Thursday 29th June 2017,
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Ne croyez pas aux sornettes, du moment, sur la baisse des consommations de carburants pétroliers dans les transports

L’effet TESLA, celui de ces véhicules électriques très onéreux, très puissants et connectés pour adolescents millionnaires aux États-Unis et dans le monde, pourvus d’énormes batteries électrochimiques, composées de plusieurs centaines ou milliers de petits éléments cylindriques (2070) assemblés entre eux en série/parallèle, au sein de modules, fait tourner les têtes de bien des idéologues. Certains de ces intellectuels vont même jusqu’à pronostiquer la décroissance imminente des consommations de produits pétroliers dans les transports routiers à partir de simples hypothèses de croissance de ces nouveaux véhicules électriques. Leurs conclusions sont reprises en-cœur par les médias. Après la fin des haricots et du charbon, voilà la fin du pétrole annoncée.

Seuls, certains connaisseurs de ces problèmes invoquent la non disparition imminente du moteur à explosion dans les poids lourds ou dans les grandes routières équipés le plus souvent de moteurs Diesel, mais ils ne sont guère écoutés. La lenteur des progrès techniques ne passionne pas le béotien qui attend toujours la nouveauté qui le sauvera de l’enfer climatique annoncé.

Je voudrais ici vous rappeler  quelques valeurs simples tirées des publications de l’OICA.

En 2015 il a été vendu dans le monde 90 millions de véhicules routiers essentiellement à moteur thermique.(FIG.I courbe verte). Ces ventes annuelles sont en croissance et suivent l’accroissement démographique mondial des populations des classes moyennes ainsi que les progrès économiques du monde.

 

Compte tenu d’une mise en déchet estimée autour de 41 millions de véhicules en 2016 (3,2% du parc de l’année précédente), le parc de véhicules routiers dans le monde devrait s’accroitre cette année de 49 millions d’exemplaires pour atteindre  1,33 milliard d’exemplaires.

Il apparaît tout de suite une évidence:  la vente annuelle de quelques centaines de milliers de véhicules électriques ne va pas fondamentalement changer les flux de consommations de carburants.

Pour être le plus rigoureux possible il me semble raisonnable de formuler cette compétition entre les deux modes de propulsion (thermique ou électrique) de la façon suivante:

l’arrivée sur le marché de véhicules électriques va réduire d’autant la vitesse de croissance du parc de véhicules thermiques. Cette croissance va bientôt  atteindre les 50 millions de véhicules par an (FIG.II  dont les valeurs 2015 et 2016 de croissance du parc sont estimées)

Il est possible de déduire de ces observations simples que les ventes de véhicules électriques dans le monde n’agiront de façon significative sur les consommations unitaires moyennes de carburants des véhicules routiers qu’à partir de volumes de ventes de quelques dizaines de millions d’exemplaires par an.  Cet effet sera d’autant plus ténu que ce sont surtout des véhicules urbains, aux faibles consommations de carburants, qui seront d’abord remplacés par ces EV, les poids lourds consommant toujours et encore les carburants pétroliers.

CONSULTER certains écrits aguicheurs sur ce sujet par Bloomberg, spécialiste des informations farfelues dans ce domaine.

 

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10 commentaires

  1. René GRAU novembre 25, 2016 à 12:13

    Merci pour cet article très intéressant. Pour aller encore plus loin: combien de barils / jours économisés si 10 millions de véhicules EV rempl

  2. René GRAU novembre 25, 2016 à 12:16

    - (désolé pour le bug), remplacent autant de véhicules thermiques ? Réponse : à peine 130.000 barils/ jours, càd presque rien. ( Hyp: conso véhicule thermique 5 l/ 100 et 15.000 km roulé par an).

