Monday 24th April 2017,
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Allemagne: des centrales électriques au charbon comme paquerettes

Allemagne: des centrales électriques au charbon comme paquerettes

La  soi-disant « politique énergétique » européenne monomaniaque, axée sur la réduction des émissions de CO2 va se concrétiser dès 2013 par la construction de nombreuses nouvelles centrales allemandes au charbon ou au lignite annonce le BDEW association des producteurs d’énergie allemands (TAB.).

Pour le moins l’objectif est raté par les incompétents de Bruxelles.  Alors qu’ il est bien connu que la Chine brûle, de son côté, des milliards de tonnes de charbon, cette fantaisie allemande n’apparait pas comme très grave à l’échelle de la planète…mais pour le chantre européen de l’écologie bien-pensante européenne, ceci n’est tout de même pas terrible. Une consolation, ces centrales peu chargées par les droits d’émissions de CO2 (ETS) bradés à vil prix la tonne, produiront une énergie électrique très compétitive pour l’industrie allemande. Les centrales au gaz naturel moins polluantes et plus performantes seront appelées à se mettre en veille…le gaz européen est trop cher.

Le charbon ressource de base de la transition énergétique allemande.

CONSULTER la liste, établie par le BDEW,  des diverses centrales électriques allemandes programmées pour les années à venir.

 

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24 commentaires

  1. yt75 avril 25, 2013 à 6:49

    Et oui, les directives Bruxelloises sont la plupart du temps des caricatures de niaiseries, fixer des « cibles » sur les bio carburants, le pourcentage de renouvelable dans le mix, ce genre de conneries.
    Et puis les petits jeux d’ »économistes » genre marchés du CO2.
    La seule chose valide serait des bêtes taxes au volume sur les fossiles (sur le contenu énergétique ou CO2, mais enfin plus ou moins équivalent).

  2. lalary avril 26, 2013 à 8:34

    Certes mais globalement les énergies fossiles diminuent dans le mix allemand alors que les ENR progressent très fort. C’est l’arbre qui cache la forêt ces constructions de centrales thermiques.

  3. anonymous56 avril 26, 2013 à 3:16

    @Raymond,

    N’y a-t-il pas d’erreur dans le tableau avec des centrales au charbon à 1600MW autant qu’un EPR ?

    >Le charbon ressource de base de la transition énergétique allemande.

    Combien de vies humaines à sacrifier dans des évènements climatiques à cause de l’utilisation de ce charbon au niveau mondial ? Je pense en particulier aux zones cotières.

  4. letrader avril 27, 2013 à 4:39

    Ce n’est pas le gaz qui est trop cher en Europe, mais le prix de l’électricité sur le marché qui reste trop bas à cause essentiellement de la demande en berne et des renouvelables subventionnées.

    Certes l’ETS a échoué (mais n’est pas définitivement mort) mais d’autres mécanismes de taxes prendront la relève comme le carbon floor au UK et les marchés de capacité. Les centrales à gaz finiront par revenir dans le mix un moment ou à un autre.

    Les chinoisétudient l’introduction d’un système de cap & trade similaire à l’ETS car la population commence à être exaspérée par la pollution.

  5. papijo avril 27, 2013 à 5:39

    @anonymous56
    Non, il ne s’agit pas d’une erreur. Une centrale peut contenir plusieurs chaudières et turbines. En faisant « List of coal power stations » sur Wikipedia, vous trouverez la liste de toutes les centrales charbon dans le monde de plus de 2000 MW !

  6. yt75 avril 29, 2013 à 11:28

    @letrader

    Les marchés du CO2 sont des niaiseries de mauvais goût, tout ça a remplacer par des bêtes taxes au volume. (et comme ça pas besoin de trader, en plus).

  7. Raymond Bonnaterre avril 30, 2013 à 9:33

    La compétition gaz naturel charbon est déterminée en Europe par les prix relatifs des énergies électriques issues de l’un ou de l’autre. En effet, les opérateurs de réseau appellent, après les énergies renouvelables, les puissances nécessaires par ordre de prix croissants. Bien souvent les centrales au charbon turbinent alors que celles au gaz naturel moins polluantes sont en veille. C’est la raison pour laquelle GDF-SUEZ vient de placer sous cocon des centrales au gaz performantes mais non compétitives en prix et donc peu utilisées. Les industriels allemands, en substitution aux centrales nucléaires politiquement bannies, privilégient de ce fait dans leur choix le charbon importé ou le lignite local. L’industrie allemande, largement dispensée des charges tarifaires sur les énergies renouvelables, doit être compétitive pour exporter plus pour gagner plus.
    Pendant ce temps, en France, nous allons arrêter nos centrales à charbon et investir dans l’éolien offshore hors de prix. Les rares industries encore actives sur notre territoire paieront… bien fait!

