette école.
    L’autre approche plus récente, basée sur l’impact des gaz à effet de serre (CO2, CH4, et autres GHG) sur le climat déduit ses certitudes d’enfer annoncé de modèles mathématiques climatiques imparfaits. Il apparait aujourd’hui que ces modèles, étalonnés sur les données du XX ème siècle, ont probablement surinterprété l’impact des gaz à effets de serre, dont celui du CO2.
    Sur la base des dernières mesures durant le début de ce siècle, des équipes américaines du NOAA ont reconnu, il y a peu, qu’il fallait diviser par deux l’impact sur le climat des émissions de CO2 sur les résultats de la moyenne des modèles en vigueur. C’est ce que clame la climato-sceptique éclairée Judith Curry depuis des années, les modèles sont inexacts et exagèrent l’effet climatique.
    Bien-sûr cette révision déchirante n’a fait , pour l’instant, l’objet d’aucun écho auprès de la Presse grand-public.
    Les deux écoles, l’une cyclique, l’autre carbonique, subsistent donc. Il faudra bien, un jour, faire la part de l’une et de l’autre dans les phénomènes observés.
    Le drame potentiel de cette guerre de religion, est de dilapider par mysticisme obtus, des milliards de dollars et de changer, en mal, notre modèle économique pour essayer de maîtriser un climat qui dépendra bien peu des émissions anthropiques de gaz.
    L’intelligence est, à mon avis, du côté des climato-sceptiques anglo-saxons, ceux qui inspirent la politique climatique du Président Trump en ce moment.

  6. Raymond Bonnaterre avril 17, 2017 à 5:42

    Détecter les fuites de gaz devient une spécialité dans l’industrie pétrolière.
    http://fuelfix.com/blog/2017/04/13/methane-detection-jobs-booming/

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