Monday 23rd January 2017,
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Leurs convictions climatiques peuvent-elles justifier une brouille entre nos dirigeants et les autorités américaines?

Leurs convictions climatiques peuvent-elles justifier une brouille entre nos dirigeants et les autorités américaines?

Monsieur le Président,

J’ai en consultant les diverses gazettes télévisées, découvert des images sur votre prise de parole à Marrakech, devant vos pairs réunis pour y parler climat et réchauffement de la planète.

Je ne doute pas un seul instant de la sincérité de vos convictions, mais vous savez, mieux que quiconque,  qu’au poste éminent que vous occupez, l’éthique de responsabilité doit prévaloir lors de vos prises de parole.

Je voudrais ici, tout simplement, apporter certains arguments qui devraient vous convaincre que ces soi-disant querelles climatiques sont surjouées et ne valent pas la peine d’une brouille, même passagère, avec ce grand pays que sont les États-Unis.

Soyez, tout d’abord convaincu qu’au sein de l’électorat républicain américain figurent de grands esprits scientifiques, à l’esprit critique élaboré. Cet ensemble d’électeurs n’est pas composé que d’hommes blancs, simples, ignorants et mystiques, sornettes dont tendent à nous persuader les divers commentaires des médias français.

Essayez également de placer ce débat dans l’histoire des théories du climat. Conflit entre les ANCIENS, paléo-climatologues et géologues persuadés par leurs observations empiriques de terrain du caractère cyclique du climat entre périodes glacières et phases de réchauffement discernables, et les MODERNES qui, en utilisant des simulations informatiques complexes et imprécises, ont persuadé une large part de l’Opinion que le climat n’était déterminé que par les émissions de gaz à effet de serre, gaz carbonique et méthane essentiellement, dont les émissions sont attachées aux activités économiques humaines industrielles et agricoles. Émissions pompeusement qualifiées d’anthropiques.

Le débat entre ces deux écoles de pensée, dont aucune n’est objectivement réfutable, peut se résumer simplement à la question pertinente suivante:  quelles sont les parts respectives de l’une et de l’autre de ces théories qui peuvent expliquer le réchauffement de la planète mesuré et qui est de l’ordre d’un degré Celsius depuis 1914?

Un degré Celsius par siècle est une vitesse de réchauffement raisonnable pour les paléo-climatologues qui affirment en avoir identifié de plus rapides. Le gaz carbonique et le méthane mais aussi la vapeur d’eau sont des gaz qui absorbent certains rayons infra-rouges émis par la Terre et expliquent l’effet de serre. Le positionnement de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’écliptique, l’activité solaire, peuvent également participer de façon directe ou indirecte à ces phases de réchauffement ou de refroidissement. Enfin certains évènements aléatoires, comme le volcanisme, peuvent agir radicalement sur le climat.

Il me semble essentiel, ce que font certains « climato-sceptiques » américains, plutôt républicains, de bien comprendre la nature du débat pour ne pas la déformer ou la schématiser, ce qui est une façon ordinaire et fréquente utilisée dans notre pays, pour disqualifier avec élégance, celui qui ne partage pas vos vues.

Un autre débat me semble aujourd’hui pollué par certaines approches trop simplistes, telles que l’évocation des quantités cumulées d’émissions anthropiques de CO2 qui détermineraient l’aggravation du réchauffement observé.

Quelques chiffres simples et scientifiques sont donnés dans la seule table de ce papier. Ce sont les résultats de analyses en CO2 atmosphérique réalisées par les équipes américaines à Mauna Loa et celles réalisées par les équipes japonaises dans l’Antarctique sur la base de Syowa. La moyenne de ces données conduit à une bonne estimation des teneurs atmosphériques en CO2 dans le monde. Entre Janvier 1986 et Janvier 2016, soit sur une période de trente ans de fortes émissions mondiales débridées en gaz carbonique d’origine industrielle et agricole, les teneurs en CO2 atmosphérique ne se sont accrues que de 16% environ, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne de 0,48%.

La raison essentielle de ces faibles progressions mesurées est a attribuer aux aptitudes d’absorption du CO2 par les terres et les mers. Le verdissement de la planète, plus chaude, globalement plus humide, fertilisée par le CO2, conduit à une absorption naturelle accrue de CO2. En d’autres termes la courbe dans le temps des rejets anthropiques diverge de celles des accroissements annuels de CO2 dans l’atmosphère. Au rythme des rejets et des absorptions observés durant ces trente dernières années, et dans le cadre d’une évolution exponentielle de la courbe moyenne des teneurs en CO2 atmosphérique, il faudrait autour des 147 ans pour observer un doublement de la teneur atmosphérique moyenne en CO2 de notre planète, ce qui nous conduit en 1986+147=2133. Dans la réalité, grâce aux efforts que vous soutenez de limitation des émissions anthropiques de CO2 et grâce à la croissance naturelle des capacités d’absorption en CO2 par les terres et les mers, cette durée de doublement sera beaucoup plus longue, allant même jusqu’à une stabilisation sinon une régression pure et simple de la teneur en CO2 atmosphérique.