  8. bil mai 6, 2013 à 10:30

    Bonjour Mr Bonnaterre,

    Une brève importante:

    http://www.agoravox.tv/actualites/technologies/article/la-pile-du-futur-est-nee-ultra-39021

    Qu’en pensez vous?
    Merci pour votre réponse.
    cdlt.

  9. Ray mai 7, 2013 à 2:22

    Les supercapacités qui stockent une faible quantité d’énergie sont capables d’accepter et de délivrer de très fortes puissances électriques. Leurs applications sont encore limitées en raison de la faible énergie stockée. Citons par exemple leur utilisation dans les technologies micro hybrides chez Peugeot-Citroën.
    Pour améliorer les performances de ces supercapacités les laboratoires travaillent à développer la surface du matériau de carbone qui constitue généralement l’électrode négative. C’est le cas du papier que vous citez ici.
    Mais ne vous laissez pas impressionner par la charge ultra-rapide….elle nécessite des sources de courant très puissantes et rapidement hors de prix.
    Pour charger 1 Ah en une seconde il faut un chargeur qui sache délivrer 3600A avec des arrivées de courant proportionnées.
    Quand au côté écologique…c’est le baratin habituel des quasi-escrocs qui oublient de vous parler de l’électrolyte et de l’autre électrode. Ce n’est pas un signe de sérieux scientifique.
    Encore un journaleux qui emphase sur l’agora!

  10. jacqueshenry mai 16, 2013 à 2:07

    voici ce que j’ai laissé sur mon blog aujourd’hui :
    http://jacqueshenry.wordpress.com/2013/05/16/il-y-a-du-bois-en-france-brulons-le/

  11. Raymond Bonnaterre mai 16, 2013 à 4:25

    JH, il y a belle-lurette que certaines centrales électriques au charbon ajoutent des pellets dans leurs chaudières. Un cheval de charbon, une alouette de pellets … pour le pâté bio au green washing.
    http://www.leblogenergie.com/2011/05/16/rwe-des-granules-de-bois-americains-pour-les-centrales-thermiques-europeennes-par-centaines-de-milli/

  12. Herve DUPERRAY juin 8, 2013 à 6:46

    Gouvernements ayant ré-élection comme priorité-1, ne sont que le jouet de lobbys financiers graissant leurs pattes: Evident pour l’éolien; Davantage subtil pour les ONG anti-nuc, anti-gaz de schiste qui sont en fait soudoyées par Gasprom. En effet, plus il y aura d’éolien et PV, plus il faudra de centrales au gaz pour servir de béquilles à leur production flageolante.
    Et qui va en profiter? Le fournisseur de gaz Gasprom.
    La preuve? Des dirigeants d’une certaine ONG historique ont été nommés à des postes de direction au WWB, l’entité de protection écologique de la Baltique. Qui la finance?
    Gasprom.
    Pourquoi Greenpeace ne combat pas le nucléaire en Tchéquie? A cause du projet de centrale atomique de Tremelin que la Russie espère fournir.
    Donc le rêve de tout écolo-anti-tout est de devenir suffisamment nuisible pour se faire acheter.

  13. laurent juin 8, 2013 à 4:00

    Ces centrales auront un rendement d’au moins 46% contre 30% pour la moyenne des centrales dans le monde.

    Par rapport à la moyenne des centrales dans le monde, ces centrales consommerons au moins 35% de charbon en moins.

    En plus, elles peuvent remplacer une partie du charbon par de la biomasse.

    Grâce à l’isolation, les 60 millions de TEP (tonne équivalent pétrole) de biomasse, utilisées dans le chauffage en Europe, pourraient servir à remplacer 60 millions de TEP de charbon.

    En 2007, en Europe, les centrales ont produit 1023,4 TWh avec 247,9 millions de TEP de charbon. Soit un rendement moyen de 35,5%.

    Avec des centrales à 46% de rendement et en utilisant 60 millions de TEP de biomasse, l’Europe réduire sa consommation de charbon dans ses centrales de 116 millions de TEP (56 MTEP grâce au meilleur rendement et 60 MTEP grâce à la biomasse).

    Soit presqu’une division par 2.