  3. Raymond Bonnaterre novembre 25, 2016 à 3:38

    René, je ne parle pas, volontairement, d’économies parce qu’elles sont trop faibles et donc imperceptibles, noyées au sein de toutes les autres actions d’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules (hybrides, baisse de masse, réduction des frottements, etc).
    Aujourd’hui avec une croissance du parc de véhicules de 50 millions d’unités par an et avec l’activité économique du monde telle que nous la connaissons, le flux de consommation mondiale de produits pétroliers par an croit d’un peu plus d’un million de barils par jour.
    Demain si le parc de véhicules thermiques ne croit que de 40 millions d’unités, avec chaque année 10 millions d’EV commercialisés en parallèle, les consommations de produits pétroliers poursuivront leur croissance annuelle parce que le monde aura toujours besoin d’énergie et donc de carburants.
    En effet il n’y a pas qu’une variable mais deux: la croissance du parc de voitures électriques et celle du parc de véhicules thermiques. C’est pour cela que de ne considérer que la croissance des ventes d’EV conduit à raconter des âneries…mais nous en avons entendu d’autres.
    L’effet sera d’autant plus ténu que ce sont des véhicules thermiques urbains qui resteront au garage, les poids lourds aux réservoirs remplis de gasoil poursuivront, eux, leur chemin.

  4. papijo novembre 26, 2016 à 3:05

    Suite à votre article, j’ai cherché sur internet: « Voiture électrique d’occasion ». Ce qui m’a frappé, c’est le faible kilométrage de ces voitures: plus souvent au-dessous de 5000 km par an que au-delà de 10000 (mais il y a bien sûr des exceptions). Manifestement, il s’agit le plus souvent de la 2ème ou 3ème voiture du ménage et elle n’est utilisée que pour amener les enfants à l’école et acheter sa baguette de pain ! Rien qui puisse avoir une influence visible sur la consommation de carburant ! Exemple: http://www.auto-selection.com/voiture-occasion/electrique-2.html

  5. Raymond Bonnaterre novembre 27, 2016 à 7:37

    Effectivement, Papijo, en mode urbain occasionnel, 10000 km c’est au moins deux ans d’utilisation en Europe.

  6. Amiral_sub décembre 20, 2016 à 10:36

    les chiffres annoncés sont faux, le kilométrage moyen d’un V.E. est très supérieur à celui d’un véhicule thermique: http://www.breezcar.com/actualites/article/combien-kilometre-par-an-parcourir-voiture-electrique-0215
    Il s’avère que le V.E. d’un foyer devient le véhicule principal, le VT n’étant plus utilisé que pour les longs trajets

  7. Raymond Bonnaterre décembre 22, 2016 à 2:07

    Amiral, encore faudrait-il savoir à qui ont été vendus ces premiers exemplaires de cette LEAF? A des notables régionaux ou municipaux par exemple, à des leaders d’entreprises locales, ou à des clients comme vous et moi.
    Tout repose sur la représentativité de l’échantillon des premiers acheteurs.
    Je ne vois pas pourquoi, de posséder un EV pousserait à conduire plus, de façon compulsive.
    Un véhicule urbain roule souvent moins qu’un camion. Restons en à des concepts simples.

  8. J.T. mai 2, 2017 à 8:06

    L’évolution vers des CAMIONS ÉLECTRIQUES et AUTONOMES pourrait être plus rapide que prévue : http://www.futura-sciences.com/tech/actualites/voiture-top-5-camions-futur-64300/

  9. papijo mai 3, 2017 à 8:20

    @ J.T.
    Ce qui est significatif dans votre lien, c’est que malgré le titre, aucun de ces camions « du futur » n’est un « camion purement électrique », même s’il y a un camion à moteur électrique alimenté par une pîle à combustible à hydrogène (dont on a préféré taire le rendement et le coût !).
    C’est certainement la preuve qu’un poids lourd purement électrique n’est pas concevable dans les quelques décennies qui viennent !

  10. Raymond Bonnaterre mai 3, 2017 à 12:26

    Tesla serait en-train d’en concocter un?
    En dehors des véhicules de livraison des derniers kilomètres à faible vitesse en milieu urbain, la consommation d’énergie en régime autoroutier, 2 à 3 fois supérieure à celle de référence en milieu urbain, rend bien hypothétique le financement d’une batterie d’un ou plusieurs MWh , même si des économies de carburant sont en jeu.
    Il faudra trouver des enjeux commerciaux, marketing ou d’image pour justifier ce genre d’investissement.

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