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Grandeur et décadence du leader du photovoltaïque allemand
Par Raymond Bonnaterre | (14) Commentaires
Q-Cells leader mondial de l'industrie des cellules et des modules photovoltaïques a profité pendant longtemps d'une politique énergétique allemande favorable aux ressources alternatives comme le solaire. Ce support financier abondant et constant du Gouvernement allemand, payé par le consommateur, a permis à Q-Cells de devenir le leader mondial, doublant même le japonais Sharp, handicapé par un arrêt momentané des aides financières du gouvernement nippon. Ses productions de modules sont essentiellement à base de Silicium cristallin, malgré une diversification amorcée dans les modules en couches minces au travers de filiales. Mais si les trop copieuses aides d'Etat ont d'excellentes vertus pour lancer une industrie nouvelle, elles ont un large défaut: elles créent une industrie de rente peu motivée à faire des gains de productivité et surtout elles attirent la concurrence des pays à faible coûts comme la Chine ou Taïwan. Le marché voit se dérouler en ce moment un formidable renversement, accéléré par la crise financière et économique: cette industrie de composants va peu à peu quitter l'Europe, pour se localiser en Asie où le Silicium et la main d'oeuvre pour assembler les modules sont à des tarifs défiant toute concurrence. En parallèle les prix de marché du Silicium, des wafers et des modules, devant une offre chinoise pléthorique, amorcent une chute non anticipée. Le Marché boursier a bien pris en compte cette nouvelle donne, il suffit d'examiner la courbe des cours de Q-Cells pour comprendre que les données fondamentales ont été bouleversées en trois ans (FIG.).
Un exemple parmi d'autres qui montre que le greenbusiness, comme le business tout court, peut être capté par les pays en développement et devenir un handicap pour les pays développés. L'Allemagne sous les coups de la concurrence et des délocalisations, va devoir gérer le retrait de son industrie des composants de la filière photovoltaïque. Ceci n'est pas en contradiction avec le développement annoncé de la ressource solaire qui fera appel de plus en plus à des systèmes complexes centralisés ou décentralisés, mettant en musique la production d'électricité, le besoin en énergie des foyers et la gestion optimale des réseaux. C'est de façon évidente dans ce domaine qui fait appel à beaucoup d'intelligence que doivent être focalisés les efforts.
Le 4 Juillet 2009
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Commentaires
Rédigé par : don | 4 juil 2009 21:58:20
bingo
avec raymond, y'a plus qu'a se suicider !!
t'es payé par le lobby chinois ou tu es europhobe !! Si en Europe, on changait la fiscalité qui favorise les délocalisations plutot que l'indistrie, on aurrait les industries dont on a besoin
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Rédigé par : ray | 5 juil 2009 07:14:00
Les deux mon général. Non seulement je suis payé par les Chinois, je suis anti européen et c'est moi qui ai fait effondrer le cours de Q-Cells. Mais à part ça, tout va très bien Madame la Marquise!
Don, tout cela pour dire que s'accrocher à une industrie des composants aux deux tiers chinoise est peut-être une mauvaise idée et qu'il vaudrait mieux en France se pencher sur une industrie des systèmes (Module solaire, batterie, onduleur, compteur intelligent, chargeur de voiture électrique, etc.). Mais cela suppose de l'intelligence, de la créativité, une offre commerciale percutante, un réseau d'artisans détaillants parfaitement formé et compétent, des aides d'Etat appropriées. C'est un énorme investissement sur plusieurs décennies pour créer un réseau français "smart".
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Rédigé par : don | 5 juil 2009 15:00:34
ray, ton raisonnement est totalement universitaire (francaise bien sur)
dans ce cas, plus d'industrie auto, machine outils, etc...
Je pense que le green business va être gigantesque et ne pas y aller parsqu'on est un en retard est stupide.
Le marché du photovoltaique va être GIGANTESQUE et si l'on se resigne à acheter en chine ts les panneaux que l'on aurait pu faire, il faudra alors renoncer à ne plus financer la securité sociale (par exemple)
Si en france on avait transferé les cotisations salariales vers une TVA social( en gros une taxe d'importation adoucit), on aurait beaucoup plus de raison d'investir. Mais tant que les industries ayant choisit de delocaliser sont pieds et poings liés avec un certain Sarkosy, y'a pas d'espoir
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Rédigé par : ray | 5 juil 2009 18:43:49
Don, ta crise de Sarkophagie nous fait perdre le fil. Sache que de qualifier mes réflexions "d'universitaires" me fait de la peine, je n'ai en effet que peu de sympathie pour les mandarins aux connaissances périmées qui hantent les amphithéâtres. Enfin je suis totalement en accord avec toi pour souligner l'urgence du transfert des charges sociales sur la consommation, les technocrates planificateurs de l'après guerre étaient persuadés qu'il y aurait du boulot pour toujours.