  14. Raymond Bonnaterre juin 10, 2013 à 1:02

    Votre bilan, Laurent, serait à la rigueur correct dans le cas d’une modernisation des centrales à charbon en activité. Mais n’oubliez pas que dans le cas allemand ces nombreuses centrales remplacent tout simplement des centrales nucléaires qui n’émettaient aucun CO2. Le bilan sera donc un accroissement des achats de charbon américain par l’Europe et des émissions de ce gaz….mais si minimes par rapport aux records asiatiques en vigueur.

  15. Laurent juin 11, 2013 à 8:54

    Evidemment, il faut aussi investir dans les économies d’énergie.

    Toujours en 2007, l’Europe a consommé 2843 TWh d’électricité (Source Eurostat Tendances de la consommation finale d’électricité dans l’UE des 27).

    Dans le résidentiel , l’éclairage, le chauffage et la réfrigération ont représenté 442 TWh.
    Dans le tertiaire, l’éclairage, le chauffage et la réfrigération ont représenté 437 TWh.

    Soit un total de 879 TWh ou 56% de la consommation d’électricité dans le résidentiel et le tertiaire (au total 1560 TWh).

    Avec les tecnologies disponibles (l’éclairage LED, l’isolation, les pompes à chaleur utilisant les eaux usées et la réfrigération par stockage de froid la nuit), il y a au moins 600 TWh à économiser.

    Avec les économies d’énergie et des centrales plus performantes, il y de quoi faire.

    PS. Il ne faut pas oublier que l’Europe utilise toujours le chauffage au charbon. Soit environ 10 millions de TEP en 2007.
    C’est autant que la consommation française de charbon.

    Là, aussi l’isolation permettrait d’économiser 10 millions de TEP de charbon supplémentaires.

    Mais aussi d’économiser une très grande partie des 160 millions de TEP de gaz naturel et des 64 millions TEP de pétrole utilisées dans le résidentiel et le tertiaire (chiffres 2007).

  16. Bête spatio-temporelle juin 19, 2013 à 3:41

    L’Allemagne a fait le choix d’un investissement sur le long terme avec le solaire, qui ne nous donnera aucune pénurie sur Terre avant… des milliards d’années. Avec un investissement pareil, autant dire qu’on est tranquille.

    Le problème technique est qu’il n’y a pas de soleil la nuit, tandis que les Hommes ont besoin d’électricité lorsqu’il fait nuit, ne serait-ce que pour avoir de la lumière et lire.

    Or, il y a un excès de la ressource le jour.

    D’où l’idée qu’il faut stocker cet excès de production le jour, pour s’en servir la nuit, quand on en a besoin.

    Problème technique : on ne sait pas le faire.

    C’est pour cette raison que l’Allemagne construit des centrales à charbon ! Nous n’en sommes pas encore au point où la recherche a trouvé comment stocker l’électricité.

    Je pense que cette recherche du stockage de l’électricité mérite qu’on y accorde plus de moyens, aussi bien financiers qu’intellectuels.

    • papijo juin 23, 2013 à 8:05

      Si les problèmes de stockage de l’électricité vous passionnent, voici un rapport http://www.cerna.ensmp.fr/images/stories/Innovation/memoire_assoun_ferrier.pdf
      de 180 pages réalisé par 3 élèves du Corps des Mines que j’ai trouvé très complet et intéressant.

      Je vous avouerai que ma conclusion serait plutôt: arrêtons les énergies renouvelables intermittentes tant qu’elles ne sont pas compétitives. Il y a de bien meilleures manières de valoriser le peu d’argent que nous avons encore !

  17. Ladoga juin 30, 2013 à 2:03

    Merci papijo pour les infos sur les centrales au charbon et au gaz

    Plus particulièrement sur le redémarrage de ces centrales expliqué dans un autre blog
    Dont je préfère taire le nom (vus la gentillesse de certains membres)

    C’est toujours enrichissant et instructif d’avoir des gens qui sont aux manettes ou y ont été.
    N’hésité pas à développé, je suis preneur
    Encore merci

  18. john octobre 14, 2013 à 2:29

    Il ne suffit pas d’avoir des centrales en chantier pour que la consommation de charbon augmente (quid des fermetures ?).