Il me semble donc important de prendre conscience de la lenteur des phénomènes en raison de ces rétroactions négatives qui ralentissent l’accroissement des teneurs atmosphériques en CO2. La baignoire (l’atmosphère) que l’homme essaie à tout prix de remplir de gaz carbonique avec un flux annuel de 40 milliards de tonnes,  fuit de 22 milliards de tonnes chaque année en ce moment, elle fuira plus encore demain avec l’enrichissement en CO2 de l’atmosphère et l’accroissement des vitesses limites de diffusion de ce gaz à la surface humide des végétaux ou des roches calcaires.

Que pèsent dans ces équations un ou deux mandats présidentiels américains, durant lesquels la combustion du gaz naturel local, économique et abondant fera Loi, face à ces échéances qui nous portent au milieu du XXIIème siècle? Que peuvent valoir de telles prévisions à si longue échéance? Nul ne peut imaginer, à si long terme, ce que seront en quantité et en qualité les ressources énergétiques nécessaires au bon développement des populations.

Non, Président, vos convictions climatiques ne doivent pas influencer  la qualité des liens entre nos Nations, trop d’intérêts sont en jeu. Vous le savez, les réactions enfouies  « d’anti-américanisme primaire » sont toujours prêtes à resurgir de la part de certains de nos concitoyens. Cette remise au goût du jour de ces sentiments nauséabonds d’après-guerre, ne serait pas digne de la part d’un élu socialiste.

Le 16 Novembre 2016

 

 

 

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5 commentaires

  1. René GRAU novembre 18, 2016 à 4:25

    Merci pour votre missive à la Présidence. Ayez bien présent à l’esprit que qui contrôle les émissions de Co2, contrôle toute l’activité humaine, notamment industrielle et agricole. C’est donc une arme politique nouvelle aux mains des élus. La boite de Pandore étant ouverte, vous aurez bien du mal à en priver les élus, présents comme futurs…

  2. Raymond Bonnaterre novembre 18, 2016 à 5:14

    Merci René pour votre remarque. Je ne pense pas, contrairement à notre Président, que la vie sur Terre soit menacée par les émissions anthropiques de CO2. Tout simplement parce que toutes ces émissions finiront bien un jour en bicarbonates, étape ultime du cycle du carbone par la réaction du CO2, de l’eau et des carbonates terrestres ou marins. Or, je n’ai pas peur du bicarbonate de soude qui est excellent pour calmer les aigreurs d’estomac et donc pour détendre les âmes aigries qui nous entourent.
    Il y aurait pire que le réchauffement climatique, c’est le refroidissement climatique. Louis XVI et son épouse en ont perdu la tête.
    Les périodes froides ne sont pas favorables aux Politiques au pouvoir.
    Le Président devrait le savoir.

  3. Raymond Bonnaterre novembre 21, 2016 à 8:53

    Voir aussi l’aptitude des océans antarctiques à capter une part croissante de ce CO2 atmosphérique qui semble-t-il intervient dans le bilan de l’accroissement mesuré du CO2 atmosphérique.
    http://www.nature.com/news/how-much-longer-can-antarctica-s-hostile-ocean-delay-global-warming-1.20978?
    Cette aptitude croissante a débuté avec le bond des rejets asiatiques, après 2002. Cette rétroaction n’est pas un hasard.

  4. Olivier novembre 24, 2016 à 7:50

    J’aurais plutôt écrit « Cette remise au goût du jour de ces sentiments nauséabonds d’après-guerre, est tout à fait digne de la part d’un élu socialiste ». Tellement typique.

  5. Raymond Bonnaterre novembre 25, 2016 à 7:39

    Vous pouvez accéder à une excellente synthèse de Javier et Andy May sur les théories et les observations portant sur le caractère cyclique du climat dans:
    https://wattsupwiththat.com/2016/11/24/the-bray-hallstatt-cycle/
    Ces thèses argumentées et renseignées supportent un rôle majeur des cycles solaires sur le climat, paramètre pour l’instant disparu des thèses officielles.
    Mais les échelles de temps ne sont pas les mêmes.
    L’une se préoccupe d’un possible climat à la fin de ce siècle, l’autre parcourt les millénaires.

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