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Rédigé par : don | 5 juil 2009 21:59:14
si on a réussi à être d'accord sur un point, on alors on pourra sans problème faire une industrie photovoltaique en France.
Si je suis persuadé que l'on doit aller dans ce genre d'industrie, c'est que nous n'avons pas le choix. On aura pas les moyens de s'équiper en panneau photo uniquement en important.
Je te rappel que la France est ruinée et que demain sera pire qu'aujourd'hui.
quand à Sarko, no comment, il sera finalement pire que Chirac.
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Rédigé par : xav | 6 juil 2009 01:14:00
comment font les chinois pour fabriquer les panneaux solaires?
ils violent les brevets?
parce que le panneau solaire ca existe depuis longtemps et en terme de R&D je pense que Sharp (Qcell je sais pas) doit deposer suffisament de brevet pour empecher toute competition legale (du moins sur les panneaux haut rendements)
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Rédigé par : karva | 6 juil 2009 14:06:35
Je suis désolé, je suis un universitaire, et je fais pas mal de cours sur l'énergie, et je ne suis pas tellement jeune.
Rentrerais-je donc dans la définittion de monsieur Ray:
"mandarins aux connaissances périmées"???
Un petit avantage d'être universitaire est que je ne suis pas dans un labo de développement industriel (ou au CEA), payé pour faire la promotion de mon boulot et pour la fermer si je doute (j'ai pas mal d'amis dans des placards au CEA...)
Le problème qu'on se pose aujourd'hui est de faire de bons choix d'investissement, et cela touche trois aspects; enseignement, recherche et industrie. Or les choix me paraissent souvent procéder plus de mode ou de bonne propagande du "syndicat de énergies renouvelables" que de raisons scientifiques.
Un exemple: les choix européens d'il y a un ou deux ans privilégiant le développement d'une économie de l'hydrogène, qui d'évidence ne pouvaient déboucher sur rien, mais qui convenaient aux chantres du renouvelable qui espéraient trouver là de quoi stocker leurs énegies intermittentes. Pendant ce temps là, on a abandonné complètement le développement des batteries, qui sont INDISPENSABLES au développement des voitures électriques.
Or les constructeurs savent maintenant que sans VE-HEV, point de salut! C'est un exemple de mauvais choix, qui était prône à l'époque par le patron du CEA Grenoble, le même qui aujourd'hui écrit les discours de Sarkosi sur le solaire.
Si on demande à l'opinion de savoir ce qu'on doit développer, cela ne va pqs bien assurer notre avenir industriel...Je doute personnellement que le solaire soit le bon choix: son développement, avec des prix plus de cinq fois supérieurs au nucléaire aura besoin d'immenses subventions. Dans le même temps, AREVA qui représente un point fort de notre paysn a des problèmes évidents d'investissement qui vont gêner son développement international. Je sais que cela ne fait pas consensus, mais je ne vois pas l'intérêt que nous avons à suivre les Américains alors que nous pouvons être prêt à leur proposer un atout maître quand ils se seront rendus compte des limites du développement solaire.
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Rédigé par : ray | 6 juil 2009 17:15:07
Mon cher Karva, ne connaissant pas votre CV je ne pouvais pas savoir qu'un éminent universitaire lisait les pages de ce blog. Considérez donc ma remarque, trop générale pour être juste, comme une ânerie. Le CEA et la Pile à Combustible est une longue histoire, mais même ceux qui travaillaient sur le sujet il y a quelques années n'y croyaient plus (ou pas?). Je ne sais pas si les activités perdurent, mais nos Députés Européens ont tout de même voté 1 milliard d'euros d'aides pour l'Hydrogène et la PAC. Il faudra bien les dépenser en petits travaux et rapports inutiles. Quand au développement des batteries, je vous rappelle que les batteries Johnson Controls-Saft sont de technologie française, développée essentiellement dans les laboratoires de Saft à Bordeaux depuis bien des années. Le succès auprès des constructeurs de voitures européens fut tel que Saft s'est associée à un partenaire américain pour le business EV.
Cette histoire montre que ce ne sont pas les politiques qui font les grands choix, ce sont les industriels. Et il faut reconnaître que ni la technologie hybride, ni la technologie 100% EV ne suscitaient grand enthousiasme dans les Etats Majors de ces grands Groupes en Europe. Ce sont ces industriels européens qui ont pris les développeurs de la Prius de TOYOTA pour des farfelus. Ils faut maintenant qu'ils paient pour cette erreur de stratégie marketing. C'est vrai, ils avaient préféré se lancer dans les 4X4 et autres SUV's ... de grands visionnaires!