    Pour l’instant, la capacité totale des centrales à charbon n’augmente pas en Allemagne : http://goo.gl/CBY6fk
    Et la production d’électricité au charbon n’augmente pas non plus : http://goo.gl/99T4j9

  19. Raymond Bonnaterre octobre 15, 2013 à 6:41

    Pour juger du futur de la ressource énergétique électrique allemande je pense que la construction de centrales est un indicateur avancé pertinent. Vos liens parlent inutilement des consommations depuis 1980 qui n’apportent rien à la résolution du problème et présentent un biais graphique en raison des choix univoques récents allemands. Il restait en 2012 quelques centrales nucléaires en Allemagne en activité, mais le lignite (brown coal) dont la consommation croît de 2,7 points en part du marché de la génération d’électricité demeure en 2012 la ressource énergétique allemande de premier rang.
    La base de ressource électrique allemande, indispensable à la stabilité du réseau, ne sera plus nucléaire, elle sera assurée par la combustion de lignite local et de charbon importé. C’est une évidence qui n’est pas dutout challengée par les articles non pertinents que vous citez.
    Voir sur Destatis.
    https://www.destatis.de/EN/FactsFigures/EconomicSectors/Energy/Energy.html;jsessionid=5392803D6178677215123FED087B5B6F.cae2

    Less electricity produced from nuclear energy

    In 2012, 15.8% of electricity were produced from nuclear energy in Germany. In 2010, that is, before the nuclear accident happened in Fukushima, the share was 22.2% and thus clearly higher. This is shown by provisional data of the Working group on energy balances (AGEB).

    In the same period, the proportion of renewable energy sources increased from 16.6% to 22.6%. Wind power was the major renewable energy source in 2012, too (2012: 8.1% of total electricity production).

    More than a quarter of total electricity (25.7%) was generated from brown coal in 2012. Compared with 2010, its proportion increased by 2.7 percentage points (2010: 23.0%). Thus, brown coal remained the most important energy source in Germany in 2010.

  20. Lucien novembre 18, 2013 à 4:25

    La construction de toutes les centrales électriques citées a été décidée entre 2005 et 2007, excepté une en 2008.

    C’est donc bien avant l’arrêt en 2011 de six réacteurs nucléaires + deux déjà en panne depuis trois ans.

    Aucune nouvelle centrale au charbon ou au lignite n’est en projet. Au cours des récentes années, 22 projets ont été abandonnés et 4 reportés à une date très hypothétique.

    En 2010, l’Allemagne produisait 170 TWh de nucléaire (99 TWh en 2012), 291 TWh de charbon et lignite (276 TWh en 2012), 38 TWh de renouvelables (135 TWh en 2012).

    Ce sont les énergies renouvelables qui poussent comme des pâquerettes. Les combustibles fossiles font plutôt grise mine.

  21. Raymond Bonnaterre novembre 21, 2013 à 8:04

    Vous avez raison Lucien. Ce sont les énergies renouvelables qui font la loi en Allemagne et partout en Europe. Les règles européennes de priorité d’usage sur le réseau sont là pour systématiquement les favoriser. A tel point qu’aucune nouvelle centrale à combustible fossile, par force sous-utilisée, n’est à ce jour rentable et que les projets les concernant sont abandonnés les uns après les autres… à moins de les subventionner un jour ou l’autre?
    Il va falloir s’habituer à disposer d’électricité de façon intermittente. La solution évidente pour s’adapter à cette contrainte: mettre en place des tarifs du kWh totalement dissuasifs aux heures de pointes où par temps de haute pression sur le nord de l’Europe.
    Nous allons connaître la pénurie de ressources électriques dans l’Europe de l’Ouest. Or seuls les prix permettront de réguler la demande et la mettre en phase avec une production aléatoire. Ceci ne viendra pas enrichir les Nations concernées, il faudra en effet fermer de toute urgence toutes les industries électro-intensives (Alu, Chlore, PVC, Soude, ciment, papier, carton,etc.) en Europe et importer ces produits qui seront produits ailleurs, avec du charbon par exemple. Stupidité du « carbon leaking » conséquence d’un écologisme européen obtus qui préfère fermer les usines plutôt que d’en optimiser l’efficacité énergétique.
    La politique énergétique de l’Europe qui se résout à réduire les émissions de CO2, est une calamité qui frappera dur les générations à venir.
    Il faudra bien un jour se poser les vraies questions qui concernent notre bien-être et donc la pérennité de nos démocraties. Si la richesse nous a conduit vers la démocratie, la pauvreté nous fera revenir vers la brutalité du plus fort qui voudra accaparer les rares richesses encore disponibles.
    Une idéologie de la décroissance économique est un projet de retour à la bestialité. l’Histoire nous apprend que les formes perverses et brutales des idéologies extrêmes prévalent toujours.

  22. Tonton novembre 21, 2013 à 8:42

    Synthèse efficace et rapport à lire absolument. Du bon boulot de l’IFRI. http://www.connaissancedesenergies.org/une-page-pour-decider/transition-energetique-allemande-a-quel-prix

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