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Rédigé par : don | 6 juil 2009 21:53:38
karva -> "Je doute personnellement que le solaire soit le bon choix: son développement, avec des prix plus de cinq fois supérieurs au nucléaire aura besoin d'immenses subventions"
oui effectivement, si on retire dans les frais du nucleaire : la recherche, les dechets, le dementellement des centrales, les divers frais afin d'obtenir de l'uranium (armée, pot de vin, etc..) , les frais d'assurance en cas d'accident, frais de pollution diverses, et bien sur, LES FRAIS DE PROPAGANDE....
oui donc, le nucleaire coute 5 fois moins cher que le solaire (au fait pourquoi seulement 5 !!)
Si le nucleaire était peut être judicieux à un moment du fait du souhait de la france de faire des bombes H, aujourd'hui, ce choix est plus que discutable. A l'image de l'informatique, L'energie va se "microtiser", CAD, que les micros generateurs vont supplanter les montres nucleaires qui vont couter de plus en plus cher et seront de moins en moins exploitables.
lorsque les Amstrads sont sortie en 1980, qui pensaient que le marché des micros allait dépasser les minis et autre gros systèmes. Et qui aurait pensés que les progres allaient être de cette envergure ...
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Rédigé par : karva | 7 juil 2009 11:07:05
J'aime bien votre ouverture d'esprit.
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Rédigé par : don | 7 juil 2009 13:17:06
you talking to me ?-)
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Rédigé par : Nifenecker | 7 juil 2009 18:06:01
En ce qui concerne le coût du nucléaire vous devriez méditer sur ce qu'on appelle le "Tartam". Voilà de quoi il s'agit: au moment de la première phase de dérégulation certains industriels ont pensé astucieux de quitter EDF pour la concurrence. La première année, cela a été OK. Mais dès la deuxième année le prix de l'électricité qu'ils payaient est passée de 35 €/MWh à près de 70 €/MWh (le prix du marché européen déterminé essentiellement par le coût marginal des centrales à charbon allemandes. Affolement des industriels qui ont obtenu (chantage à la délocalisation) la possibilité d'une retour à un tarif de l'ordre de 45 €/MWh, La différence entre les 70 et les 45 €/MWh devant être compensée par le Tartam, versé au fournisseur d'électricité. Le Tartam (Tarif Réglementé Transitoire d’Ajustement du Marché) est essentiellement financé par la CUHN (contribution unitaire hydraulique et nucléaire) pour un montant qui se montait à près de 450 millions en 2008 et qui devrait atteindre 1,2 milliards en 2009. En résumé l'hydraulique et le nucléaire sont taxés pour permettre aux opérateurs alternatifs de développer leur parc de centrales thermiques à flamme (Poweo, Direct Energie, GDF Suez....Taxer l'électricité non émettrice de CO2 pour aider au développement de centrales lourdement émettrices, il fallait le faire au lendemain du Grenelle... Ce modeste prélèvement sur le nucléaire (à 90%) ne fait que s'ajouter à celui qui est prélevé sur le même pour payer les achats forcés de courant éolien et PV.
Ayez au moins la reconnaissance du ventre.
référence:
http://sauvonsleclimat.org/new/spip/IMG/pdf/communique_CUHN.pdf
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Rédigé par : xav | 7 juil 2009 19:21:23
le nucleaire a quand meme un gros probleme de fond c'est la gestion des dehcets hautement radioactifs à vie longue (quand je dis longue je pense en dizaine/centaine milliers d'années)
a pars creuser des trous dans des couches de sels/argiles perdues dans la meuse? marne? je n'ai pas vu beaucoup de progres sur la gestion de ces dechets
il me semble incenser (bien que favorable au nucleaire je l'avoue) d'utiliser un moyen de production sans avoir aucune idée de la facon de traiter les dechets (non enterrer les dechets au fond d'une mine ce n'est pas les traiter desole)
je ne comprend pas pkoi areva/edf/cea n'investissent pas massivement dans le developpement de technologies pouvant eliminer ces dechets
vendre une centrale nucleaire à la population avec une solution d'elimination des dechets definitifs est autrement plus facile que de vendre la centrale avec en bonus un "pour les dechets on verra plus tard"
c'est pour cela que je ne vois pas le nucleaire capable de resister au developpement du pv ou de l'eolien
trop de craintes pour les dechets ( a raison!)
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Rédigé par : don | 8 juil 2009 15:23:54
EDF demande que ses tarifs soient augmentés de 20%
c'est la fin du mensonge "le nucleaire" n'est pas cher"
et le debut de la vérité "vous l'avez.."
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